La droite et l’extrême droite ont beaucoup de points de convergence (et certains comme Bolloré, Ciotti et Stérin s’évertuent à les rapprocher davantage chaque jour). Par exemple, ils haïssent les jeunes ; il s’agit d’un marqueur fort de leur idéologie. 

L’Humanité nous a rappelé qu’il y a 30 ans (le 21 février 1995) un jeune Comorien de 17 ans était assassiné par des colleurs d’affiches du FN. Jean-Marie Le Pen, étalant son racisme et sa xénophobie ordinaires, dénonçait la présence de 500 000 Comoriens à Marseille et faisait mine de s’offusquer : « Que font-ils là ? » Abject !

Ibrahim Ali a allongé la liste macabre des victimes du racisme, de l’idéologie identitaire, de la police, comme Malik Oussekine, Adama Traoré, Zyed Benna ou Bouna Traoré. En France même.

Aujourd’hui, les mots ont changé ; la haine des jeunes, elle, n’a rien perdu de sa virulence. C’est le premier ministre, François Bayrou qui parle de submersion et d’ensauvagement, des mots considérés comme plus policés que le « Que font-Ils là ? » de Le Pen.

Personne ne s’y trompe. La haine des jeunes, immigrés ou nés en France, n’a rien perdu de sa virulence. L’idéologie fasciste et fascisante est tenace. On en veut pour preuve la proposition de loi visant à « restaurer l’autorité de la justice à l’égard des mineurs délinquants et de leurs parents ». Il s’agit de marquer les esprits (on peut parler de nouvelle étape de la lepénisation des esprits et à renforcer le volet répressif de la législation).

Droite et extrême droite haïssent les jeunes, à l’exception des jeunes nazillons, comme ceux qui, par exemple, se sont livrés à une ratonnade dans les locaux d’une association de travailleurs immigrés turcs récemment à Paris. En criant à tue-tête : « Paris est nazi ! ».

Les mots changent mais les méthodes restent. Et gangrènent de nombreux esprits jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.

Seule la gauche parle de s’attaquer à la précarité sociale, à l’échec scolaire et à tous les méfaits du système pour lutter contre la délinquance, avant de renforcer l’arsenal répressif. La gauche ne hait point la jeunesse (et les vieux), à l’inverse de la droite.

C’est toute la différence.