La Chouette qui hioque

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Fascisme ordinaire ?

Avec Trump, Orban, Meloni, Milei, Darmanin ou encore Retailleau, le fascisme est à nos portes. Partout.

Les admirateurs de ces agités du bocal ne se cachent plus ; ils agissent en plein jour. Comme récemment à Paris quand une association d’immigrés a voulu projeter le film de Costa Gavras, Z. Un groupe d’une trentaine d’individus a fait irruption dans les locaux et s’est livré à une ratonnade occasionnant des blessures chez les militants.

Les fascistes, à l’image de Trump, s’en prennent aussi à la science et prônent l’obscurantisme. C’est ainsi que les sbires du milliardaire ont censuré les informations sur le climat et l’environnement. Les subventions aux scientifiques travaillant sur ces sujets d’actualité ont été amputées voire supprimées. Les chercheurs américains sont atterrés.

Les fascistes n’ont pas de limites ; ils veulent faire régner leurs lois, celles du fric-roi, par la force et la contrainte. C’est dans cette ambiance lourde de menaces que le fils de Donald Trump vient d’investir plusieurs millions de dollars, avec le milliardaire Peter Thiel, dans une association organisatrice des ‘’Enhanced Games’’ (ou Jeux améliorés), avec lesquels ils veulent concurrencer les Jeux olympiques, tout en autorisant le dopage. Assurément, les performances seront améliorées ; mais à quel prix pour la santé des cobayes des jeux du cirque ?

Les fascistes, comme les cons, osent tout. Ils n’ont aucune limite, mais beaucoup d’argent pour contrôler les médias, former des militants et des groupes de pression pour promouvoir l’ultralibéralisme et s’attaquer aux immigrés. Pierre-Edouard Stérin est l’un de leurs argentiers en France avec son projet Périclès (pour « Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens, souverainistes »).

On ne peut plus ignorer le danger quand il est si proche et si visible ; le fascisme tue, ne l’oublions pas.

Dans ces heures graves, il est temps d’organiser la résistance.

On ne plus détourner son regard et feindre d’oublier les fascistes qui nous entourent. Car il ne s’agit plus de quelques excités et de fascisme ordinaire, mais d’un processus en marche pour s’en prendre à l’appareil d’Etat et aux libertés.

La goûteuse d’Hitler

J’étais passé à côté de ce livre, paru en Italie en 2018. Le Livre de poche m’a permis de me rattraper et de lire un très beau roman.

La critique de l’époque aurait dû attirer mon attention ; elle était virulente, notamment à l’émission Le Masque et la Plume sur France Inter. Arnaud Viviant avait eu des mots inouïs, parlant de « roman à l’urine d’asperge » ou de « nullité incroyable » et autres mots orduriers. Jean-Claude Raspingeas, moins outrancier, avait parlé « de n’importe quoi » ou d’invraisemblance.

Libre à ces beaux esprits, nombrilistes, faiseurs de réputation, de consacrer une émission à un livre aussi détestable, mais je note que leurs semblables de l’autre côté des Alpes avaient un avis opposé au leur, au point de décerner le prestigieux prix Campiello à l’autrice Rosella Postorino pour son roman La goûteuse d’Hitler.

Rosella Postorino a enquêté, sans pouvoir rencontrer son héroïne, Margot Wölk, réquisitionnée avec quelques autres femmes par les nazis pour goûter les plats préparés pour Hitler, redoutant d’être empoisonné.

Rosella Postorino n’a pas voulu faire un roman historique minutieux, mais un roman de fiction inspiré par ces goûteuses et notamment Rosa, jeune mariée à un soldat parti sur le front russe. Rosa, donc, va tomber dans les bras d’un officier SS. 

Il y a dans ce livre des moments forts, très documentés. Des histoires de femmes fortes et d‘autres peureuses et ordinaires, mais qui veulent survivre. Des histoires de relation amoureuse entre Rosa et son officier nazi, faites d’attirances et de rejet. Au fond, il s’agit d’un beau roman, excellement écrit, sur la peur, le désir de survivre et sur la mort.

Alors, n’en déplaise aux critiques germanopratins, ce livre est admirable. D’ailleurs son succès les a désavoués.

Vive la culture !

Les Victoires de la musique ont récompensé Thomas Jolly pour les quatre cérémonies des Jeux olympiques. C’est amplement mérité.

L’homme est non seulement talentueux, mais il a aussi une haute conscience du rôle de la culture dans la société. Il n’a donc pas réellement surpris dans son discours de remerciements. Devant une Rachida Dati muette, mais qui devait maugréer en entendant Thomas Jolly s’en prendre à la politique culturelle de notre pays.

Thomas Jolly a eu les paroles qu’un délégué CGT de la fédération du spectacle n’aurait pas renié. Il a été ovationné et la ministre n’a pas osé répondre, préférant laisser passer l’orage.

Voici l’extrait de son discours, prononcé après les inévitables remerciements :

« Dans cette victoire, il y en a d’autres, elle en contient plusieurs, et c’est la victoire de l’unité sur la division, de la joie sur l’effroi, de l’accueil sur le repli.

La victoire de notre aspiration à bien vivre ensemble, à se respecter, à se considérer.

La victoire de l’altérité comme force, de notre diversité comme richesse.

La victoire d’un récit commun, les uns tout contre les autres et pas les uns contre les autres.

Ces cérémonies sont quatre démonstrations du pouvoir fédérateur et émancipateur du spectacle vivant, pour le singulier et le commun, pour l’individuel et le collectif.

Un outil pour faire société et célébrer notre humanité partagée.

Alors comme on dit, les jeux sont faits et rien ne va plus, si le spectacle vivant porte en lui cette puissance émancipatrice, il ne peut rien sans un pouvoir qui le considère et le soutient.

Aussi je m’étonne, dans cette période de tourments multiples, de voir ici ou là les moyens pour la culture affaiblis ou tout bonnement retirés.

La culture coûte, mais elle rapporte aussi, économiquement bien sûr. Ce qu’elle rapporte immatériellement est inestimable, elle est au service de l’intérêt général.

C’est ce que je crois être la vocation de la politique. Alors, on a beaucoup dit et beaucoup entendu que ces jeux étaient une parenthèse.

Cela induit que forcément à un moment donné elle doit se refermer.

Moi je vois ça plutôt comme une brèche, une brèche lumineuse dans l’ombre épaisse et grandissante qui plane sur nous, que cette victoire qui contient toutes les autres victoires, collectives et partagées, nous servent de lanterne. Merci. »

Cher Thomas Jolly, ne remerciez pas ; ce sont les artistes, tous les artistes et tous les acteurs du monde de la culture, ainsi que les citoyens privés de culture, qui doivent vous être reconnaissant d’avoir osé dire tout le mal que vous pensez de la politique culturelle du gouvernement et de Rachida Dati.

Allons, tout n’est pas perdu ; le monde de la culture est encore bien vivant.

Le talon d’Achille de Trump et Musk

Thomas Piketty analyse dans sa chronique du Monde, la fragilité de la politique de Donald Trump (qui aime étaler sa force, cachant mal ses faiblesses).

