La Chouette qui hioque

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La solidarité en acte

Jean-François Cort, président de Médecins du monde, a la parole rare ; il n’est pas ‘’l’invité permanent des plateaux de télévision. La situation requiert de la part de tous les médecins bénévoles des interventions permanentes.

Alors quand le docteur Corty s’exprime, c’est que la situation est très grave. A la veille de Noël, il a déclaré : « C’est près de 350 000 personnes qui vivent à la rue, 4 millions de personnes qui sont mal logées au total, soit une augmentation de 150% en dix ans (…) De plus en plus de personnes vivent dans la rue avec des tableaux cliniques et des maladies chroniques qui sont difficiles à suivre dans ces conditions. »

Les négociations sur le budget de l’Etat ou de la Sécurité sociale l’ont amené à s’exprimé. Jean-François Corty estime en effet que « ce n’est pas à cause des patients si notre système de santé est en difficulté ». Lui, au contraire plaide pour un accès aux soins universel et durable, alors que « la précarité s’accentue, et que les chiffres sont là pour le prouver ».

Son cri d’alarme sera entendu par quelques-uns, mais pas par le Rassemblement national et ses alliés, par Retailleau et bien d’autres (y compris le président de la République qui ne voulait plus de SDF dans la rue) pour qui les pauvres sont pauvres et sont appelés à le rester ; les précaires doivent rester encore plus précaires et les immigrés renvoyés dans leurs pays.

Heureusement qu’il y a encore des humanistes dans notre pays pour fustiger leur politique néolibérale.

Le Roy le veult

Preuve que nous ne sommes plus vraiment dans une démocratie, Emmanuel Macron vient de déclarer à Abou Dhabi : « J’ai décidé de doter la France d’un nouveau porte-avions ».

Peu de temps avant son départ de l’Elysée (moins de 18 mois), alors que la France n’a pas de budget et que sa dette n’en finit pas de gonfler (près de 3500 milliards), le président se permet de gaspiller l’argent en faisant les poches des citoyens (à l’exception des ultra-riches).

La situation est ubuesque ; on pourrait en rire si la situation n’était pas aussi dramatique. Macron, comme d’habitude, a ignoré le Parlement.  Plus scandaleux encore, il n’a pas un mot pour ces dizaines de fermetures d’usines, ces milliers qui perdent leur emploi en cette fin d’année. Il n’a pas un mot pour les enseignants, les soignants, les métallos, mais son épouse parle peut-être pour lui en traitant des féministes de ‘’sales connes’’.

Le dédain et l’insulte sont la marque du couple présidentiel. Hier, ou presque, c’est lui qui traitait les ouvrières d’un abattoir d’analphabètes. 

Bref, nous vivons dans un drôle de monde, avec un tel président, hors-sol comme on dit.

En 1789, c’était : « Le Roy le veult », aujourd’hui, c’est « J’ai décidé ».

Ce mépris pour les citoyens, on sait comment cela s’est terminé.

On tue

Le mercredi 17 décembre, l’armée américaine a annoncé avoir détruit un bateau lié au trafic de drogue dans la mer des Caraïbes : « Au total, quatre narcoterroristes ont été tués ». L’opération a été menée comme les précédentes dans les eaux internationales, si bien que le bilan, depuis le mois de septembre, est d’une centaine de supposés narcotrafiquants tués par l’armée de Trump. Sans preuves.

Le président américain s’enorgueillit de ce bilan et en profite pour annoncer l’envoi de troupes en Equateur.

L’ONU s’offusque de cette politique, Trump regarde ailleurs et poursuit sa prétendue opération contre le trafic de drogues, accusant Nicolas Maduro d’être à la tête d’un réseau.

Trump joue les shérifs et réhabilite les tueries du Far West, en toute impunité.

Il ne faut donc pas attendre de lui qu’il condamne les tueries en Cisjordanie, en Ukraine, en Afrique et ailleurs. La plus grande puissance planétaire et son génial président donnent l’exemple de cette époque sans ordre public, l’époque des hors-la-loi armés, des bons blancs contre les méchants Peaux-Rouges.

La politique de Trump n’est pas du cinéma ; aujourd’hui on tue.

