Le Sénat est un bastion de la droite, mais un bastion qui se radicalise de plus en plus. D’un même élan, toutes les composantes de cette droite réactionnaire entendent peser sur l’élection présidentielle.
Elles avaient créé une mission dite d’information sur les prélèvements obligatoires. Elles viennent de publier un rapport qui n’a plus rien d’informatif, mais qui se veut une « boîte à outils » à disposition des candidats.
Ses préconisations sont si illibérales que le groupe du Parti socialiste s’est réveillé et dénoncé « l’instrumentalisation de ce rapport qui n’a en réalité qu’une finalité idéologique à quelques mois de l’élection présidentielle ». Est-ce possible ?
Le rapport donc plaide pour la suppression des impôts de production et l’abrogation de la surtaxe d’impôt sur les sociétés frappant les grands groupes.
C’est tout simplement le programme du Medef.
Par ailleurs, les sénateurs de la droite dure entendent réduire le poids des cotisations sociales par « l’introduction d’une part de TVA sociale et/ou un réalignement des différents taux de CSG ; et/ou une diminution des dépenses de la Sécurité sociale, dans le cadre d’une réforme des retraites pouvant inclure l’introduction progressive d’une part de capitalisation et l’allongement de la durée globale du travail au cours de la vie ; et/ou la réduction ou la suppression de dépenses fiscales telles que l’abattement de 10 % sur le montant des pensions et des retraites les plus importantes. » Pour être clair, le « ou » est vraiment superfétatoire.
Le Medef applaudit à tout rompre, François Hollande aussi, qui fait le tour des médias pour vanter les mérites de la TVA sociale et des retraites par capitalisation.
De Bolloré aux sénateurs de droite, c’est à qui fera les propositions les plus réactionnaires, les plus anti-sociales.
Le décor est planté pour la présidentielle et on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.