Son analyse rejoint celle d’un article publié par la revue de la gauche radicale des Etats-Unis, Jacobin, dans lequel Eric Blanc, professeur à l’université Rutgers du New Jersey, démontre que la politique de suppression de milliers de postes de fonctionnaires d’Elon Musk est sous la pression de l’opinion publique. Il m’a semblé que ce long article ne pouvait pas être résumé ; je le publie dans sa totalité.

« Elon Musk voudrait vous faire croire qu’il est invincible en ce moment. Mais l’homme le plus riche du monde est en réalité extrêmement vulnérable à la pression publique en ce moment – ​​une pression publique dont les fonctionnaires fédéraux et leurs syndicats peuvent tirer profit.

Qui peut arrêter Elon Musk ? Même s’il est illégal pour lui de prendre le contrôle des finances des agences fédérales pour réduire les effectifs, il est peu probable qu’un Congrès républicain fasse valoir ses prérogatives légalement mandatées. Aucune opposition sérieuse n’a non plus émergé du côté du Parti démocrate. Et même si les tribunaux ont mis en pause une partie de cette prise de pouvoir, rien ne garantit que notre Cour suprême hyper-conservatrice s’y opposera sérieusement. De plus, l’équipe de démolition de Musk peut imposer un nombre considérable de coupes budgétaires pendant que les procédures judiciaires se poursuivent devant les tribunaux.

Mais tout n’est pas perdu : Musk est en fait très vulnérable à la réaction populaire. Comme le souligne Jonathan Martin de Politico, Donald Trump va probablement jeter le projet d’Elon Musk aux loups une fois qu’il commencera à susciter trop de mauvaise presse. Si les travailleurs parviennent à renverser la tendance de l’opinion publique contre le « Département de l’efficacité gouvernementale » (DOGE) de Musk, il est probable qu’il subira le même sort que le gel impopulaire du financement de l’administration.

La sortie de cette crise dépendra avant tout de l’action des fonctionnaires fédéraux. Quels que soient les laquais que Trump et Musk placent à la tête de ces agences, elles dépendent toujours en fin de compte du travail de leurs employés. La résistance des travailleurs a mis un frein aux opérations. Refusant de céder à l’intimidation, leurs syndicats ont intenté un procès pour arrêter Musk. Et avec cet encouragement, la plupart des fonctionnaires fédéraux ont rejeté le prétendu plan de rachat du DOGE par lequel ils démissionneraient « volontairement ».

Ce sont des premières étapes importantes. Mais il faudra beaucoup plus d’organisation et de pression de la part de ces travailleurs pour gagner.

Changer le discours

Des actions collectives à grande échelle et accrocheuses peuvent faire comprendre au public la vérité sur les fonctionnaires fédéraux et le danger des coupes budgétaires de Musk. Beaucoup trop de gens ignorent des faits cruciaux sur les fonctionnaires fédéraux et les services qu’ils fournissent :

— En raison du chaos budgétaire de Trump, des cliniques de santé à travers les États-Unis ont déjà été obligées de fermer.

— L’opération imprudente de Musk menace un nombre énorme d’Américains. Sans fonctionnaires fédéraux dans des agences suffisamment financées, personne aux États-Unis ne pourrait bénéficier d’avantages tels que la sécurité sociale, Medicare, Medicaid ou des protections de sécurité au travail, entre autres nombreux services essentiels. Les écoles et les hôpitaux locaux à travers le pays dépendent également du financement fédéral.

— Contrairement aux affirmations de la droite sur une bureaucratie fédérale massivement étendue, le pourcentage de la main-d’œuvre américaine travaillant pour le gouvernement fédéral a considérablement diminué au cours des vingt-cinq dernières années.

— Ce sont les milliardaires, et non les fonctionnaires fédéraux, qui accumulent les richesses américaines : le salaire annuel total des 2,3 millions de fonctionnaires fédéraux civils (271 milliards de dollars) est nettement inférieur à la fortune personnelle de Musk, qui s’élève à 412 milliards de dollars.

— La plupart des fonctionnaires fédéraux ne sont pas de riches bureaucrates : 43 % des fonctionnaires fédéraux gagnent moins de 90 000 dollars par an et 58,8 % moins de 110 000 dollars par an.

— Environ 60 % du budget destiné à la rémunération des fonctionnaires fédéraux est destiné au ministère de la Défense, au ministère des Anciens Combattants et au ministère de la Sécurité intérieure.

— Cela a un impact sur l’ensemble du pays : plus de 80 % des fonctionnaires fédéraux travaillent dans des régions autres que Washington D.C.

Les leçons de la révolte des États républicains

Comment les fonctionnaires fédéraux peuvent-ils gagner l’opinion publique et contrer ces attaques contre leurs emplois et les services essentiels ? Leur meilleure chance est de reproduire les tactiques qui ont rendu possible le succès des grèves des enseignants de 2018 en Virginie-Occidentale, dans l’Oklahoma, en Arizona et au-delà.

Par ces actions, les travailleurs du secteur public ont repoussé les attaques de la droite contre leur profession et ont obtenu des salaires importants et des financements étudiants qui ont touché des millions de personnes, même si elles ont eu lieu dans des États contrôlés par les républicains où les syndicats étaient faibles et les grèves du secteur public illégales. Voici les principales leçons de leurs grèves :

1. Surmontez les tactiques de peur en vous exprimant. Craignant des représailles d’en haut, la plupart des enseignants en 2018 ont d’abord eu peur de faire entendre leur voix. Mais quelques collègues audacieux ont brisé le climat d’intimidation en prenant publiquement position dès le début. Personne n’a été licencié ou sanctionné. Leur courage initial a permis à d’innombrables autres de s’exprimer.

2. Intensifiez vos actions. En particulier parce que tant de travailleurs étaient initialement effrayés, les mouvements se sont développés en prenant des mesures faciles qui pouvaient impliquer le plus grand nombre de travailleurs. L’une des tactiques de mobilisation les plus répandues a été les journées Redford au cours desquelles tout le monde – employés et sympathisants de la communauté – portait la même couleur et postait des selfies et des photos de groupe avec des messages sur leur cause. Cela a généré une énorme dynamique et a montré à la communauté le visage humain d’une main-d’œuvre diabolisée et rabaissée.

3. Essayez de devenir viral. Les grèves des États rouges ont été initiées et coordonnées en grande partie via des groupes Facebook viraux. Les militants ouvriers ont attiré l’attention des gens par des actions publiques et du contenu numérique accrocheur, et ils ont immédiatement embarqué leurs collègues dans l’organisation d’actions similaires via des outils numériques. L’organisation en personne et locale était toujours cruciale, mais ces mouvements avaient besoin d’outils numériques et d’une forte présence sur les réseaux sociaux pour gagner (et se coordonner) à grande échelle.

4. Persuader (et impliquer) la communauté. Pour attirer l’attention du public et dissiper les récits sur les « travailleurs privilégiés et paresseux du secteur public », ces mouvements ont compris que la seule façon pour eux de gagner gros était de souligner systématiquement comment leur travail – et leurs revendications – bénéficiaient à la communauté dans son ensemble. Et ils ont constamment cherché à impliquer les membres de la communauté dans leurs journées RedforEd et d’autres actions en cours.