Elle est pas belle la civilisation selon les milliardaires et du locataire de la Maison Blanche ?

Attention, danger

La Commission européenne vient de repousser l’interdiction de vendre des voitures thermiques neuves à partir de 2035. Cette mesure s’ajoute à d’autres décisions affaiblissant le ‘’pacte vert’’. On s’attend aussi à ce que les gouvernements donnent l’autorisation à Ursula von der Leyen de signer le Mercosur.

Autant de victoires pour les pollueurs, les lobbies, les grands groupes industriels, ainsi que pour Emmanuel Macron dont on connaît la profonde aversion pour l’écologie et la proximité avec les dirigeants des oligopoles.

Par un pur hasard, j’ai retrouvé un numéro du Monde daté du 28 décembre 1988 ; deux titres de la rubrique ‘’Sciences et médecine’’ ont attiré mon attention : Terre : l’effet de serre’’ et ‘’Planète en danger’’. Déjà.

La Commission européenne a-t-elle conscience de la gravité des décisions qu’elle vient de prendre ?

Dans ‘’Planète en danger’’, on pouvait lire : « En France, ceux qui sonnent le tocsin à ce propos sont considérés comme des fous ou de doux rêveurs, bref des ‘’écolos’’ qui prennent plaisir à gâcher la quiétude des autres. » Emmanuel Macron, lui, les traite d’amishs.

Dans ‘’Terre : l’effet de serre’’, on pouvait lire : « Notre Terre est ‘’une’’. Elle est un monde clos, c’est-à-dire que les équilibres – ou plutôt les déséquilibres oscillant autour de valeurs moyennes – sont essentiels au développement et même à la survie de l’humanité : de faibles changements des températures et des précipitations pourraient suffire, en effet, à bouleverser la production agricole et à faire monter le niveau général des mers. » Donald Trump, lui, nie encore l’évidence.

Les doux rêveurs écolos et les scientifiques ont tiré le signal d’alarme. Mais le capitalisme n’entend rien quand on veut s’en prendre à ses modes de production et à ses profits. Et il s’impose aux politiques qui leur doivent tout.

C’était en 1988 ; c’est hier et c’est hélas la réalité aujourd’hui.

Cœur noir

Silvia Avallone, je l’ai déjà écrit, est l’une de mes autrices préférées. Son sens de la narration, sur fond de chronique sociale, est intelligent. Dans son dernier roman, Cœur noir, elle excelle également dans le suspense avec la rencontre de deux êtres marqués par la solitude et un lourd secret de drame familial. Elle sait donc se renouveler sans abdiquer ce qui a fait qu’elle est une autrice hors du commun.

Ce qui, chez d’autres, aurait viré rapidement à la romance, devient une histoire formidable ; les deux protagonistes tombent amoureux, mais Silvia Avallone sait en faire un des ressorts de sa description de la vie aujourd’hui, de ses drames, de ses joies, dans ses rires, dans ses larmes.

Leur secret respectif se dévoilera au fil des pages ; l’autrice se révèle aussi maîtresse dans leur dévoilement progressif. Histoire d’amour ? Pas seulement ; histoire de la vie quotidienne de deux personnages qui ne savent plus s’ils ont été acteurs responsables de leurs actes ou victimes des événements qui ont marqué leur adolescence.

Leur rencontre les entraînera finalement à avouer leur lourd secret et à permettre leur rédemption. Le beau roman de Silvia Avallone pose beaucoup de questions, notamment sur la résilience, sur cette société qui n’aime pas les marginaux, sur le pardon, etc.

Il y a des pages sublimes dans ce roman, très bien écrit (comme à l’habitude chez Silvia Avallone). D’autres moins. Mais on s’attache aux personnages de Bruno et Emilia, comme on s’était attaché aux précédents.

Décidément, Silvia Avallone est une des meilleures autrices de la littérature italienne d’aujourd’hui.

Financiarisation du football

Le football se joue aujourd’hui autant avec un ballon qu’avec le fric. Le plus bel exemple, en France, en est le PSG, propriété du fonds d’investissement du Qatar, QSI.

La Fédération internationale et son président Gianni Infantino viennent de donner un coup d’accélérateur à la prise du pouvoir par l’argent-roi.

