Emmanuel Macron fait tout et même encore plus. Il est président, premier ministre et ministre de tous les ministères, maîtrisant tous les sujets. Il lui est donc indifférent que les ministres cherchent à exister, au risque de commettre de grosses bourdes s’ils cherchent à s’écarter des argumentaires fournis par l’Elysée.

Dans le gouvernement Attal, ce sont les femmes qui ont, hélas, le mauvais rôle, à l’image d’Amélie Oudéa-Castera, fugace ministre le l’éducation nationale avant de retourner aux sports.

Aurore Bergé multiplie les bévues, Prisca Thévenot, porte-parole, fait preuve d’un tel autoritarisme qu’elle irrite son cabinet à tel point que plusieurs d’entre eux ont claqué la porte.

Rachida Dati, elle, est désavouée par le monde de l’édition en publiant un décret autorisant la publicité pour le livre à la télévision ; puis, quelques jours plus tard, ce sont les archéologues qui ont été sidérés par la ministre de la culture en lisant un entretien dans le Parisien : « Il ne faut pas faire des fouilles pour se faire plaisir… Ou alors on ne fait pas payer (…) Je préfère mettre de l’argent dans la restauration du patrimoine plutôt que de creuser un trou pour creuser un trou. »

Les archéologues ont été insultés et l’ont fait savoir !

Voilà une peu brillante saillie digne de celle de Nicolas Sarkozy à propos de La Princesse de Clèves en février 2006, déclarant à des fonctionnaires : « L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur ‘La Princesse de Clèves’. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de La Princesse de Clèves… Imaginez un peu le spectacle ! »

Sarkozy n’a jamais revendiqué le ministère de la culture ; en revanche, Rachida Dati, elle, s’est vantée de vouloir « replacer la culture au cœur de notre projet de société », ajoutant : « Ensemble, nous allons faire vivre la culture partout pour que personne ne puisse penser que la culture, c’est pour les autres. »

Aux dernières nouvelles, Rachida Dati est toujours ministre de la culture. On frémit. Mais pas Emmanuel Macron, dont on peut ainsi mesurer le niveau d’intérêt pour la culture.