Sybile Veil a été appelée à Radio France en 2015 dans un service public traumatisé par une grève d’un mois. Aujourd’hui, elle est confrontée à ceux qui l’accusent à juste titre de vouloir limiter la liberté d’expression.

L’énarque, devenue grande bourgeoise en entrant dans la famille de Simone Veil, s’est empêtrée dans la suspension de Guillaume Meurice, dont la blague comparant Benyamin Netanyahu à « une sorte de nazi sans prépuce » a déplu. Les personnels de Radio France sont en grève et le mouvement est fortement suivi.

Dans un article publié par le média en ligne The Conversation, un chercheur de l’Université libre de Bruxelles, Guillaume Grignard, s’interroge sur la signification de la suspension de Guillaume Meurice et sur la satire politique française.

Il écrit que « Depuis les polémiques autour de la blague de Guillaume Meurice en octobre 2023 et son amplification récente qui a amené l’humoriste à être écarté de l’antenne de France Inter, beaucoup a été dit et plus que jamais cette discorde largement médiatisée et relayée dit quelque chose sur la France d’aujourd’hui. »

Il constate que la France est un pays profondément divisé « et que l’humour amplifie cette division en accentuant les frontières entre les groupes politiques. » Il ajoute que l’émission de Charline Vanhoenecker, Le grand dimanche soir, « est plutôt un théâtre politique au contenu foisonnant pour les politologues, qui reproduit le rapport de force à l’Assemblée nationale ».

« En conclusion, l’humour apparaît ainsi comme un véritable thermomètre démocratique, de quoi peut-être formuler une loi ou une relation de causalité à démontrer dans de futures recherches : plus une société démocratique parvient à rire d’elle-même, mieux elle se porte. A contrario, plus la société est divisée, moins elle parvient à se rassembler par le rire. L’ambivalence de l’humour apparaît alors comme un outil pertinent pour penser la solidité démocratique d’une société. L’éviction provisoire de Guillaume Meurice de France Inter serait ainsi le signal d’une France profondément divisée et marquée par la haine de l’autre camp, de quoi donner à l’humour un champ particulièrement fécond dans l’optique des élections présidentielles de 2027. »

Sybile Veil, ex-collaboratrice de Nicolas Sarkozy et étudiante à l’ENA dans la même promotion qu’Emmanuel Macron, a déversé sa haine sur Guillaume Meurice. Oui, mais, les personnels de Radio France ont eu le bon réflexe de lui rappeler que cette maison est un service public et non une officine pour chanter les louanges du libéralisme et de la classe dirigeante, autoritaire et si peu démocratique.

En Italie, les journalistes de la RAI ont également observé une grève pour un motif identique, la liberté d’expression y est également menacée. Est-ce un hasard ?