Donald Trump est surprenant ; le bureau Ovale de la Maison Blanche est toujours vide de dossiers. Pas une feuille, pas un cahier. Rien. Juste un portefeuille et un coffret d’épais feutres noirs quand le président s’apprête à apposer son imposante signature sur un décret ou la promulgation d’une loi, en direct devant les caméras de la Maison Blanche.

Donald Trump est déconcertant ; ses discours sont brefs, en général, et réduits à quelques mots, preuve d’un vocabulaire pauvre et étroit, faisant plus appel à des épithètes et des adjectifs qu’à de belles phrases bien construites.

Donald Trump est ahurissant ; le président de la République des Etats-Unis s’adresse à la population par son réseau social personnel. Comme sur X de son nouvel adversaire, Elon Musk, en une ou deux phrases. Il ne fait nul effort pour convaincre les citoyens, imbu de son autorité et drapé dans son orgueil.

Le plus bel exemple de l’expression politique de cet énergumène, la promulgation de la loi budgétaire qu’il a aussitôt qualifiée, triomphalement, de ‘’One Big Beautiful Bill’’ (OBBB) et qu’il a promulguée le jour de la fête nationale.

Donald Trump est (très) limité intellectuellement et n’est que le prête-nom d’un entourage qui a puisé ses idées dans le ‘’Project 2025’’, un programme de 922 pages élaboré par la puissante ‘’Heritage Foundation’’, un think tank réactionnaire et libertarien. Mais le président apparaît de plus en plus clairement comme le Guignol manipulé par les quelques cerveaux pervers de son entourage, au profit des ultra-riches, qui ont contribué, fort cher, à son élection.

Trump ? C’est « le roi dit nous voulons » à la sauce américaine. Trump ? Il devrait se méfier ; en France, les citoyens ont coupé la tête à celui qui répétait trop souvent « le roi a dit nous voulons ».

Le peuple américain n’est pas peuplé que de caractériels comme Trump. Ses chercheurs, ses écrivains, ses combattants de la paix ont été couronnés par 394 Prix Nobel. Ses universités sont parmi les plus prestigieuses qui attirent les étudiants ou chercheurs du monde entier. Le comportement de ce peuple cosmopolite interpelle : comment a-t-il pu élire un homme aussi vil et dangereux, veule et antidémocrate à la présidence ?

La démocratie est bien malade.