Benyamin Netanyahu, radieux et affabulateur, a été « l’invité exceptionnel de Darius Rochebin pour un entretien exclusif » sur LCI. Il fallait oser donner la parole au boucher de Gaza.

Gabriel Attal, tout sourire, a fait irruption en direct sur franceinfo, alors que Valérie Hayer était interrogée dans le cadre des émissions ‘’Demain, l’Europe’’. Quel culot et quel comportement sexiste.

Enfin, Emmanuel Macron, président de la République, interviendra en direct sur TF1 et France2 trois jours avant le scrutin des élections européennes. C’est le fait d’un prince aux abois.

Celles qu’on avait surnommé les ‘’étranges lucarnes’’ et les radios publiques sont aujourd’hui clairement au service de l’exécutif et les dirigeants des chaînes se couchent devant ses injonctions.

Quant aux journalistes, Darius Rochebin, Emily Tran Nguyen et ceux qui seront de service pour l’intervention de Macron, ils sont discrédités en se comportant comme des valets du pouvoir.

Ces trois épisodes en disent long sur la vassalisation des grands médias. On croyait Alain Peyrefitte, Michel Droit et consorts enterré à jamais ; ils sont hélas de retour pour faire entendre la voix (officielle) de la France et de ses alliés.

Faut-il que les régimes autoritaires de Tel-Aviv, de Paris et d’ailleurs soient bien malades pour contrevenir de la sorte à la liberté de l’information. Les grandes déclarations, la main sur le cœur pour vanter la liberté, ne sont que mensonges.

Et c’est au moment où on commémore le 80e anniversaire du Débarquement en Normandie que dirigeants de l’Etat et dirigeants des médias osent attenter à la liberté d’informer. Faut-il leur rappeler que des millions de citoyens sont morts pour échapper au fascisme d’Hitler et aux collabos d’extrême droite de Pétain, propagandistes étouffant l’information. Ils vont mentir sur les sables encore maculés du sang des soldats de la Liberté en enterrant, de fait et de façon honteuse, les ordonnances visant à garantir la liberté d’expression et mettre l’information à l’abri des puissances d’argent. Sans gêne.

Le journalisme est malade du libéralisme et du mensonge d’Etat.