Ceux qui déplorent que la culture soit devenue une industrie se morfondent ; Rachida Dati, qui se prétend ministre de la culture, vient de faire publier un décret qui autorise la publicité du livre à la télévision. Brutalement, sans avoir consulté les éditeurs. Par un simple décret signé par Gabriel Attal, Rachida Dati, Gérald Darmanin et l’inconnue du gouvernement Marie Guévenoux.
Il tient en deux lignes ce décret (« les éditeurs de services utilisant des fréquences assignées par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique peuvent diffuser des messages publicitaires concernant le secteur de l’édition littéraire. »), mais il fera des dégâts : seuls les grands éditeurs pourront se payer des écrans publicitaires (accélérant ainsi les concentrations et le recul du pluralisme). Mais à quoi sert de promouvoir des livres qui se vendent à des dizaines de milliers d’exemplaires et qui n’en vendront pas un de plus ?
Pourquoi ce décret ici et aujourd’hui ? N’est-il pas un cadeau supplémentaire à Vincent Bolloré ? Celui-ci avec son méga-groupe et sa filiale Hachette Livre a désormais l’opportunité et les moyens de lancer avec son autre filiale Havas une gigantesque campagne de promotion des livres de Zemmour, Marion Maréchal, Nicolas Sarkozy déversant leur poison réactionnaire.
Merci Mme Dati !
Quant aux ouvrages progressistes comme ceux des économistes atterrés par exemple, les révélations des livres-enquêtes comme Les fossoyeurs dénonçant le scandale Orpea, ils risquent de ne plus trouver d’éditeur.
Le macronisme est un cancer, avec des métastases, et Rachida Dati en est un symptôme.
Theodor Adorno et Max Horkheimer ont pu parler de mystification des masses : « Et voici le triomphe de la publicité dans l’industrie culturelle : les consommateurs sont contraints à devenir eux-mêmes ce que sont les produits culturels, tout en sachant très bien à quoi s’en tenir. »
Rachida Dati, enfant de pauvres immigrés, s’est convertie au marché, tournant le dos à ses origines. Le tribunal du peuple aura à se prononcer sur les méfaits de la dernière ministre de la culture de Macron.