Que la France soit en crise, personne ne se hasardera à le nier. Quoi que le président de la République fasse pour détourner les regards par une activité vibrionnante hors de l’Hexagone, ses discours ne convainquent plus, ni le citoyen, ni même son gouvernement. La dette augmente, l’activité régresse, les licenciements prononcés ou annoncés se multiplient. Le climat est anxiogène (et chaud).

Bruno Retailleau tente bien d’éviter le désastre en rappelant les valeurs prétendument traditionnelles de la France en mettant en avant en toutes occasions ses flics chassant l’immigré. Sans beaucoup de succès. La vieille France coloniale n’attire plus les foules, comme la vieille Eglise catholique.

Nicolas Sarkozy a dû rendre sa Légion d’honneur ; il en est encore confit. Et voilà que sa petite protégée, Rachida Dati, multi-poursuivie elle aussi, s’emporte sur une chaîne de télévision où un journaliste a osé la questionner sur ses démêlés avec la justice. Elle a même osé la menace. Celle qui a été garde des Sceaux et qui s’enlise au ministère de la culture dans le dossier de fusion de l’audiovisuel public se montre d’une telle cruauté et d’une telle intolérance qu’elle doit être congédiée au plus vite.

Le service public aussi perd ses nerfs ; Anne-Sophie Lapix a appris sa mise à l’écart du journal de 20h sur France 2 en lisant Le Parisien. Comme un vulgaire salarié. La patronne, Delphine Ernotte, avait tellement d’occupations entre sa reconduction pour trois ans et la recherche de celle qui succédera à Anne-Sophie Lapix, qu’elle avait oublié de prévenir l’intéressée. Jetée, humiliée.

Notre société a fait de la violence un système de relations, mais on ne m’empêchera pas de penser qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. Pardon dans la République française.