Le service de communication de l’Elysée est mis à rude épreuve ; le président ‘’ni de droite, ni de gauche’’ a tellement virevolté qu’il en arrive à vouloir régler tout et son contraire.

Quand il y a 1,8 millions de Français en attente d’un logement social, Macron fait annoncer à son serviteur du ministère du logement qu’on va déloger les occupants de HLM dépassant le niveau de revenus. Sauf que cela ne réglera pas les insuffisances de la politique du logement et que le dispositif d’enquête annuelle sur les revenus est déjà obligatoire (article L.441.9 du code de la construction).

Quand il y a une recrudescence d’incivilités à l’école, Macron fait appel à son factotum de Matignon pour annoncer le retour de l’uniforme. Sauf que cela ne réglera pas les insuffisances de la politique d’éducation nationale et d’aide aux familles, notamment monoparentales.

Quand il y a un manque de professeurs dans les classes (contrairement aux engagements pris : 1 professeur devant chaque classe), Macron fait annoncer à sa nouvelle ministre que le recrutement se fera au niveau de la licence. Sauf que cela ne réglera pas le manque d’attractivité de la profession, faute de salaires décents et de délabrement de l’école.

Quand il y a un dérapage du déficit public, plus important que prévu, Macron laisse son ministre de l’économie déclarer qu’on va rogner les budgets de tous les ministères et qu’on cherche encore 10 milliards. Sauf que cela ne réglera rien ; tous les économistes sérieux annoncent, eux, que les mesures vont encore aggraver la situation et faire gonfler la dette.

Quand les agriculteurs sont en colère et descendent dans les rues, Macron fait donner de nombreux ministres qui annoncent le report des mesures d’interdiction des glyphosates. Sauf que cela ne résoudra pas la crise de la production agricole (surtout quand on signe des accords avec des pays permissifs), mais détruira un peu plus l’environnement et empoisonnera nos organismes.

Quand le service public de l’audiovisuel ne courbe pas suffisamment l’échine, Macron fait appel à l’ex-égérie de Sarkozy, pour annoncer sa mise au pas dans une holding du genre BBC. Sauf que cela ne réglera pas le problème de son financement et de son avenir. En revanche, ce sera un nouveau recul du pluralisme et une caporalisation accrue des rédactions, bref, une mise en cause du droit à l’information.

Quand on manque de médecins généralistes, Macron fait sortir son prétendu ministre de la santé de son mutisme pour annoncer que les Français pourront s’adresser directement aux spécialistes sans passer par leur médecin référent. Sauf que cela ne réglera par le problème du manque de soignants et que cela encombrera davantage les cabinets des spécialistes.

Les annonces se multiplient sans cesse et le mécontentement enfle chaque jour, poussant de trop nombreux Français dans les bras de Marine Le Pen. Quelle réussite.

En revanche, le président de ‘’Révolution’’ et du ‘’en même temps’’ n’a pas perdu sa boussole quand il s’agit de détruire la démocratie sociale, ou ce qu’il en reste.

Les acquis du programme du Conseil national de la Résistance sont mis à mal, eux aussi quotidiennement.

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a dénoncé cette politique de régression : « Nous avons face à nous un gouvernement qui rompt avec tout l’héritage et la tradition française. Car ce qui fonde notre identité, ce n’est pas le fait d’être blanc depuis dix générations, comme on veut nous le faire croire. C’est l’héritage du Conseil national de la Résistance : la Sécurité sociale et les services publics. »

Méfions-nous des effets d’annonce ; ils cachent toujours les mauvais coups.