5. N’attendez pas les hauts dirigeants syndicaux. Bien que les syndicats aient fini par jouer un rôle crucial dans ces mouvements, l’étincelle et la motivation sont venues des travailleurs de la base autoorganisés. La plupart des hauts dirigeants syndicaux étaient trop coincés dans des routines légalistes pour prendre l’initiative d’actions risquées. Mais une fois que l’élan a explosé d’en bas, les syndicats ont sauté à bord et ont joué un rôle clé pour aider les travailleurs à gagner.

6. Soyez perturbateur si nécessaire. Personne ne veut faire grève, surtout lorsque cela pourrait avoir un impact négatif sur les membres de la communauté. Mais comme les législateurs républicains ont continué à refuser de reculer, les enseignants ont finalement estimé qu’ils devaient faire grève pour sauver leurs écoles. Et avec un soutien populaire écrasant, ils ont gagné haut la main.

Batailles à venir

De toute évidence, les conditions d’aujourd’hui ne sont pas identiques à celles de 2018. Les enjeux sont désormais plus élevés : la démocratie et l’existence de services essentiels à l’échelle nationale sont en jeu. Le facteur de peur est également plus élevé actuellement, mais cela pourrait changer rapidement une fois que de plus en plus de travailleurs commenceront à s’exprimer – après tout, ce sont les complices de MAGA qui enfreignent la loi, pas les employés fédéraux. Il est possible qu’un tollé public suffisamment large et fort puisse forcer Musk et Trump à reculer.

Mais une similitude essentielle demeure : un grand nombre de travailleurs de base et de membres de la communauté vont devoir commencer à s’exprimer.

Le Federal Unionists Network a appelé à une Journée d’action pour sauver nos services le 19 février afin de rassembler les travailleurs fédéraux et leurs partisans pour dénoncer le coup d’État de Musk. Tout le monde peut y participer. Comme lors des journées RedforEd de 2018, la principale demande du 19 février est simple : portez du rouge, du blanc et/ou du bleu et prenez un selfie avec une pancarte expliquant (si vous êtes un fonctionnaire fédéral) comment votre travail a un impact et profite aux Américains et (si vous êtes un membre de la communauté) comment vous bénéficiez des services fédéraux.

L’équipe de démolition d’Elon Musk avance à grands pas, espérant imposer son plan draconien avant que les fonctionnaires fédéraux et les millions d’Américains qui s’opposent à son programme n’aient le temps de réagir. Mais si un grand nombre de fonctionnaires fédéraux et de leurs alliés commencent à prendre position dans les prochains jours, ils peuvent porter un sérieux coup au trumpisme et protéger les services essentiels dont dépendent tous les Américains. »

La médecine est malade

Un fait divers, dramatique, certes, a alimenté les médias toujours à l’affût de morbide et de sensationnel. Une fillette a été assassinée par un jeune homme de 23 ans. Un fait divers dramatique, donc, inqualifiable. Oui, mais après ?

Ce jeune homme a été présenté comme violent ; ses accès de violence ne sont pas nouveaux, hélas. Sa place est-elle en prison ou en hôpital psychiatrique ? Ce fait divers, dramatique, aurait-il pu être évité si…

Si, quoi ? Si la médecine était encore présente en milieu scolaire et universitaire. Si la psychiatrie n’était pas encore plus en ruine que d’autres spécialités. Si, en France, on faisait plus d’efforts (financiers) en direction de la prévention, sous toutes ses formes et à tous les âges. En bref, la médecine est malade et dans un état de délabrement tel qu’il laisse entrevoir un effondrement total dans quelques années.

La population vieillit ; les maladies chroniques se multiplient et il faudrait envisager au plus vite une coordination des soins, plutôt que de multiplier les recours aux spécialistes sans coordination.

Faute d’une véritable politique médicale, les gouvernements successifs ont cédé aux nombreux lobbys de certains médecins et autres laboratoires pharmaceutiques.

Les malades sont considérés comme des machines à cash, non pas pour les généralistes mais pour les lobbys du secteur privé et des spécialistes qui multiplient honteusement les dépassements d’honoraires.

Christian Prudhomme, porte-parole CGT des médecins urgentistes dénonce la situation : « Afin de soi-disant plafonner les dépassements, il a été demandé à l’assurance-maladie de proposer aux médecins des contrats qui leur permettent, s’ils respectent des objectifs très peu contraignants, de bénéficier d’avantages financiers. » Une pratique scandaleuse (et qui instaure une médecine à deux vitesses)

Les avantages indus accordés aux lobbys manquent cruellement aux autres médecins, notamment aux psychiatres pour prendre en charge les assassins en puissance dont la place n’est pas en prison mais à l’hôpital.

Si la médecine est malade, seule un ‘’révolution’’ et un changement de régime en viendront à bout pour améliorer la santé de tous.

Il faudrait que les médias, notamment audiovisuels, aillent au-delà de l’émotion provoqué par les assassinats et abordent les problèmes dans toute leur ampleur, celui de l’état réel d’une médecine gravement malade de la politique et des lobbys.

La morgue du milliardaire

Donald Trump ? Encore ? Pourquoi parler de celui qui est le président des Etats-Unis. Assurément, le personnage m’indispose et me plonge dans l’exaspération.

Mais ses provocations journalières sont si inquiétantes qu’il n’est pas possible d’ignorer ses menaces irresponsables et ses éructations excessives.

Je n’apprécie pas, on l’a compris, ce monsieur, et chaque jour qui passe me le rend encore plus antipathique (le mot est faible).

Donald Trump veut donc déplacer les habitants de la bande de Gaza dans d’autres pays, en Jordanie, en Egypte ou ailleurs. Sans préciser lesquels, mais, surtout, sans l’assentiment de leurs dirigeants.

Il annonce vouloir prendre le contrôle du territoire palestinien, raser les bâtiments détruits et les rares édifices restés debout avant de construire la fameuse Riviera du Moyen-Orient. Il a encore précisé qu’il envisageait d’être propriétaire de cette terre pour une longue durée. Qu’en pense Netanahyu qui espère annexer Gaza et la Cisjordanie pour voir émerger le ‘’grand Israël’’ ?

A des journalistes qui lui demandaient si les Palestiniens seraient autorisés à revenir, Trump a eu une réponse suffocante : « Pourquoi voudraient-ils revenir ? Cet endroit a été un enfer » ; et de promettre de faire de leur nouveau cadre de vie, hors de Palestine et dans quatre, cinq ou six zones, « quelque chose de vraiment bien, de vraiment bien, d’où ils ne voudraient pas revenir. »

Donald Trump est-il vraiment conscient qu’il propose une violation des droits de l’homme ? Qu’il préjuge de l’accord des Palestiniens et des pays hôtes ?

On peut en douter, mais ce ‘’cinglé’’ a la morgue des milliardaires à qui rien, ni personne, ne peut, ni ne doit résister.  Qui, avec ses dollars, peut se permettre de tout acheter, y compris la conscience des citoyens.

Depuis sa réélection, son cerveau a disjoncté ; il a osé déclarer : « Tous ceux à qui j’ai parlé aiment l’idée que les États-Unis possèdent ce morceau de terre, développent et créent des milliers d’emplois avec quelque chose qui sera magnifique ».

