L’extrême droite fouille les poubelles et elle en est fière. Dernières victimes, Thomas Legrand et Patrick Cohen dont les conversations privées avec deux élus socialistes ont été filmées et enregistrées à leur insu dans un restaurant, lieu privé.
Il n’est pas besoin de s’interroger longtemps pour voir qu’il s’agit d’une manœuvre habituelle de ces prétendus médias fascisants. Qui a filmé (la vidéo est d’une très bonne qualité) ? Avec quelle complicité ? Quel respect de la vie privée ? Quelle manipulation et quels principes professionnels pour extraire une seule petite phrase prononcée au cours d’un long repas et en faire un acte d’accusation de la vénalité de deux journalistes ?
Les médias d’extrême droite puent. C’est même leur marque de fabrique.
Que le service public s’empare de cette grossière manipulation pour interdire d’antenne Thomas Legrand est scandaleux. Mais n’est-ce pas la même direction de France Inter qui s’est déjà signalée en punissant des journalistes jugés par elle effrontés ? La publication de la vidéo par Arthur de Watrigant, directeur de L’Incorrect, lui a procuré une belle occasion.
Albert Camus écrivait en 1951 dans la revue Caliban : « Une société qui supporte d’être distraite par une presse déshonorée et par un millier d’amuseurs cyniques (…) court à l’esclavage malgré les protestations de ceux-là mêmes qui contribuent à sa dégradation. »
Quelques 74 ans plus tard, on pourrait paraphraser Camus en disant : « Une société qui accepte d’être informée par une presse de caniveau et par des journalistes qui ne survivent que grâce aux ‘’dons’’ de Pierre-Edouard Stérin, court au fascisme et à l’obscurantisme ».
Les médias d’extrême droite, ceux de Stérin, Bolloré et de quelques autres sont le plus formidable instrument de manipulation ; quand ils n’ont pas d’événements à traiter, ils les créent. Et les journalistes comme ceux de L’Incorrect sont plus méprisables que « la dernière des prostituées qui ne vend que son corps, et y a été contrainte par les injustices sociales ».