Il avait critiqué férocement, outrageusement (et pour tout dire bêtement) Fabien Roussel, Philippe Martinez et la CGT au cours d’une émission de Backseat à la Fête de l’Humanité ; en retour Jean-Luc Mélenchon a reçu une volée de bois vert.

Ce ne sont pas ses invectives qui vont permettre d’apaiser les relations entre les différentes composantes de la Gauche. Ce n’est pas en accusant la CGT de tous les maux à propos de la reforme des retraites que celui qui se considère comme le ‘’lider maximo’’ créer les conditions pour revenir sur la loi de Macron.

Sophie Binet, la nouvelle secrétaire générale de la CGT a tenu à lui rappeler par une lettre cinglante quelques règles de bonne conduite entre organisations politiques et syndicats et comment arriver à la « normalisation des relations » avec sa confédération, tout en réaffirmant que les propos tenus sur Philippe Martinez étaient inacceptables.

Sophie Binet a donc écrit à Mélenchon que « la CGT ne permet à aucune organisation politique de s’ingérer dans le déroulement et le résultat de ses congrès ». Elle a poursuivi en réfutant les affirmations du fondateur de la France insoumise : « Laisser entendre que le résultat du 53e congrès de la CGT pourrait être le résultat d’une stratégie de l a France insoumise est mensonger et insultant pour les délégué.e.s, les syndiqué.e.s et les organisations de la CGT qui ne laissent personne d’autres que les travailleuses et les travailleurs leur dicter leur ligne de conduite. »

« La CGT a toujours dit que la mobilisation sociale contre la réforme des retraites ne pouvait qu’être initiée et menée par les organisations syndicales. Si, comme vous l’aviez souhaité, nous avions appelé pour lancer la mobilisation contre la réforme des retraites à une manifestation nationale un dimanche aux côtés des organisations politiques, rien de ce qui a fait la force de la mobilisation historique que nous avons construite n’aurait existé : ni l’intersyndicale, ni l’ancrage territorial, ni la grève, ni le rassemblement très large du monde du travail autour d’un mot d’ordre clair et syndical. De même, si nous avions accepté la « structure commune » que vous dites avoir proposé. »

La secrétaire générale a tenu à rappeler à Jean-Luc Mélenchon qu’une délégation de la CGT avait rencontré en juillet une « délégation mandatée par votre formation politique, et composée de Manuel Bompard, Aurélie Trouvé et Mathilde Panot. Nous avons eu un échange franc dont vos représentant.e.s se sont félicité.e.s, lors duquel je suis revenue en détail sur ces éléments et sur ce que signifiait concrètement l’indépendance syndicale ».

La délégation de la France insoumise a sans doute oublié de rendre compte à celui qui se considère comme le chef naturel de toute la gauche. A moins qu’il ne s’agisse d’une gesticulation réitérée pour faire porter aux autres les raisons de l’échec de l’union de la gauche.

Jean-Luc Mélenchon vaut sans doute mieux que ses éclats permanents. Avec Sophie Binet il est tombé sur une syndicaliste intègre à qui il n’imposera rien. Qu’il éructe ou pas !