Mais à qui parle-t-il ? A son entourage qui est au moins aussi dangereux que lui. Aux néo-fascistes réunis à Madrid récemment ? Aux fous de dieu de l’Eglise évangélique ? A son ami Bernard Arnault ?

La morgue du milliardaire dans toute sa splendeur ; la morgue qui est capable de tout et qui fait peur !

Un effet Trump inquiétant

Les partis d’extrême droite européens sont tombés en extase devant Donald Trump. Et tous s’étaient donné rendez-vous à Madrid pour clamer leur admiration et voir en lui un messie et un messager faisant entrevoir leurs victoires futures dans leurs pays respectifs. Marine Le Pen, elle, y croit quand elle déclare : « A un moment, il faut voir ce qui se passe dans le monde aujourd’hui : Milei, Trump, Orban, Meloni, notre parti allié autrichien est en tête, nous sommes en tête, nos amis flamands sont en tête. Il faut analyser cela et je crois que c’est une forme de renaissance à laquelle on assiste ». Elle a appelé à un « bouleversement mondial » en ajoutant : « Ce défi de puissance est une exhortation à une existence dans le monde qui vient, dans l’histoire qui s’écrit. » Nous sommes donc prévenus.

Comme ils n’ont guère d’imagination, les néo-fascistes ont ‘’européanisé’’ le trop célèbre slogan du candidat Trump, Make America Great Again’’, en ‘’Make Europe Great Again’’. Au moins, nous savons ce qui nous attend s’ils arrivent au pouvoir.

Le dictateur hongrois Viktor Orban avait donné le ton des interventions en déclarant : « La tornade Trump a changé le monde en deux semaines. Hier, nous étions les hérétiques ; aujourd’hui, nous sommes mainstream. Les gens pensaient que nous représentions le passé, aujourd’hui, tous voient que nous sommes le futur ».

Dans son pays la tornade avait déjà fait des dégâts considérables et il s’en est félicité en se vantant d’avoir fait de « l’immigration illégale un délit », d’avoir fait inscrire dans la Constitution « qu’un père est un homme et une mère une femme », ou encore que « tous les pouvoirs de l’Etat doivent défendre la culture chrétienne ». 

Les autres intervenants ont cru bon de faire dans la surenchère, à l’image de Matteo Salvini, l’Italien, de Santiago Abascal, l’Espagnol, de Geert Wilders, le Hollandais, ou de André Ventura, le Portugais. Mais ils n’ont qu’un seul maître, Donald Trump.

Comme Trump, ces excités ont rebâché leur haine des immigrés, la Cour pénale internationale, le wokisme, les homosexuels, et, pour faire court, tout ce qui est démocratique.

Une fois encore, nous sommes donc prévenus du danger que constitue le programme de Marine Le Pen et de ses ‘’cousins’’ européens.

Nos libertés sont en danger. Le temps des querelles de chapelle à gauche est passé ; aujourd’hui, le temps de l’union est vital pour nos libertés et la démocratie, quand la droite qui n’était pas encore extrême multiplie les œillades (et les déclarations) en direction de Marine Le Pen.

L’effet Trump est inquiétant.

Télé-réalité

J’avais un vieux maître qui me répétait souvent cette phrase que j’ai gardé en mémoire : « Je ne sais pas si l’intelligence a des limites ; en revanche, je sais que la connerie n’en a pas. »

Hélas, les vieux sages ont toujours raison. Un exemple ? J’ai pensé à cet homme en écoutant sur France Inter le billet de Charline Vanhoenacker, ‘’Charline explose les faits’’, consacré à une émission de la chaîne britannique Channel 4.

Baptisée ‘’Go Back to Where You Came From’’ (‘’Retourne d’où tu viens’’ en français), elle fait polémique et provoque de nombreuses réactions outre-Manche.

Six candidats sont envoyés en Syrie et en Somalie pour jouer les migrants, avec pour mission de rejoindre l’Angleterre par les moyens utilisés par les vrais migrants. Ils sont accompagnés par d’anciens militaires et équipés de gilets pare-balles. On ne prend pas trop de précautions ; les vrais migrants, eux, en sont dépourvus, évidemment.

Le casting a pris soin de choisir plusieurs fachos parmi les participants ; l’un d’eux a eu cette saillie honteuse : « Je voudrais que la Royal Navy pose des mines le long des côtes et fasse exploser les bateaux clandestins. C’est comme des rats, ils continueront de venir si on les laisse. On se fait envahir ! » Succès d’audience assuré. Ce candidat est digne de Retailleau, Darmanin et Bayrou, le premier ministre de la submersion.

L’excellente Charline Vanhoenacker n’a pas manqué ‘’d’exploser ce fait’’ : « Génial ! Jordan ! viens voir la télé ! j’ai trouvé une émission encore mieux qu’Hanouna ! Le principe est génial : les participants envoyés en Syrie et en Somalie doivent rejoindre l’Angleterre par tous les moyens utilisés par des réfugiés. C’est clairement la version facho de Pékin Express. C’est Pétain Express. »

Et de suggérer malicieusement, comme elle sait si bien le faire : « On a besoin d’une télé-réalité pour savoir que les Somaliens en bavent tellement chez eux qu’ils ne quittent pas leur pays par plaisir. La prochaine enverra des candidats vérifier de leurs yeux que la terre n’est pas plate. Et sur les droits des femmes en Afghanistan ? C’est bon pour tout le monde ou il faut un show télé ? On envoie Les reines du shopping à Kaboul pour constater que le choix vestimentaire est restreint ? »

Où s’arrêtera la télé-réalité et ceux qui en font un commerce très lucratif ? En effet, le gouailleuse Charline constate que : « Le concept est déclinable à l’infini ! Prendre la place d’un Palestinien qui se fait déporter par Donald Trump, prendre la place d’un dauphin sur les côtes du Japon, prend la place d’un écolo invité chez Pascal Praud… Prendre la place d’un Premier Ministre sous Macron… Des gens qui souffrent il y en a partout. Et si en plus on réussit à monétiser la souffrance on a tout gagné ! »

Qu’attend Bolloré pour racheter le concept et remplacer Hanouna ?

Démocratie agonisante

Il y a des jours qu’on voudrait effacer de notre mémoire tant ils ont été anxiogènes et nous ont donné la nausée.

Donald Trump veut tout annexer, hier le Canada, le Groenland et le canal de Panama, aujourd’hui la bande de Gaza en expulsant les Palestiniens. Le fils de promoteur qu’il fut veut y créer la Riviera du Moyen-Orient, avec plein d’argent et des milliers d’emplois. Pas pour les Palestiniens mais sans doute pour les milliardaires comme lui. Ses golfs ne lui suffisent plus !

Trump est en plein délire schizophrénique chronique.

Celle qui l’admire le plus en Europe, Giogia Meloni, est plus répressive encore. Si c’est possible. La très chère amie d’Elon Musk, autre schizophrène, ne s’en prend pas qu’aux fonctionnaires comme lui, mais à l’ensemble de ceux qui contestent sa politique néofasciste. Son projet de loi dit de sécurité crée 14 nouvelles infractions particulièrement répressives, dignes d’un décret de Trump.

L’élève est en lice pour dépasser le maître. La schizophrénie serait-elle devenue une maladie contagieuse malgré ce que dit la science ?

