Le monde de la culture est en ébullition ; il fait dire qu’il est attaqué de toutes parts. Un responsable a pu parler d’un désastre et d’un vaste plan social à bas bruit. La riposte est à la hauteur des problèmes.

Les baisses ou suppressions des financements entraînent l’annulation de festivals, des faillites de compagnies, la prise de contrôle de festivals et de lieux culturels par des oligopoles se multiplient. Mais pas seulement : on assiste aussi à des déprogrammations de spectacles sous la pression de milieux intégristes, à des censures de livres ou de chansons par les mêmes obscurantistes, à l’image de Bolloré ou de Stérin.

Rachida Dati, la supposée ministre de la culture, est aux commandes d’un raz-de-marée anti-culturel, qui reprend les vieilles antiennes populistes contre les ‘’cultureux’’ soupçonnés d’être de vilains égoïstes élitistes, nantis et corporatistes.

Le rendez-vous annuel du Festival d’Avignon est particulièrement sensible à ces atteintes à la culture. Les salariés du ‘’in’’ et du ‘’off’’ se sont ralliés à un mot d’ordre de la Fédération CGT du spectacle qui refuse la venue de Rachida Dati sur leurs lieux de travail dans les conditions actuelles. Ils ont lancé une pétition qui ne cesse de recueillir des signatures.

C’est la première fois dans l’histoire du Festival qu’une ministre se voit interdire sa venue à Avignon ; les phrases de la pétition sont particulièrement dures :

« Nous refusons d’accueillir une ministre qui, déclaration après déclaration, ne fait qu’illustrer le profond mépris qu’elle a pour nos professions, pour le spectacle vivant et plus particulièrement son secteur public.

Nous refusons d’accueillir une ministre qui sera jugée pour corruption, alors qu’un très grand nombre d’entre nous connaissent des fins de mois difficiles.

Nous refusons d’accueillir une ministre qui a fait du mensonge sa marque de fabrique, alors que nous sommes toutes et tous plongé·es dans une profonde inquiétude quant à notre avenir professionnel en raison des coupes budgétaires massives qui frappent le secteur.

Pour toutes ces raisons, Rachida Dati doit démissionner. Pour toutes ces raisons, nous refusons d’accueillir la ministre. »

Rachida Dati entend laisser son empreinte rue de Valois. Le monde de la culture l’a fait pour elle.

12 juillet