Il est difficile d’imaginer jusqu’où pourra aller Donald Trump, imprévisible, dangereux, menteur, raciste, relayant avec gourmandise les fausses nouvelles (fake news en anglais), jubilant en humiliant les chefs d’Etat étrangers dans son bureau ovale. Un être abject et compulsif.
Mais voilà qu’il s’en prend aussi à l’intelligence, interdisant des livres, fermant des bibliothèques, coupant les crédits de certains musées, faisant signer des déclarations d’allégeance à sa pensée à ceux qui réaliseront le pavillon américain à la Biennale d’art de Venise, insultant des artistes qui ne partagent pas ses goûts. Donc, où s’arrêtera-t-il quand, chaque matin, on s’attend à l’entendre proférer un nouvel interdit.
L’homme particulièrement inculte qu’il est n’aime pas les citoyens qui pensent ; il a vilipendé les universités les plus prestigieuses et, dernière trouvaille, il vient d’interdire à Harvard (162 lauréats d’un prix Nobel au compteur !) d’accueillir des étudiants étrangers.
Certes, les Etats-Unis ne sont pas l’Afghanistan, mais je ne peux pas m’empêcher de faire un parallèle entre la prétendue démocratie selon Donald Trump et la théocratie islamique et son Commandeur des croyants, Haibatullah Akhundzada.
Les talibans, eux aussi, exècrent l’intelligence. Le leader suprême a exclu les femmes de l’école et des universités, interdit des livres et restreint la liberté de la presse, fait disparaître le rubab, le luth traditionnel, et la musique, le théâtre, le cinéma, la photographie, etc.
Certes, l’Afghanistan n’est pas les Etats-Unis, mais les atteintes aux libertés et le déni de tout ce qui fait culture, parce qu’ils visent le même asservissement des citoyens, doivent interpeller avec la même détermination dans les deux pays.
Après tout, dans l’imbécilité et l’obscurantisme, il n’y a qu’une différence de degré.