En France, François Bayrou est moins tonitruant, mais ô combien aussi pervers. Il préfère s’adonner au chantage à la responsabilité pour faire éclater le Nouveau Front populaire et faire adopter un budget plus austéritaire que celui de Michel Barnier. Avec la bénédiction d’un Parti, qui, sous l’impulsion de François Hollande (rejeté en son temps par les Français) et de Lionel Jospin (signataire du Traité de Lisbonne et pour qui l’Etat ne peut pas tout), n’est plus guère socialiste en piétinant son électorat.

Si, comme le prétendait Jacques Chirac, les emmerdes, ça vole toujours en escadrille, il semble que les réactionnaires se sont mis d’accord pour annoncer les reculs de société et les provocations inouïes le même jour. Le chef d’orchestre de l’internationale réactionnaire peut se gausser d’avoir de brillants disciples, attentifs à ces prêches et copiant scrupuleusement ses oraisons à l’envi.

Il semble que ces hurluberlus ont encore annonces et projets en réserve pour museler leurs opinions publiques, mater les oppositions et faire des cadeaux aux ultra-riches.

Décidément, rien ne va plus dans ce monde de fou, de fourbes, de néo-fascistes, de voyous, de menteurs, de traîtres, de malades du cerveau, c’est-à-dire ceux qui ont confisqué tous les pouvoirs. Hélas avec la bénédiction des citoyens qui ont voté.

La démocratie est malade, quasiment en état de mort cérébrale.

La pie voleuse

Robert Guédiguian est un cinéaste majeur du cinéma français.

Son dernier film, La pie voleuse, est une fable ancrée dans le quotidien et dans la lutte des classes, traitée avec un brin de subversion, d’où se dégage la générosité ordinaire des gens de peu.

Cette générosité est portée par deux acteurs extraordinaires, Ariane Ascaride, la voleuse, et Jean-Pierre Darroussin, le vieux au cœur d’or.

Dans ce film, tout est parfait ; non seulement les acteurs, mais aussi les dialogues, réduits au strict minimum pour laisser la caméra observer les regards et lire les sentiments pour en dire plus que de longues discussions.

Il y a dans La Pie voleuse des séquences admirables comme celle où Jean-Pierre Darroussin récite le poème de Victor Hugo, Les pauvres gens, pour justifier le retrait d’une plainte accusant son aide à domicile. C’est un moment rare et qui emporte tout ; on aurait presque aimé l’entendre en entier, tellement l’interprétation de Darroussin est enthousiasmante.

Mais, c’est l’interprétation d’Arian Ascaride qui illumine tout le film ; elle tient là, sans doute, l’un de ses plus beaux rôles, sinon le plus merveilleux.

Avec Guédiguian, on atteint la perfection du propos, avec les petites choses de la vie ordinaire. On est transporté, mais le film, comme toute fable, interpelle. A la façon de Jean Ferrat, Robert Guédiguian ne filme pas ‘’pour passer le temps’’ ou pour faire du fric. C’est toute la grandeur du cinéma français, aux antipodes du cinéma-business, des grandes productions aux effets spéciaux qui s’enchaînent pour nous en mettre plein la vue et les oreilles.

C’est ce cinéma-là qu’on aime et qui est de plus en plus menacé par les restrictions budgétaires et, surtout, par les plateformes comme Netflix et les milliardaires comme Bolloré.

C’est ce cinéma-là qu’il faut continuer à aller voir en salle et non sur son téléviseur ou son téléphone. C’est de culture qu’il s’agit et du combat de tous contre le fric-roi.

Merci Robert Guédiguian de nous le rappeler et de nous ravir en nous interpellant.

Terrifiant !

C’est terrifiant, sidérant. Les dirigeants de la France transforment le pays en un champ de ruines, sans avenir parce que sans culture, hormis celle des riches.

Tout ce qui fait culture est sacrifié. On a déjà vu les dégâts provoqués par des décisions imbéciles et purement comptables dans la région des Pays de Loire, dans l’Hérault, à Toulon, dans le Nord, etc. Au nom d’une prétendue crise d’endettement, chaque jour nous offre des motifs de colère, vite oubliée pour faire place à la rébellion.

Le ‘’pass culture’’ est à son tour menacé. Le premier touché est le ‘’pass’’ collectif, géré par le ministère de l’éducation nationale Un simple courriel envoyé par les inspecteurs d’académie le 30 janvier en fin de journée a averti de la suppression d’un budget qui permettait à des enseignants de mener des actions pédagogiques, des ateliers artistiques, de permettre aux élèves d’aller assister à des spectacles, etc. En plein milieu d’année scolaire, alors que des actions étaient évidemment déjà programmées. Merci Elisabeth Borne.

Le ‘’pass culture’’ individuel est également menacé. Par celle qui ose tout, Rachida Dati. Elle claironne qu’elle veut soit le réformer, soit le supprimer.

Le concours de la décision la plus attentatoire à la culture est bien lancé et, là, les élus font preuve d’une imagination débordante.

Rachida Dati est assurément la plus performante pour creuser la tombe du ministère de la culture. C’est au moment où le ‘’pass culture’’ est menacé qu’elle annonce que le spectacle réactionnaire et révisionniste du Puy-du-Fou y est devenu éligible, justifiant la décision par sa volonté de non-discrimination, contraire à la liberté artistique.

On ferme des théâtres, on fait crever des compagnies, mais on promeut l’œuvre de la famille d’extrême droite de Philippe de Villiers, qui propose « un discours anti-universaliste, antirépublicain, anti-égalitaire, xénophobe, qui masque les dominations de classe et de genre », selon les historiens auteur du livre Le Puy du Faux.

On ne compte plus les auteurs qui ont dénoncé cette politique anti-culturelle, comme l’ex-directrice de l’UNESCO, « Il n’y a pas de culture sans peuple, ni de société sans culture », l’écrivain nigérian Anthony Biakolo, « Un peuple sans culture est un peuple sans âme », ou encore le journaliste-écrivain Nicolas Beuglet, « Un peuple sans culture, c’est un peuple sans mémoire et un peuple sans mémoire, ce n’est plus un peuple, c’est un troupeau qui préfère se battre pour une télé que pour une idée ».

Les gouvernements successifs, d’Edouard Philippe, de Jean Castex, d’Elisabeth Borne, de Gabriel Attal, de Michel Barnier ou de François Bayrou, ont, chacun à sa manière, cédé aux injonctions de l’extrême droite en lui donnant des gages. Chacun à sa manière prépare le peuple de France à perdre la mémoire, son immense passé culturel et son idéal révolutionnaire.

Ce régime est dirigé par des menteurs. L’homme de la Fondation Louis Vuitton et le champion de l’optimisation fiscale, Bernard Arnault, en premier lieu. La culture est aux ultra-riches comme lui, pas au peuple ; il dénonce un projet de surtaxe temporaire pour pouvoir mieux investir dans la culture, dans ses musées, dans ses sociétés de ventes aux enchères, qui permettent d’imposer ses goûts et le prix des œuvres.   

Ne sommes-nous pas entrés dans une ère préfasciste ? Terrifiant !

Jack Ralite, reviens !

Christelle Morançais, la présidente de la région des Pays de Loire, a joué le rôle de précurseur ; elle a eu des mots jamais prononcés pour justifier la réduction drastique du budget de la culture.

