Quelques heures seulement avant de ne plus être ministre, Gérald Darmanin a publié au Journal officiel huit nouveaux décrets d’application de la loi immigration. Il n’est pas nécessaire de préciser que les textes sont encore plus répressifs.
Marine Le Pen n’aura pas besoin de légiférer si, par malheur, elle arrive à s’emparer de l’Elysée en 2027. C’est-à-dire demain. Darmanin et Macron ont fait le travail. Merci.
Devant ce spectacle désolant de l’idéologie raciste en action, j’ai rouvert un livre d’Alberto Manguel, écrivain argentin naturalisé canadien, La Cité des mots, dans lequel l’auteur révèle une réflexion d’Alfred Döblin, médecin militaire dans l’armée allemande avant de devenir écrivain :
« Lorsqu’un confrère écrivain qui était demeuré en Allemagne durant les années de nazisme accusa ceux qui étaient partis de se prélasser dans les ‘’fauteuils et chaises longues’’ de l’émigration, Döblin répliqua : ‘’Fuir d’un pays à l’autre – perdre tout ce qu’on connaît, tout ce dont on s’est nourri, être toujours en fuite et vivre pendant des années comme un mendiant alors qu’on est encore fort, mais qu’on vit en exil – , voilà à quoi ressemblait mon ‘’fauteuil’’, ma ‘’chaise longue’’. »
Quoi d’autre ? Rien à ajouter.