Il a déjà permis à 48 équipes (au lieu de 36) de participer à la prochaine Coupe du monde, organisée aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, augmentant ainsi le nombre de rencontres et donc de retransmissions télévisées et de messages publicitaires. Aujourd’hui, il détourne l’une des revendications des joueurs appelés à jouer autour de midi en plein été, à savoir pouvoir s’hydrater en arrêtant les rencontres pour ce qui a été baptisé ‘’pause fraîcheur’’. Infantino a autorisé ce découpage des rencontres en quatre, comme au basket-ball, permettant ainsi la diffusion de nouveaux spots publicitaires.

La démarche est diabolique.

Gianni Infantino règne, hélas, en despote sur la FIFA. Il a même multiplié les gestes d’allégeance à Donald Trump. Il lui a décerné dans des conditions ténébreuses et mystérieuses le Premier Prix de la Paix de la FIFA dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche ; la ‘’cérémonie’’ était grotesque et Trump franchement ému. On ne sait pas si ce prix l’a consolé de son échec au prix Nobel de la Paix.

Le président américain est totalement ignorant des choses du football ; sa dernière trouvaille, exiger des visiteurs étrangers exemptés de visas qu’ils fournissent l’historique de leur activité sur les réseaux sociaux et numéros de téléphone des cinq dernières années, ainsi que noms, dates et lieux de naissance des parents, a déjà rafraîchi les supporters des pays soumis à ce régime d’inquisition. Mais cela ne semble pas avoir troublé Gianni Infantino.

L’argent des sponsors et les droits de retransmission compenseront largement l’absence de supporters dans les stades américains. Le football selon Infantino peut se jouer sans spectateurs, l’argent coule à flot.

A n’importe quel prix !

Pour une télévision (vraiment) pluraliste

Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions, a répondu aux questions des journalistes du Figaro avant d’être auditionnée par la commission d’enquête sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public de l’Assemblée nationale.

Elle s’est tout d’abord défendue des accusations portées par les médias de Bolloré en affirmant : « Nous ne sommes pas contre CNews. Je n’ai jamais plaidé pour sa fermetureSimplement, nous ne faisons pas le même travail. Nous ne cherchons pas à fabriquer de l’opinion, simplement à informer, c’est le devoir du service public. »

On n’en attendait pas moins de la part d’une présidente qui a été reconduite à la tête du service public.

En revanche, ses propos suivants sont ahurissants : « Il y a aujourd’hui des chaînes d’opinion, il faut arrêter de tourner autour du potPourquoi ne pas accepter, comme dans la presse, qu’il existe des titres de sensibilités politiques de gauche, du centre, de droite, d’extrême gauche ou d’extrême droite ? Cela fonctionne très bien. Cette évolution correspond à une transformation de la société. Appliquer la règle du pluralisme dit “externe” à la télévision serait plus clair pour le public. On saurait d’où chacun parle. »

Mme Ernotte Cunci a tort et, en tant que spécialiste de l’audiovisuel, elle sait pourquoi. La grille d’une chaîne de télévision coûte très cher et tous les courants de pensée ne sont pas en capacité de supporter de tels coûts. En revanche, les coûts de fabrication de la presse écrite sont moins élevés ; néanmoins, l’Etat participe au maintien du pluralisme en attribuant des aides à la presse (sur lesquelles les critiques sont hélas nombreuses).

De plus, les fréquences radioélectriques étant limitées, toutes les familles de pensée ne peuvent pas avoir accès aux canaux existants. C’est pourquoi le Conseil constitutionnel a rappelé que « le respect du pluralisme (…) condition de la démocratie » suppose que les chaînes de télévision s’engagent à assurer l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinions, ainsi que l’indépendance de l’information.

Si les chaînes du groupe Bolloré se permettent de fouler aux pieds leurs engagements, c’est en raison d’un dysfonctionnement de l’ARCOM. La présidente de France Télévisions sait tout cela ; c’est pourquoi ses déclarations au Figaro font courir un risque de renforcer la détermination du magnat breton de convertir davantage ses chaînes en pourfendeur du pluralisme, de la laïcité, de la recherche scientifique, de la démocratie et de la République.

