La ligne politique suivie par Emmanuel Macron et son gouvernement nous plonge dans un abîme de perplexité. Politique du peuple, par le peuple et pour le peuple ? Absolument non. Ni de droite, ni de gauche ? Non, ni de gauche, ni de gauche. De plus en plus clairement à droite en n’hésitant pas à reprendre des arguments de l’extrême droite !

Ce pouvoir a condamné avec une rare violence verbale les députés qui ont voté la motion de rejet des écologistes, visant à ne pas examiner le projet de loi sur l’immigration. Elisabeth Borne, volant au secours d’un ministre de l’intérieur giflé, a osé affirmer que « les Français soutiennent très majoritairement » le texte pour mieux fustiger les représentants du peuple.

La première ministre est vraiment culottée ; aujourd’hui, elle invoque la volonté supposée du peuple, quand, hier, elle imposait la réforme des retraites à coup de 49-3 auquel le peuple était majoritairement opposé, manifestant en masse durant plusieurs mois.

Son gouvernement a reproché aux députés de s’opposer au débat, quand elle-même dégaine le 49-3 à 21 reprises depuis son entrée en fonction le 16 mai 2022.

Quelle incohérence ! Mais, surtout, quel mépris pour les institutions et pour le peuple !

Emmanuel Macron ose tout ; n’est-ce pas lui qui autorise le recours au 49-3, qui passe outre les grèves contre la réforme des retraites, le vote de la motion de rejet, etc.

Son pouvoir vertical vacille et la fronde s’étend.

Après les deux départs à la commission scientifique sur la parentalité, on vient d’apprendre 11 démissions (sur 27) à la commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise).

Les démissionnaires mettent en cause le remplacement du juge Edouard Durand à la présidence de la commission par l’ex-rugbyman Sébastien Boueilh ; l’un d’eux affirmant que « On a l’impression qu’on cherche à mettre un couvercle sur la libération de la parole que la Ciivise a entraînée ». Le juge Edouard Durand était apprécié pour son indépendance et son franc-parler, deux qualités qui, paraît-il, agaçaient.

Emmanuel Macron, aux abois, affiche son incohérence et ses incompétences ; son autoritarisme est de plus en plus contesté. C’est plutôt une bonne nouvelle, malgré les troubles dans l’opinion et les dégâts dans le fonctionnement des institutions.