Précurseur ? Dans le plein sens du mot. Elle est celle qui a osé la première. Mais elle est suivie. Le président du conseil départemental de l’Hérault, Kléber Mesquida, a décidé d’aller plus loin et de supprimer totalement les subventions aux associations et établissements culturels.

L’homme est un vieux routier de la politique et, paraît-il, socialiste. Honte à lui.

La maire de Toulon, Josée Massi (qui a succédé à Hubert Falco), a créé les conditions pour que l’opéra de sa ville licencie les 22 choristes. Honte à elle.

Les attaques contre la culture s’accentuent et les grandes institutions ne sont pas épargnées. Le prétendu plus grand musée du monde, le Louvre, est mal en point et fuit. Emmanuel Macron sort de sa torpeur pour annoncer de grands travaux, quand sa ministre de la culture, Rachida Dati voit son budget sérieusement amputé.

Macron peut bien promettre, ce n’est pas lui qui paiera ! Honte à eux.

Les attaques contre le monde de la culture ne sont pas nouvelles. Le 19 février 2014, Jack Ralite avait écrit une longue lettre à François Hollande pour protester contre un budget minoré. On pouvait y lire entre autres :

« Par nos engagements culturels, artistiques et citoyens, nous sommes fidèlement attachés à la politique culturelle française que nous entendons voir se développer selon le principe d’invention de la perpétuelle ouverture. Or, nous constatons que cette démarche après avoir marqué le pas connaît notamment par la politique budgétaire de notre pays une situation s’aggravant de jour en jour. Beaucoup de ce qui avait été construit patiemment se fissure, voire se casse et risque même de disparaître. Le patrimoine dans sa diversité, le spectacle vivant dans son pluralisme, l’écriture, les arts plastiques, les arts de l’image et l’action culturelle sont en danger.

Le travail est tellement livré au management et à la performance que les personnels se voient ôter leurs capacités de respiration et de symbolisation. On a l’impression que beaucoup d’hommes et de femmes des métiers artistiques sont traités comme s’ils étaient en trop dans la société.

On nous répond, c’est la crise. La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend au contraire plus indispensable. La culture n’est pas un luxe, dont en période de disette il faudrait se débarrasser, la culture c’est l’avenir, le redressement, l’instrument de l’émancipation. C’est aussi le meilleur antidote à tous les racismes, antisémitismes, communautarismes et autres pensées régressives sur l’homme.

Mais la politique actuelle est marquée par l’idée de « donner au capital humain un traitement économique ». Il y a une exacerbation d’une allégeance dévorante à l’argent. Elle chiffre obsessionnellement, compte autoritairement, alors que les artistes et écrivains déchiffrent et content. Ne tolérons plus que l’esprit des affaires l’emporte sur les affaires de l’esprit.

La politique culturelle ne peut marcher à la dérive des vents budgétaires comme la politique sociale d’ailleurs avec qui elle est en très fin circonvoisinage. « L’inaccompli bourdonne d’essentiel » disait René Char. »

Jack Ralite, un grand homme de culture, nous manque cruellement pour rappeler ‘’l’essentiel’’ à ceux qui nous gouvernent. Hélas.

Qui osera publier la lettre de mon ami Jack aujourd’hui et prendre à partie ceux qui sont en croisade contre la culture ?

Auschwitz, ce cauchemar

J’ai visité Auschwitz il y a très longtemps. En sortant de cet enfer, j’étais bouleversé. Je le suis encore. Le cauchemar me hante. Souvent. Il est difficile d’encaisser un tel choc visuel et d’imaginer toutes les souffrances des martyrs, juifs, communistes, tziganes, homosexuels, enfants, adultes, vieillards, femmes et hommes que les nazis qualifiaient de ‘’Untermenschen’’ pour justifier l’injustifiable. La ‘’solution finale’’ ? Peut-on être à ce point pervers pour l’imaginer et la mettre à exécution ?

Je suis encore taraudé par Socrate et Platon déclarant que « nul n’est méchant volontairement » ou par Descartes qui a écrit dans le Discours de la méthode : « le pêcheur est un ignorant », et dans ses Méditations métaphysiques : « La volonté s’égare fort aisément, et choisit le mal pour le bien, le faux pour le vrai ». Le doute n’a jamais fini de m’interpeller. Et quand je lis les œuvres de l’un ou de l’autre, je ne peux m’empêcher de penser à Auschwitz. Peut-on tout expliquer ainsi ?

Alors, je relis aussi Victor Hugo qui, dans Les Quatre Vents de l’esprit, écrit ces vers admirables :

« Honte au vivant timide, au passant inutile/ Eunuque qui lui-même abdique et se mutile/ Qui voit le devoir et le fuit/ Et ne s’y jette pas la tête la première/ Et n’ose pas ouvrir la porte de lumière/ Et fermer la porte de nuit (…) Non, non ! il faut briser le poteau du supplice/ Qui, pouvant empêcher, laisse faire, est complice/ Abstention, complicité. »

Je maudis le pape Pie XII qui s’est tu. J’ai également relu le livre de Rolf Hochhuth, le Vicaire, qui fustige ce souverain pontife qui, en s’abstenant, s’est comporté comme un complice du génocide et d’Hitler et de la Shoah.

Auschwitz et les autres camps d’extermination, rappelons-nous. Toujours. N’oublions jamais ce cauchemar. Tous les jours et, surtout, le jour du vote.

Esprit de résistance

Le président argentin, Javier Milei, était l’invité de Donald Trump pour sa cérémonie d’investiture. Le candidat à la tronçonneuse avait accouru, évidemment, puis a gagné directement le sommet de Davos, tout imbu du discours de son maître à penser.

Selon Le Monde, il a palabré sur un ton véhément pendant une demi-heure dans le Centre de Congrès de Davos dans les Alpes suisses pour envoyer un message dont le contenu était connu d’avance. Alors, il n’a pas déçu ; il a réussi à se hisser au niveau de Trump. Epoustouflant et idiot à la fois.

Toujours selon Le Monde, Milei a dénoncé le wokisme dont l’Union européenne serait le bras armé et appelé à rendre sa grandeur à l’Occident. Le refrain est désormais éculé mais il marche auprès de certaines foules ! Puis le président argentin s’est réjoui de voir enfin émerger, « lentement, une alliance internationale des nations qui veulent être libres »« du merveilleux Elon Musk à la féroce dame italienne, [sa] chère amie Giorgia Meloni, de [Nayib] Bukele au Salvador à Viktor Orban en Hongrie, de Benyamin Nétanyahou en Israël à Donald Trump aux Etats-Unis ». Grandiose, mais qui fait courir un danger pour les libertés.

Au passage, on peut noter que Milei a oublié quelques individus dangereux comme lui dans la liste des politiciens infréquentables, tant ils sont nombreux aujourd’hui sur la planète. Il est vrai qu’il s’est concentré aux défenseurs de l’Occident.

Certes, la liste de Milei est impressionnante et le discours tonitruant ; cependant les peuples qui se sont dotés de tels pourfendeurs de la démocratie au nom de la sauvegarde de l’Occident, ne sont pas encore à genou. L’esprit de résistance souffle encore, même si ces fantoches du capitalisme sont capables de tout et du pire.

