Le MEDEF s’affiche de plus en plus ouvertement avec le RN. Après un déjeuner avec Marine Le Pen et un grand dîner avec Jordan Bardella à l’invitation des grands dirigeants de l’économie française, puis un nouveau déjeuner du bureau exécutif de l’instance patronale avec le même Jordan Bardella, le patron des patrons, Patrick Martin a exprimé son inquiétude de voir CGT et CFDT « se politiser à outrance ».
En cause, les prises de position des deux centrales syndicales visant le RN et la proximité du MEDEF avec un parti raciste, réactionnaire et anti-social.
Quand le patronat donne des leçons aux syndicats, c’est qu’il veut les entraîner sur le chemin de la cogestion. Surtout en période de crise.
Sophie Binet, secrétaire de la CGT, avait déjà interpellé le MEDEF, lui reprochant notamment de ne regarder que le programme économique du RN. Plus récemment, elle avait apostrophé le dirigeant patronal : « Quand Patrick Martin dit qu’il ne sait pas si Marine Le Pen est d’extrême droite, c’est une faute morale historique. Cela confirme que, pour le Medef, il n’y a que l’argent qui compte. » Et de rappeler à ceux qui cherchent à affaiblir les syndicats que la CGT a toujours placé la défense des valeurs démocratiques en tête de ses revendications.
L’éventuelle arrivée au pouvoir de Marine Le Pen mobilise CGT et CFDT, pas le patronat à entendre les réflexions époustouflantes de Patrick Martin : « Ça n’est pas notre sujet. On n’est pas là pour ça. ». Comme si les choix économiques étaient séparables des choix politiques.
Ce ne sont pas les organisations syndicales qui jettent une « ombre suspecte sur la démocratie sociale », mais bien le MEDEF qui a choisi sans ambiguïté la régression sociale et l’autoritarisme du RN. Que le patronat se rapproche ouvertement d’un parti fondé par des nazis et qui a toujours prôné, entre autres, la préférence nationale, est inquiétant à la veille d’élections cruciales pour une France démocratique et de progrès social.
Quand le MEDEF esquisse une valse avec le RN, les épisodes les plus sombres de la France nous reviennent en mémoire. De nombreux militants de la CGT y ont perdu leur vie après déportations et tortures…