Mme Ernotte Cunci ne parle pas à tort et à travers ; on peut en conclure qu’il se trame des scénarios dangereux dans les couloirs du pouvoir.

Laïcité et liberté

Ligue des droits de l’homme, Ligue de l’enseignement, Union rationaliste, Solidarité laïque, Libre pensée et Vigie de la laïcité ont signé une tribune à l’occasion du 120e anniversaire de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, exhortant les citoyens à retrouver le sens de la laïcité et à combattre pour une laïcité de liberté.

Leur tribune, après avoir rappelé que la loi du 9 décembre 1905 « trouve son origine dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 », redit que la loi « consacre d’abord la liberté de conscience, considérée dans sa double dimension individuelle et collective. », avant de constater que « Or, au cours des trois dernières décennies, le régime de laïcité a subi un dévoiement de ses principes originels : il était hier un dispositif de protection de la liberté individuelle ; il est devenu un appareil de défense de la prétendue « identité nationale ». « A la laïcité de l’autonomie s’est substituée celle de la surveillance. Le refus d’accepter l’ouverture de la société actuelle à la pluralité de ses composantes culturelles a conduit à une instrumentalisation de la laïcité – contrant ainsi l’éthique universaliste de la République, et révélant une conception identitaire, et parfois ethnique, de la nation. Ce nouveau modèle a pris une nouvelle forme juridique, à travers une succession de lois et de règlements qui ont trouvé leur consécration limitative dans la loi du 24 août 2021 visant à ‘’conforter le respect des principes de la République’’ ».

Les signataires dénoncent la ‘’nouvelle laïcité’’ qui a réduit la sphère de la liberté : « En agitant le chiffon rouge du « séparatisme », en faisant valoir auprès de certains de nos compatriotes leur « devoir d’émancipation », en se faisant en cela le gardien des bons comportements, l’Etat est entré dans des domaines qu’il laissait jusque-là entièrement libres. Il intervient ainsi en réglementant le port du vêtement. Il soumet les collectivités locales à des contrôles inédits sur les questions religieuses et convictionnelles. Il réduit le champ d’autonomie à la fois des associations cultuelles et des associations ordinaires. Malgré le principe de séparation, la loi du 24 août 2021 va ainsi jusqu’à offrir la possibilité aux préfets de refuser à certaines la qualité d’associations cultuelles, les obligeant par ailleurs à de lourdes démarches administratives, renouvelables tous les cinq ans, qui menacent leur pérennité. »

Les organisations fixent trois objectifs : refaire droit à la liberté de conscience, reconstruire l’indépendance de la sphère politique, enfin, renouer avec l’idée de droit social, rappelant fort opportunément que : « il ne peut y avoir de réelle liberté indépendamment de l’amélioration des conditions matérielles dans lesquelles se déploient les existences individuelles. »

Le texte de cette tribune est publié à un moment où les forces obscurantistes n’ont jamais été aussi présentes et agressives, avec des relais jusqu’au gouvernement. Il est donc d’autant plus nécessaire de s’opposer à l’obscurantisme et de ne rien lui céder.

Les nouveaux croisés

Les Bruno Retailleau, Pierre-Edouard Stérin font école : c’est le Monde qui nous apprend que « Des calvaires, récemment installés sur le domaine public de communes dans les Alpes-Maritimes, les Hautes-Alpes et en Corse, parfois avec le concours de mouvements identitaires, réveillent de vieux antagonismes liés à l’application de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. »

Le curé de la paroisse de Saint-Jeannet, le père Guy Largillière s’en émeut : « On assiste au retour d’un christianisme identitaire. Des gens rêvent d’un passé qui n’existe plus. L’Eglise a été très puissante, elle ne l’est plus, et c’est très bien ainsi. »

Guy Largillière doit prendre garde ; avec de telles remarques, il risque l’excommunication de la part des fous de Dieu qui, effectivement, rêvent d’un passé qui n’existe plus. Mais rêvent-ils seulement ? Ils sont très actifs, parfois violents et ils préparent l’avènement, non pas de Dieu, mais d’un pouvoir blanc, masculiniste, obscurantiste ; ils travaillent au rapprochement des droites et de l’extrême droite.

