La liste des méfaits contre la culture de maires issus du RN s’allonge dangereusement. L’une, cependant, me touche particulièrement : à Elne, près de Perpignan, le cinéma René Vautier a été débaptisé pour prendre le nom de ‘’La Bobine illibérienne’’.

Le maire Steve Fortel justifie grossièrement ce changement de nom : « « Je ne veux pas faire de politique avec la culture et René Vautier, encore une fois avec tout le respect que j’ai pour les engagements qui sont les siens, c’est un homme marqué politiquement. » Quel prétexte fallacieux et honteux !

La fille de René Vautier a déploré cette décision en déclarant : « C’est effacer le nom d’un cinéaste dont toute l’œuvre fut précisément consacrée à la liberté de création ».

René était un ami très cher. J’éprouvais toujours un grand plaisir et beaucoup de fierté à échanger, parfois longuement, avec lui. 

René a été Résistant à 16 ans et, à ce titre, il a reçu la Croix de guerre 1939-1945 à 18 ans. Toute sa vie, il est resté Résistant ; son œuvre cinématographique en témoigne, au-delà de l’admirable Avoir vingt ans dans les Aurès (prix de la critique du Festival de Cannes en 1972). Il avait tant de choses à partager et à transmettre aux nouvelles générations pour que personne n’oublie le passé.

Ses films ont combattu le capitalisme, le colonialisme, la guerre d’Algérie, le racisme, l’apartheid et l’extrême droite. Et c’est bien ce passé d’un combattant pour la fraternité et la liberté qui, aujourd’hui, à Elne est effacé par un maire d’extrême droite de la pire espèce.J’éprouve une grande et infinie tristesse après avoir pris connaissance de cet outrage à René. Le maire d’Elne ne mérite que mépris. Et, à René Vautier, nous devons de continuer à lutter pour vaincre racistes et réactionnaires