La situation au Moyen Orient est une catastrophe humanitaire. Les bombardements par Israël et les Etats-Unis, d’un côté, et de l’Iran de l’autre, font des dégâts irréversibles et ce sont les peuples qui sont les premières victimes.
Cette guerre-là ne se différencie pas des précédentes. La revue américaine Jacobin analyse toujours la situation avec lucidité.
Dans l’une de ses dernières éditions, on peut y lire, par exemple :
« Trump et Benjamin Netanyahu n’avaient aucun droit de déclencher une guerre d’agression. Même en admettant que l’Iran était à deux doigts de développer des missiles balistiques intercontinentaux, l’idée que la République islamique, qui n’a jamais fait la guerre à personne (bien qu’elle finance souvent des forces supplétives à l’étranger, comme le font régulièrement les États-Unis et Israël), allait se suicider en initiant un échange nucléaire était profondément absurde. Et il n’est pas nécessaire d’être un partisan de la théocratie iranienne pour comprendre que les États-Unis et Israël n’ont pas le droit de décider de l’extérieur qui gouvernera le pays. »
L’auteur de l’article ajoute :
« Si les États-Unis engagent des troupes au sol en Iran – une possibilité que Trump et des responsables comme le « secrétaire à la Guerre » Pete Hegseth ont refusé d’exclure de manière inquiétante –, l’Iran ne sera pas le premier pays de la région où une tentative d’imposer un changement de régime par la force des armes se déroulera à merveille pour les États-Unis. Comme en Irak, en Afghanistan et en Libye, c’est la recette du bain de sang et du chaos, et non l’avènement d’un gouvernement pro-américain bénéficiant d’une légitimité populaire durable. C’est la recette pour que de jeunes Américains rentrent chez eux dans des cercueils recouverts du drapeau américain ou comme vétérans profondément traumatisés, peinant à obtenir l’aide dont ils ont besoin auprès d’une société qui a tendance à se désintéresser d’eux dès la fin de la guerre. C’est la recette pour que des générations de citoyens ordinaires du pays ciblé grandissent avec une haine profonde envers les agresseurs qui ont tué ou mutilé leurs proches. »
Donald Trump et Benyamin Netanyahu savaient tout cela ; leur aveuglement est notoire. Mais ils n’envisagent la marche du monde que comme une succession de conflits, cruels, assassins.
Pauvre monde !