Il serait suicidaire de croire qu’ils ne présentent aucun danger pour la démocratie, pour la laïcité et le progrès social.

Ils sont partout et leur engagement réactionnaire leur ouvre toutes les portes des médias, majoritairement détenus par des milliardaires sans scrupules, mais pas sans foi, à l’image de Vincent Bolloré, Pierre-Edouard Stérin, Bernard Arnault, etc.

Alexandre Devecchio, le journaliste qu’on peut voir ou entendre ou lire dans tous les médias, du Figaro, à Europe 1, en passant par LCP-Assemblée nationale (et son émission Controverse), sur Sud-Radio,etc., a choisi Europe 1, par exemple, pour voler au secours de Bernard Arnault et dénoncer l’émission Cash Investigation (France 2), où il a pu déclarer : « La gauche est anti-riche depuis très longtemps, mais elle est de plus en plus anti-France. Et je crois que le fait qu’il [Bernard Arnault] soit en plus un emblème de la France les dérange. Ils veulent décidément détruire tout ce qui fait la grandeur de ce pays. »

L’extrême droite est en guerre contre la gauche, le progrès social et ce que Devecchio a qualifié « d’immigration désintégrée ».

Ces réactionnaires font courir un grave danger au pays de la liberté. Les oppositions à ces fous est insuffisante ; elles doivent gagner numériquement mais aussi en actions, comme l’ont fait des centaines de syndicalistes du spectacle le 4 décembre dernier, mobilisés pour entraver la Nuit du bien commun de Paris, organisé aux Folies Bergère (propriété de Bolloré) par Stérin.

Les ‘’croisés’’ ne vont plus guerroyer en Terre sainte comme au Moyen Âge ; aujourd’hui, c’est en France qu’ils ont décidé d’imposer leur régime et leur foi, avec des moyens considérables.

Alors ? On riposte ?

L’arroseur arrosé

D’accord, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ; mais, parfois, il y a des retournements de situation qui ne grandissent pas les intéressés.

Le 1er mars 2017, le candidat Emmanuel Macron avait reçu un œuf sur la tête en plein Salon de l’agriculture. Le futur président avait alors parlé de folklore. Les rieurs, eux, étaient nombreux à se gausser de la péripétie. Parmi eux, Jordan Bardella qui, voulant manier l’humour avait publié sur Twitter (pas encore X) : « Quoi de n-œuf @Emmanuel Macron. » Un jeu de mots digne du parti raciste.

Aujourd’hui, c’est le jeune loup du parti de Marine Le Pen qui a reçu un œuf sur la tête au cours d’une séance de dédicace. En revanche, il n’a pas parlé de folklore et le lanceur d’œuf sera jugé.

Bardella, chevelure toujours parfaitement gominée, a pris un ton sévère pour se déclarer « extrêmement inquiet de voir un climat de plus en plus violent s’installer dans notre pays, une brutalisation du débat démocratique », accusant au passage l’extrême gauche et le mouvement de Mélenchon.

Tête haute et toute honte bue, il a cru intelligent de rajouter : « A chaque fois qu’un adversaire a été attaqué, je me suis toujours exprimé pour prendre sa défense car je ne supporte pas la violence. »

Propre sur lui, Bardella, mais mémoire courte.

Quand Sophie se sent injuriée

Sophie de Menthon a vécu (77 ans quand même !), mais elle préside encore une organisation patronale qui se dit éthique. Elle revendique le franc-parler et elle l’a pratiqué à de nombreuses reprises.

Elle a eu le culot de trouver ‘’sympa’’ pour une femme de se faire siffler dans la rue. Bonjour la délicatesse et le respect.

Quand Dominique Strauss-Kahn a eu des démêlés avec la police américaine, elle a eu encore le culot de dire à propos de Nafissatou Diallo : « C’est ce qu’il lui est arrivé de mieux ». Cette saillie lui avait valu d’être évincée de l’émission Les Grandes gueules sur RMC.

Elle avait également justifié l’emploi fictif de Pénélope Fillon, jugeant nécessaire de « boucler artificiellement les fins de mois ou d’arrondir le budget familial ». Toujours aussi culottée Sophie de Menthon !

