Les riches n’ont pas honte de leur situation et de leurs privilèges. On peut croire qu’ils se cachent, mais c’est pour mieux cultiver l’entre-soi, se complaisent dans une caste fermée et discrète, celle où l’on ne compte pas à partir du 10 de chaque mois.

Les riches et ultra-riches ne laissent pas fréquenter l’école publique à leurs rejetons ; l’offre est suffisamment vaste pour éviter le côtoiement de leurs enfants avec ceux des pauvres. Ces rejetons usent leurs beaux habits de marque sur les bancs du collège Stanislas ou de l’école alsacienne.

Plus tard, la jeunesse dorée se retrouve elle aussi dans des ‘’boîtes’’, mais attention, elles sont ‘’branchées’’ : le prix du ticket d’entrée dissuade même les moins riches. Cette jeunesse dorée cultive les habitudes des parents ; on ne se mélange pas.

Les fils de riches épouseront les filles de riches. Ainsi la caste se perpétue : vivant dans des havres de paix (la villa Montmorency à Paris ou le parc de Montretout à Saint-Cloud), investissant dans des résidences secondaires dans des endroits paradisiaques, tout autour du monde, utilisant leur jet privé pour se déplacer, etc.

Ils ne dédaignent pas les week-ends dans des hôtels d’un luxe tapageur à la campagne, à la neige ou sur la Côte d’Azur, dans d’anciens établissements réhabilités après en avoir chassé les moins riches. On s’y retrouve, on papote, on échange sa carte de visite, on se fait de nouveaux amis, à la seule condition d’avoir un compte en banque aussi garni que celui des habitués.

L’un d’entre eux, Laurent de Gourcuff, en a fait son job. Le fils du comte Eric de Gourcuff et de la styliste Yolaine de Suyrot dirige Paris Society, 76 établissements à Paris, dans les Alpes, sur la Côte d’Azur, à la campagne. Ce descendant d’une famille de la noblesse bretonne prétend ‘’suivre les pérégrinations des Parisiens très aisés’’. Revers de la médaille, il a dû céder sa société au groupe Accor (tout en en restant le dirigeant) à la suite de quelques démêlés avec la justice.

Ce monde-là a ses travers !

Mais il est le symbole d’un monde déconnecté de la vie du peuple. Comme le président de la République, qui ne manque pas une occasion de lui octroyer de nouveaux privilèges fiscaux.

Seule une ‘’nuit du 4 août’’ pourra défaire ce monde, le ramener à la réalité et abolir les nouveaux privilèges des ultra-riches.