Culture (avec un grand C)

Quand la présidente de la région des Pays de Loire, Christelle Morançais, décide, seule, de raboter le budget culture ; quand Rachida Dati assiste au dépeçage de l’enveloppe 2025 de son ministère sans protester, quand le département du Nord décide de ne plus subventionner le dispositif Collège au cinéma, il y a des communes et d’autres territoires qui continuent à ‘’faire culture’’.

Soyons honnête, ceux qui font de la culture une cause essentielle de la formation du citoyen se réclament essentiellement de la gauche. La droite, elle, considère la culture comme un supplément d’âme dont on peut aisément se passer. L’argument est d’une bêtise incommensurable ; c’est l’argument avancé pour offrir aux populations du divertissement, rien que du divertissement, dont on sort sans interrogation ; un choix idéologique.

J’ai pu voir, entrée gratuite comme d’habitude, une formidable exposition de quatre artistes menant des projets à partir de la photo, abordant intelligemment des sujets de société sous un titre commun, les Impliqués.

Ces quatre-là, deux femmes, Tina Merandon et Aurore Valade, et deux hommes, Aurélien David et Thibault Laget-Ro, sont effectivement impliqués et partagent un même regard sur notre monde. La plaquette de présentation note que « dans leurs œuvres, une relation privilégiée est envisagée entre art et démocratie, établissant dialogues, espaces de résistances, confrontations et réconciliations. »

On reste ébahi devant l’acte de création de chacun, original, fort, dans lequel la couleur est omniprésente.

Autant dire que leurs démarches ont tout pour inquiéter les réactionnaires bien-pensants. Mais c’est leurs démarches qui ont incité, au contraire, la commune de Guyancourt (Yvelines) à appeler sa population et notamment les enfants des établissements scolaires à venir s’y confronter et à dialoguer avec chacun des artistes.

La culture est aussi un combat ; il est réconfortant de voir que certains élus ne l’ont pas oublié.

Allons, tant qu’il y a de telles expositions et d’artistes pour interroger le monde, tout n’est pas perdu !

Pauvre spectacle

Donald Trump aime se mettre en scène. Aussitôt la passation de pouvoir terminée, il s’est rendu dans une salle de spectacle où l’attendaient 20 000 supporters exaltés pour signer ses premiers décrets. Le succès était assuré, d’autant plus que le premier accordait la grâce à 1500 auteurs des violences du 6 janvier 2021 au Capitole.

Trump a justifié leurs condamnations en prétendant qu’il s’agissait d’une grave injustice nationale. Au Far-West, tout est permis, même l’usage de la violence et du port d’arme. Ensuite, on compte les morts. Aux Etats-Unis, Trump exalte le culte de la force (celle des plus riches).

Le nouveau président a ainsi justifié une tentative de coup d’Etat. Sous les applaudissements du gratin fasciste international (et de Bernard Arnault et sa famille). 

Au total, Trump a annulé dès son entrée en fonction, entre une cérémonie, un dîner de gala et une apparition au milieu de ses fans, pas moins de 78 décrets de Joe Biden, touchant à tous les domaines et plus particulièrement la santé, le climat et l’immigration.

Trump, comme la droite française, est obsédé par l’idée du grand remplacement de la ‘’race blanche’’. On imagine Retailleau et Darmanin, Le Pen et Ciotti en transe comme les supporters du président américain et prenant des notes pour nous présenter des mesures identiques dans les prochaines semaines.

Dans son discours au Capitole, l’inculte Donald Trump a qualifié le droit du sol de ridicule ; Retailleau n’a pas dit autre chose à propos de Mayotte. Dans un cas, aux Etats-Unis, ce droit est inscrit dans le 14e amendement de la Constitution, ratifié en 1868 ; dans l’autre cas, en France, ce droit figure à l’article 21-7 du code civil depuis 1804. Les batailles juridiques et politiques risquent donc d’être âpres et difficiles. Les excités cyniques de la race blanche poursuivent néanmoins leurs croisades nauséabondes et mensongères en s’appuyant sur une opinion manipulée par des médias (notamment sociaux) déversant la haine et les fausses informations.

On assiste au même spectacle de chaque côté de l’océan Atlantique ; seule différence, le bateleur milliardaire américain est plus grossier que ses imitateurs français.

Changer de cap

La prétendue démocratie américaine a quelque chose de sidérant ; les élections se sont déroulées en novembre et la cérémonie d’investiture se déroule deux mois plus tard. Pourquoi si tard ? Trump, le fasciste impatient, n’a pas attendu pour prendre le pouvoir ; sa grande fête apparaît superfétatoire, sinon qu’elle permet la réunion de l’internationale fasciste (il y aura beaucoup de monde aux côtés du milliardaire).

Et la France dans tout ça ?

Elle a un premier ministre aussi menteur que les précédents. François Bayrou a lancé une concertation sur les retraites en manipulant les chiffres et en précisant que les discussions doivent être rapides et sans tabou.

Il a dit dans son discours de politique générale que « sur les plus de 1000 milliards de dette supplémentaire accumulés par notre pays ces dix dernières années, les retraites représentent 50 % de ce total. ». Les économistes sérieux se sont étouffés en l’entendant. L’ex-professeur de lettres sait compter, mais il sait encore mieux mentir.

Le Medef a applaudi l’autre mensonge du premier ministre. Si la concertation est sans totem, ni tabou, François Bayrou a tracé une ligne rouge : l’accord éventuel ne pourra pas coûter plus cher que le texte Barnier. Le patronat qui ne veut pas augmenter ses cotisations n’a donc aucun intérêt à conclure avec les syndicats.

La ficelle est grosse, trop grosse.

De quoi faire bondir la CGT qui a des idées pour augmenter les recettes du système de retraites par répartition comme mettre à contribution l’intéressement et la participation, augmenter de 0,5 point de la cotisation patronale, soumettre les revenus financiers à cotisations sociales, créer une contribution pour l’égalité femmes/hommes, etc. La centrale a calculé que ces mesures, si elles étaient adoptées dès maintenant, pourraient rapporter 40 milliards d’euros en 2025.

On est loin des mensonges de Bayrou. On est encore plus loin de la politique illibérale de Donald Trump. On est loin de la démocratie autoritaire et du fascisme.

Il serait temps de changer de cap pour qu’un grand vent démocratique souffle sur la planète.

Pauvre culture

Le choix de Rachida Dati pour occuper le fauteuil de ministre de la culture, rue de Valois, avait fait l’objet de nombreuses interrogations. Quoi ? Michel Barnier avait-il donc si peu de sollicitude pour la culture ? Quoi ? François Bayrou avait-il cédé à l’impétrante, si tendue vers la succession d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris ? Ou faut-il tirer la conclusion que la culture est sacrifiée ?

Rachida Dati compte si peu dans ce gouvernement où les priorités sont laissées à la droite extrême des Retailleau et Darmanin, qu’elle a vu son projet de budget à nouveau raboté par Bercy devant le Sénat. Contrairement à son engagement de préserver les crédits, la ministre a dû défendre un amendement du gouvernement actant une baisse de 130,5 millions de son enveloppe, dont 41,9 millions pour la création et 33 millions pour la ‘’transmission des savoirs et la démocratisation de la culture’’. La ministre devra faire passer les coupes sombres dans l’audiovisuel public, le patrimoine, le Pass Culture, etc.