A défaut d’avoir des occasions de faire parler d’elle, voilà qu’elle a porté plainte contre Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, qui, sur RTL, avait qualifié les patrons de « rats qui quittent le navire », dont « le seul objectif est l’appât du gain ».

Sophie de Menthon estime ces propos « particulièrement injurieux », portant sur les patrons un « jugement de valeur négatif qui entache nécessairement leur honneur et leur réputation ».

En matière d’injures, Sophie de Menthon est une authentique spécialiste ; pourtant ses injures, autrement plus salaces, ne l’ont jamais amenées devant un juge.

La patronne qui se drape aujourd’hui dans la dignité ne se trompe pas d’adversaire ; en digne politicienne proche de l’extrême droite (elle pige à Valeurs actuelles) elle poursuit la secrétaire de la CGT. Elle n’a pas perdu son instinct de classe et son mépris pour les travailleurs.

Les patrons et les patronnes osent tout ; c’est même à ça qu’on les reconnaît, comme le notait Michel Audiard dans la célèbre réplique des Tontons flingueurs.

Nicolas vide le lave-vaisselle

Dans une chronique au Monde, Guillemette Faure s’en prend à Nicolas Sarkozy. De (très) belle manière. Bravo.

Son libelle commence ainsi :

« Dostoïevski avait écrit Le Joueur en vingt-sept jours. Jack Kerouac a gratté son célèbre Sur la route en trois semaines. Georges Simenon, lui, dégainait un Maigret en une dizaine de jours, plus trois pour les relectures. L’ancien président Nicolas Sarkozy vient de pulvériser leurs records, annonçant l’arrivée en librairie des 216 pages de son Journal d’un prisonnier (Fayard) le 10 décembre, soit cinquante jours après le début de sa détention. Incarcération, temps d’écriture, d’édition et d’imprimerie compris. »

Comme elle l’écrit quelques lignes plus loin, « L’ancien président inaugure un nouveau genre, spécial sortie de prison. »

La chroniqueuse a eu l’idée lumineuse d’allé voir sur les réseaux sociaux et a relevé les remarques les plus drôles (façon de se payer la tête du petit Nicolas) ; j’en ai retenu une qui prouve que, devant la goujaterie, il y a encore de la place pour l’humour : « Il fait 20 jours de prison et il en fait un livre. C’est comme si je sortais un essai féministe parce que j’ai vidé le lave-vaisselle. »

Sarkozy et son éditeur, Vincent Bolloré, n’ont aucune fierté ; ils sont prêts à tout dans ce monde pourri ! Mais l’esprit gaulois souffle encore.

Quel cinéma !

Le scénario a été souvent repris au cinéma : des détenus scient les barreaux de la cellule avec une lime, nouent leurs draps pour franchir le mur d’enceinte de la prison et s’évadent.

Mais c’était le scénario du cinéma en noir et blanc, de ces films policiers intelligents qui, déjà, dénonçaient les conditions carcérales.

En lisant les conditions d’évasion de deux détenus de la prison de Dijon, j’ai cru revoir l’évasion de Gu (Lino Ventura) au début de ce qui est sans doute le meilleur film de Jean-Pierre Melville, Le deuxième souffle. C’était en 1966.

Depuis, les taulards ont changé leurs méthodes d’évasion, jusqu’à utiliser un hélicoptère, une prise d’assaut à coups d’explosifs, les déguisements, etc.

Ce retour à des méthodes anciennes pose des questions sur la situation des prisons françaises. Surtout quand on ajoute que les fugitifs de Dijon sont sortis par la porte d’entrée principale de la prison.

Les prisons, justement, sont surchargées et ne respectent plus les droits de l’homme. Les matons ont dénoncé les conditions de détention.

On savait que l’école, l’hôpital, les transports, bref tous les services publics, étaient à l’agonie avec des personnels désabusés.

L’évasion de Dijon vient de nous rappeler ce triste bilan de la France de 2025 et ce n’est plus du cinéma.

