Le 17 octobre 1961, les forces de police de Paris, sous les ordres de l’ignoble préfet Maurice Papon (condamné pour complicité de crimes contre l’humanité concernant arrestation, séquestration lors de l’organisation de la déportation de Juifs à Bordeaux en 1942) et couverts par le ministre de l’intérieur, Roger Frey, ont commis un crime d’Etat que personne ne doit oublier.

Des centaines d’Algériens manifestant pacifiquement ont été traqués puis jetés dans la Seine ; 14 000 de leurs camarades ont été arrêtés, matraqués, torturés, insultés, sur fond de racisme et traités de ratons, de bougnoules, de felouzes et autres bicots.

Ce qui s’est passé ce jour-là n’a rien à envier la rafle du Vel’d’hiv. Le pouvoir gaulliste a voulu effacer son crime en le niant et en censurant nombre de publications.

Des historiens, des journalistes et des hommes politiques de gauche ont mené des enquêtes courageuses et opiniâtres qui, toutes, prouvent la responsabilité de ce crime d’Etat au plus haut sommet.

Aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui tentent de jeter un voile pudique sur des faits monstrueux. Ce n’est que le 28 mars dernier que l’Assemblée nationale a adopté une résolution ; mais son texte a dû être édulcoré pour être adopté :

« Rappelant que, le 17 octobre 1961, des familles algériennes manifestèrent pacifiquement à Paris contre le couvre‑feu discriminatoire imposé par la préfecture de Paris aux seuls « français musulmans d’Algérie » ;

Rappelant que les manifestants ont été victimes, sous l’autorité directe du préfet de police Maurice Papon, d’une répression violente et meurtrière entraînant de nombreux morts et blessés ;

Considérant que la poursuite de la réflexion conjointe sur ces événements devra contribuer à assurer un avenir en commun plus harmonieux pour le peuple algérien et le peuple français ;

Condamne la répression sanglante et meurtrière des Algériens commise sous l’autorité du préfet de police Maurice Papon le 17 octobre 1961 et rend hommage à toutes les victimes et à leurs familles ;

Souhaite l’inscription d’une journée de commémoration du massacre du 17 octobre 1961 à l’agenda des journées nationales et cérémonies officielles ;

Affirme son soutien à l’approfondissement des liens mémoriels unissant le peuple français et le peuple algérien ;

Invite le Gouvernement à travailler en commun avec les autorités algériennes pour appréhender leur histoire commune, y compris celle des événements du 17 octobre 1961. »

L’enseignant-chercheur Olivier Le Cour Grandmaison s’est indigné, à juste titre, de la tiédeur de cette résolution cherchant à évacuer et nier les responsabilités du gouvernement (en accentuant celles de Maurice Papon) et la reconnaissance des massacres comme crime d’Etat, comme le revendique le ‘’Collectif unitaire du 17 octobre 1961’’. Le chercheur reproche à Emmanuel Macron, mais aussi à François Hollande leur tiédeur et leur « sinistre persistance dans le refus de prendre en compte l’histoire singulière » de ces événements et leur propension à « flatter les électeurs du centre, de droite, voire d’extrême droite ».

Il ne faudra jamais oublier ce qui s’est passé le 17 octobre 1961.