Le président de la République, battu dans les urnes et désormais à l’Assemblée nationale, peut-il encore gouverner le pays comme il l’a fait jusqu’à présent ? Hélas, les institutions sont telles qu’elles lui donnent encore de nombreuses solutions pour passer outre le verdict des Français et il ne s’en prive pas. Sans état d’âme.
Par ailleurs, ce grand bluffeur est encore le maître des horloges puisqu’il est le seul à pouvoir convoquer un Parlement en session extraordinaire (ce qu’il n’envisage pas de faire) ; or, les élus du peuple ne reprendront leurs travaux que le 1er octobre.
La Constitution de 1958 est un modèle du genre anti-démocratique, donnant au président des droits exorbitants et même le pouvoir de gouverner avec un gouvernement démissionnaire depuis le 16 juillet et des ministres siégeant en même temps au Palais-Bourbon.
Emmanuel Macron peut se permettre de telles forfaitures quand la gauche tarde à se mettre d’accord sur le nom d’un premier ministre. Quelle bêtise !
Pendant que les institutions prouvent leur inadaptation à une véritable démocratie parlementaire, le pays plonge dans la crise avec une situation économique désastreuse, une dette colossale qui se creuse chaque jour davantage, des citoyens qui attendent des hausses de salaires pour faire face à la cherté de la vie. Emmanuel Macron compte sur les Jeux olympiques pour détourner l’attention et continuer à dérouler sa politique ultralibérale au seul profit des grands groupes multinationaux.
Si Marine Le Pen et son protégé, Bardella, ont été empêchés de remporter la majorité à l’Assemblée nationale, les manœuvres se multiplient pour préparer l’élection présidentielle de 2027. La bourgeoisie a eu peur, elle ne veut toujours rien lâcher et elle met ses fortunes à disposition des fascistes, catholiques intégristes et réactionnaires de tout poil pour s’opposer à la gauche. Elle se prépare quand la gauche se chamaille.
Le danger est toujours là et Macron, par son aveuglement, prépare bien le terrain. Scandaleusement.
La morale politique n’est plus qu’on mot.