Il était une fois un Etat peuplé d’un peu plus de 7 millions d’habitants, pas un pays de Cocagne (n’exagérons pas) mais presque. Un Etat donc, qui a décidé en 2022 d’imposer une surtaxe de 4 % sur les revenus annuels supérieurs à un million de dollars.
Dès la première année, 2,2 milliards de dollars ont été collectés. Le gouvernement a décidé de financer la gratuité des frais de scolarité des collèges et des repas dans toutes les écoles publiques, d’améliorer le réseau de bus de l’ensemble de l’Etat et d’en réduire les tarifs pour les usagers à faible revenu, d’investir dans l’entretien des ponts et du réseau ferré.
Les subventions sont attribuées en fonction de l’engagement en faveur de l’égalité et de la justice sociale pour la garde d’enfants, les programmes d’alphabétisation, etc.
Cet Etat est le 16e des Etats-Unis, le Massachusetts ; il n’a pas succombé à la politique élitiste et inégalitaire de Donald Trump en faveur des ultra-riches. Ceux-ci n’ont pas fui Boston pour autant ; il est vrai que les 1 % des plus riches du Massachusetts bénéficient des tarifs d’imposition fédéraux largement attrayants et de tous les décrets signés par Trump en matière d’allégements fiscaux.
Si le Massachusetts n’est pas encore un pays de Cocagne pour les pauvres, il commence à être moins inégalitaire malgré Trump.
Je pourrais dédier ce petit billet aux ultra-riches français qui ont décidé de s’unir et de peser sur le tandem Macron-Bayrou pour repousser la fameuse taxe Zucman, au prétexte qu’elle ferait fuir entreprises et capitaux si elle était appliquée dans l’Hexagone.
Mensonge et réflexe de nantis.
Les ultra-riches français en cas de taxe Zucman n’iront pas se réfugier au Massachusetts. Quant à Donald Trump, il n’a aucun moyen de s’opposer aux mesures décidées par le gouvernement de Boston.
Ce n’est qu’un début, mais la direction prise est la bonne. On la suit ?