Sommes-nous revenus à l’origine de l’homme, féroce et cruel ? Partout, on tue ; la civilisation n’aurait-elle par évolué ?

Les guerres se multiplient, et pas seulement à Gaza (mais aussi en Cisjordanie), en Ukraine (et en Russie), en Syrie, en Turquie et au Liban (où les Kurdes, progressistes sont pourchassés), en Inde et au Pakistan (où on réinvente les guerres de religion), en Afrique centrale (où les islamistes tentent d’imposer leur régime). 

Les cadavres se comptent par milliers (par millions ?). En 2025, on peut se demander si les hommes ont abandonné un jour l’instinct belliqueux.

On parle moins des morts du quotidien dans les pays néo-libéraux. En France, parle-t-on des 855 personnes mortes dans la rue quand Emmanuel Macron avait promis qu’il n’y aurait plus personne dans la rue à la fin de l’année 2017 ?

On parle moins des morts qui se sont détournés des soins faute de moyens (quand les riches s’offrent le luxe le plus tapageur), ou de médecins (quand le gouvernement ne fait rien pour remédier aux déserts médicaux), ou de médicaments (quand les laboratoires pharmaceutiques organisent la pénurie ou se tournent vers les molécules les plus rentables pour gonfler leurs profits).

On parle moins des morts par suicide des salariés désespérés après la perte de leur emploi (quand les plans dits sociaux se multiplient, désertifient le tissu industriel et raréfient les usines).

On parle moins des agriculteurs victimes des pesticides utilisés pour tenter d’assurer la rentabilité de leur exploitation (quand les dirigeants de la FNSEA issus des puissants groupes de l’agro-industrie se déchaînent pour rétablir l’autorisation d’utiliser les produits cancérigènes).

On parle moins de l’accroissement de la mortalité infantile, faute de prévention et de pédiatres.

On continue cet inventaire macabre ?

 Il est préférable d’ouvrir les yeux en grand et de dénoncer la politique financière mondiale qui a tout perverti pour quelques milliardaires égoïstes et pour des fonds de pension américains, prêts à tout pour assurer un système de retraites assis, comble de l’ironie et de la perversion, sur la financiarisation de leurs sociétés-employeurs.

Il y a quelque chose de pourri dans notre monde. On y tue, beaucoup, avec des armes de plus en plus sophistiquées, mais aussi en silence, sans bruit, sans comptabilité et sans remettre le système politique en cause.

Silence, on tue. Quand finira-t-on de l’accepter ?