Vincent Bolloré jubile : il vient de racheter 90 % du capital de la revue Front populaire de Michel Onfray. Outre la prise de contrôle d’un titre chargé d’histoire, il fait de celui qui doit sa notoriété à ses combats contre Jean-Marie Le Pen dans les années 2000 un obligé, pour ne pas dire un salarié.

Désormais, les idées nauséabondes de Bolloré pourront s’épancher sans réserve dans un titre, Front populaire, qui a tant fait rêver et combattre le peuple ouvrier en 1936. Cruel destin.

Bolloré s’offre toutes les bassesses pourvu qu’elles servent son dessein d’un catholicisme rétrograde et illibéral, opposé au progrès social et anti-immigrants.

On peut croire que les ultra-réactionnaires sont déjà au pouvoir ; tout leur est permis. C’est ainsi que la direction de France Intervient d’annoncer à la rédaction qu’un directeur-adjoint de Valeurs actuelles est chargé d’un éditorial politique le dimanche matin. Charles Sapin, c’est son nom, a été multi-condamné par la justice pour des propos racistes et de provocation à la haine, et il est nommé au moment où on apprend que Thomas Legrand est écarté de la radio publique.

Le rapprochement des deux faits fait sens. Scandaleux.

La politique d’extrême droite jette le trouble dans le cerveau de certains syndicalistes.

La secrétaire générale de la fédération CFDT de la fonction publique, Marie Mennella, a écrit au ministre de l’intérieur, Laurent Nunez, pour lui suggérer d’élargir la présomption de légitime défense aux policiers municipaux. C’est-à-dire d’élargir le champ d’application de la loi dite ‘’permis de tuer’’ à des fonctionnaires territoriaux.

A la direction de la CFDT, on est tourneboulé ; cette prise de position d’une responsable de fédération est en contradiction avec la position confédérale.

Marie Mennella a tout simplement repris la revendication historique du Rassemblement national (RN). Est-ce un hasard ou la démonstration que le RN a réussi à gangréner de trop nombreux esprits ?

L’extrême droite peaufine sa campagne d’intoxication et ses canaux d’intervention ; au même moment la gauche se déchire, rejette toute idée de candidat commun à l’élection présidentielle et fait la sourde oreille aux appels de Marine Tondelier.

Le Parti socialiste, lui, explose et les sociaux-démocrates se jettent dans les bras d’un Raphaël Glucksmann qui n’a pas renié son passé peu glorieux du côté d’Alternative libérale et du Cercle de l’Oratoire, deux mouvements franchement à droite.

Bref, si la France est malade de son économie, de sa politique libérale et rétrograde, les extrémistes de droite, eux, profitent de l’aubaine pour amplifier leurs interventions. Cependant, de nombreux citoyens se mobilisent (sans attendre les politiciens d’une gauche déboussolée) en dénonçant les dangers ; le mouvement s’organise, disparate, certes, mais profond. Les meilleures armes sont celles de l’esprit.

Tout espoir n’est pas perdu.