Pierre Bourdieu est décédé il y a vingt ans et telerama.fr a publié un entretien de François Granon avec le sociologue paru dans l’hebdomadaire le 15 février 1995. Fort opportunément.

Je reprends un court extrait du dialogue entre le chercheur et le journaliste pour son étonnante actualité.

« La politique policière du gouvernement français menace la démocratie, jusqu’ici protégée par le civisme républicain, et instaure des mœurs racistes à l’égard de tous ceux qui n’ont pas une tête, ou un patronyme, ou des ancêtres bien français. Les mesures prises à l’égard des étrangers menacent les traditions universalistes et internationalistes de la France. Elles réveillent, dans certaines catégories sociales, les dispositions latentes au racisme. Ce n’est même pas la peine de dire aux policiers « Contrôlez les gens en fonction du faciès » : il suffit de ne rien leur dire pour qu’ils le fassent. »

C’est toute l’œuvre de Pierre Bourdieu qu’il faut reprendre et reprendre, lire et relire pour s’imprégner de ses méthodes d’analyse du temps présent.

Les recueils de ses interventions et articles parus sous les titres de ‘’Sur la télévision’’, ‘’Contre-feux’’ et ‘’Contre-feux 2’’, par exemple, sont toujours d’une rare pertinence, même si à cette époque les réseaux dits sociaux n’existaient pas encore, pour comprendre la fabrique de l’information.