Un lycéen amputé ; un autre éborgné. De nombreux blessés. Des centaines de jeunes inconnus des services de police interpellés. C’est le triste bilan des manifestations lycéennes.

Tout ce que peut répondre le gouvernement aux jeunes par la voix du sinistre ministre de l’intérieur, Laurent Nunez, c’est : « Ma doctrine est claire : réaffirmer l’autorité de l’Etat et ne laisser aucune atteinte à la sécurité et à l’ordre publics sans réponse. Le principe, c’est l’intervention ; l’exception, c’est la non-intervention ». 

La doctrine du ministre de l’intérieur depuis des décennies n’a pas varié : au nom de l’ordre public, on réprime tout mouvement social. En vertu de quoi, la force des armes parle.

Mais, quand un ministre parle d’ordre public sait-il que c’est en premier lieu son gouvernement qui sème le désordre en sacrifiant l’éducation nationale dans les banlieues ou dans les zones rurales. C’est lui et lui seul qui pousse la jeunesse à se rebeller contre un Etat à la solde des seules classes possédantes.

Professeurs méprisés et mal payés, non remplacés, réformes continuelles pouvant aller jusqu’à la création d’un filtre de classe, Parcoursup, établissements en ruine, souvent, tel est le quotidien des lycéens aujourd’hui.

Et pour seule réponse, la répression des forces dites de ‘’sécurité’’, le vote de lois répressives, quand la jeunesse ne demande qu’à étudier sereinement.

Devant les députés le 18 mai 2026, Laurent Nunez, toujours lui, avouait à propos du projet de loi Ripost : « Pour autant, par ce projet de loi, nous poursuivons une autre ambition que le seul choc d’autorité. En effet, les forces de sécurité, associées aux travaux préparatoires à ce projet de loi, ont mis en lumière certains besoins criants d’évolution de leurs moyens juridiques, techniques et procéduraux. On leur réclame toujours plus de sécurité : en parallèle, nous devons veiller à leur offrir les moyens efficaces de nos ambitions. » La loi scélérate a été votée.

Aujourd’hui, on mesure toute l’ambition d’un gouvernement aux abois, incapable de prendre les mesures pour réduire la dette, augmenter le pouvoir d’achat et, donc, répondre à la colère des jeunes : offrir à la police les moyens d’assurer toujours plus de sécurité, la sécurité capitaliste des milliardaires.

Le capital est à bout de souffle et plus il s’embourbe, plus il réprime ; une seule réponse à cet état de fait : changer radicalement de politique dès 2027 avec un candidat unique de la gauche.

C’est possible ; c’est nécessaire. Pour répondre à la jeunesse.