La France vole de record en record ; faut-il pour autant s’en réjouir ?

Selon la banque suisse UBS et le magazine Forbes, on y compte 46 ou 53 milliardaires, soit un peu moins que dans d’autres pays ; mais ces ultra-riches côtoient les sommets puisque la fortune de Bernard Arnault est équivalente à celle de Jeff Bezos ou d’Elon Musk, les hommes les plus riches du monde.

Si les ultra-riches français sont à la tête de fortunes insolentes et vertigineuses, le pays, lui, s’appauvrit dangereusement, inexorablement. La dette enfle et atteint le montant astronomique de 3 345,8 milliards d’euros à la fin du premier trimestre. Les magasins, les usines ferment, les agriculteurs et les artisans font faillite.

Alors, pourquoi ne pas aller faire les poches de ces ultra-riches si riches pour combler le trou ? C’est facile, une simple loi suffit. Les ultra-riches ne seraient même pas contraints pour autant d’aller se ravitailler aux Restos du cœur ou du Secours populaire comme tant de pauvres, de plus en plus pauvres.

Le raisonnement paraît simpliste (et il l’est), mais il aurait le mérite de l’efficacité et de la justice. L’étalage de leurs richesses par les milliardaires (comme le mariage inconvenant de Jeff Bezos à Venise) a quelque chose de choquant. Sauf pour Macron (qui aime bien recevoir Bezos ou Arnault à l’Elysée) et son gouvernement qui veille à préserver l’ordre établi. Celui qui préserve leurs richesses et leur permet tous les exils fiscaux.

Les ultra-riches ont décidé de contrôler minutieusement les médias pour en faire le reflet de leur hégémonie et préserver leur pré carré, mais aussi d’asséner qu’il n’y a pas d’autres solutions que le régime qui préserve les riches et affaiblit les pauvres.

Rachida Dati a cru être missionnée par un monde dont elle n’est pas issue pour renforcer les médias des ultra-riches en portant un mauvais coup au service public de l’audiovisuel (avant sa privatisation). Piètre manœuvre de la grenouille qui veut paraître aussi riche que le bœuf ; elle s’est pris une grande claque à l’Assemblée nationale où des députés de droite avaient quelques comptes à régler avec elle.

On s’en félicite et on se prend à rêver : si, dans un sursaut démocratique (et moral), quelques députés en arrivaient à voter une loi prenant l’argent là où il est.

Notre réveil n’en serait que plus beau et doux. Et le monde serait plus moral.