L’Etat se désengage et compte sur le mécénat et le partenariat privé ; Rachida Dati ne dit rien, ne proteste pas ; elle applique. Pauvre ministère.

Faut-il rappeler à celle qui va incarner la mort de la culture, les discours d’André Malraux en octobre 1963 au Québec :

« La culture est l’héritage de la noblesse du monde. La seule force que nous ayons en face de l’élément de la nuit, c’est précisément tout ce qui, en nous, échappe à la mort. Et en définitive, la définition de l’œuvre d’art, c’est ce qui a échappé à la mort. Comprenez bien, jeunesse canadienne, que le destin de l’esprit dans le monde entier va se jouer maintenant, dans les vingt ou les trente prochaines années : ou bien, la civilisation acceptera de n’être pas autre chose que stimulus réflexe. Avec l’idée que ce qui fut loisir de la société bourgeoise, sera loisir de la société prolétarienne. Auquel cas, ce par quoi l’homme est homme, peut parfaitement disparaître ou s’amenuiser de telle façon que la civilisation change de nature. Ou bien, au contraire, ceux qui ont devant l’esprit la responsabilité qui est la vôtre, puisque vous êtes dans cette maison. Ceux-là auront compris qu’ils sont garants et témoins de la grandeur humaine et que c’est dans leurs pauvres mains que se trouve le destin du monde. »

Malraux était, lui, un authentique homme de culture et un ministre de De Gaulle, dont le parti politique de Rachida Dati se réclame encore.

L’héritage a été oublié. Pauvre culture !

Les copieurs

La copie présentée par Michel Barnier avait été sévèrement notée par les députés : 0/20. Son successeur a présenté une copie quasi identique au même jury. L’ex-professeur de lettres aurait dû savoir que les copieurs sont sévèrement sanctionnés ; son pensum a été gratifié d’un 0/20 pointé.

Drôle de jeu auquel s’adonnent les créatures choisies par Emmanuel Macron, qui ont tellement peu d’imagination qu’ils en sont réduits à se copier depuis des années en recopiant (mal) les mêmes livres des mêmes auteurs et à ressortir les mêmes enseignements des mêmes établissements.

Drôle de jeu, mais qu’on oubliera vite pour se plonger dans le Drôle de jeu de Roger Vailland autrement plus passionnant et plus brillant.

L’ex-professeur de lettres est aussi un piètre orateur (même quand il se perd dans ses feuillets) et le premier ministre un piètre politicien. On le savait ; on n’est pas déçu.

Il avait fait croire à l’un de ses examinateurs, le Parti socialiste, que la loi sur la réforme des retraites serait ou abrogée ou suspendue. Mais c’était sans compter sur les pressions de ses maîtres à penser, la droite et celle qui est encore plus extrême, puis celle du patronat

A croire que ces ‘’écoles’’ mettent des œillères à leurs étudiants !

La CGT a aussitôt tiré le signal d’alarme : François Bayrou est un authentique homme de droite, malgré son masque d’homme du centre, multipliant les promesses selon ses interlocuteurs. Mais, devant les députés, il a quitté le masque et prononcé une déclaration de politique générale qui ne tranche pas avec le discours et rappelé son allégeance au grand capital.

Avec François Bayrou, Emmanuel Macron est rassuré ; le maire de Pau appliquera une politique libérale dans tout ce qu’elle a d’antisociale. Les dogmes du parti de l’argent sont bien gardés par le groupuscule LR et les macronistes dont les ministres lorgnent ostensiblement vers le Rassemblement national, à l’image de Retailleau, Darmanin, Dati, Valls, Tabarot, etc.

Le Parti socialiste, lui, se déchire en trois tendances et tergiverse, retrouvant ses vieux démons. Au risque de perdre son électorat se réclamant de la vraie gauche. La peur de voir Macron démissionner et provoquer une élection présidentielle comme l’espère Jean-Luc Mélenchon n’a jamais fait une politique.

On assiste à la paupérisation de l’hôpital, de l’enseignement, des infrastructures, à l’explosion des licenciements, des faillites dans le petit commerce et dans l’artisanat, etc. A gauche, tout le monde s’accorde à dénoncer la situation et les reculs de la France, alors peut-on se permettre de tergiverser ?

Pour sauver la France et les Français, il faut se tourner vers d’autres écoles, c’est-à-dire se plonger dans les livres, aujourd’hui interdits, de ceux qui ont une autre lecture du monde.

Et les droits de l’Homme !

Le profond mépris d’Emmanuel Macron envers les privés d’emploi s’était exprimé en septembre 2018 quand il avait lancé à un jeune horticulteur au chômage : « Je traverse la rue, je vous en trouve (…) Si vous êtes prêt et motivé, dans l’hôtellerie, les cafés, la restauration, dans le bâtiment, il n’y a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu’ils cherchent des gens (…) Ils veulent simplement des gens qui sont prêts à travailler. Avec les contraintes du métier. »

Pour le président de la République (et toute la droite) les chômeurs sont des fainéants, des assistés qui se complaisent à vivre avec le RSA. C’est l’argument ressassé par toutes les droites jusqu’à la nausée !

Un pas a été franchi pour mettre un terme à ce qu’ils appellent l’assistanat en multipliant les réformes de l’indemnisation des chômeurs. Alors qu’ils sont désavoués dans les urnes, les réactionnaires de tout poil ont osé aller encore plus loin en faisant signer un contrat d’engagement prévoyant 25 à 20 heures d’activité non rémunérée à tout bénéficiaire du RSA. Ils ont osé parler ‘’d’accompagnement rénové des allocataires’’. 

Mais nous sommes en France et, si la démocratie est en lambeaux, il reste encore des institutions pour veiller. C’est le cas de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) qui vient d’infliger un camouflet au président de la République et aux réactionnaires. Dans une déclaration adoptée le 19 décembre dernier à l’unanimité moins une abstention, elle conclut en termes solidement étayés que « l’obligation d’heures d’activité en contrepartie du RSA porte atteinte aux droits humains ». Rien que ça !

La commission (qui n’est que consultative, évidemment) parle de carence méthodologique, de faire courir aux chômeurs plusieurs risques aux droits des personnes ; elle rappelle le droit à une insertion sociale et professionnelle librement choisie et à des moyens convenables d’existence, fondé sur la reconnaissance de la dignité.

Les mots ont été pesés pour dénoncer « fermement tout dispositif qui subordonne le versement d’un revenu minimum de subsistance à la réalisation d’une contrepartie » et « une relégation inacceptable des droits humains derrière les priorités économiques dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques sociales ».

Les conseillers du président de la République n’ignorent rien de tout cela ; néanmoins Emmanuel Macron a promulgué la loi sans hésitation. Le Parlement est entouré de juristes avertis ; néanmoins, députés et sénateurs ont voté la loi, sans honte.

Et les médias, si prompts à dénoncer les atteintes aux droits de l’homme hors de France, ne se sont guère mobilisés pour commenter la déclaration de la commission des droits de l’Homme ici, en France.

Les droits de l’Homme ne sont sans doute pas les mêmes ici et ailleurs ?

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