Révolution copernicienne

Dans le tumulte de notre monde, il est parfois difficile de faire la part du bien et du mal. Le paysage n’est pas beau à voir au lendemain d’une COP qui a failli ; ceux qui gouvernent sont souvent pitoyables quand on observe avec un peu d’attention ce qui se passe dans les édifices de pouvoir, de la Maison Blanche au Kremlin, du Palais-Bourbon au Palais du Luxembourg, de Bruxelles à Strasbourg.

Le paysage est désolant. Un ex-président brésilien est en prison pour longtemps et un ex-président français est condamné une nouvelle fois.

Comment en sommes-nous arrivés à cette situation où même ceux qui sont censés nous protéger et nous conduire vers un avenir meilleur nous ont menti et abusé.

Comme souvent, dans ces moments d’accablement devant tant de noirceur, je me replonge dans les lignes écrites par José Saramago, avec lequel je suis de plus en plus en communion spirituelle.

En 2008, déjà, il notait dans son prodigieux Cahier :

« Nous vivons dans une société qui semble avoir fait de la violence un système de relations. La manifestation d’une agressivité qui est inhérente à l’espèce que nous sommes, et que nous pensions avoir contrôlée avec le temps par l’éducation, a surgi brutalement des profondeurs au cours des vingt dernières années dans tout l’espace social, stimulée par des formes d’oisiveté qui ont tourné le dos au simple hédonisme pour se transformer en agents conditionneurs de la mentalité même du consommateur : la télévision tout d’abord, où des imitations de sang de plus en plus parfaites jaillissent à toute heure du jour et de la nuit, les jeux vidéo, qui sont comme des manuels d’instruction pour atteindre la parfaite intolérance et la parfaite cruauté, et, parce que tout cela est lié, les avalanches de publicité de services érotiques auxquels les journaux, y compris les mieux pensants, souhaitent la bienvenue, tandis que dans leurs pages sérieuses – y en a-t-il ? – ils abondent hypocritement en leçons de bonne conduite pour la société. »

Aujourd’hui, il aurait ajouté les méfaits des réseaux sociaux.

Quand je vois les gesticulations inquiétantes d’un parti qui se prétend Républicain (avec des dirigeants comme Retailleau et Wauquiez) s’en prendre à une religion qui n’est pas la leur ; quand je vois les gesticulations de matamore du ministre de la justice ; quand je vois défiler la liste immense des féminicides ; quand je vois les dégâts provoqués par les pourvoyeurs de drogues ; quand je vois la droite priver les librairies, les théâtres et les spectacles culturels de subventions ; etc. Quand je fais donc le bilan, j’éprouve un sentiment de honte et de révolte.

Il est temps de jeter les vieux dogmes du capitalisme et de son libéralisme économique et financier, de réhabiliter la Déclaration des droits de l’Homme, pour revenir au gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Quelle connerie la guerre !

Le général Fabien Mandon est chef d’état-major des armées. Sa parole est rare. Son discours devant le congrès des maires de France n’était nullement improvisé ; sans doute le militaire avait-il reçu l’accord préalable d’Emmanuel Macron. Pourrait-il en être autrement ?

L’entendre déclamer que la Russie ne s’arrêterait pas à l’Ukraine et qu’elle préparait une « confrontation pour 2030 avec nos pays et les membres de l’OTAN » relève du pur fantasme. On est reparti dans la guerre froide et dans le délire de voir les Russes envahir Paris.

On peut penser que le général était en mission commandée par Macron pour justifier l’augmentation du budget des armées comme l’a réclamé Trump.

Mais, Fabien Mandon est allé plus loin dans le délire belliciste en faisant référence au nécessaire réarmement moral en disant : « Nous avons tout pour dissuader Moscou. Ce qu’il nous manque, c’est la force d’âme pour accepter de nous faire mal pour défendre la Nation. (…) Il faut accepter de perdre nos enfants, de souffrir économiquement. Si nous ne sommes pas prêts à cela, alors nous sommes en risque. »

Ah, invoquer la force d’âme pour accepter de perdre nos enfants ! Quelle bêtise. Qui accepterait en 2025 de se sacrifier pour sauver la patrie avec la force de l’âme. On se croirait revenu aux heures les plus sombres de l’humanité.

Qui osera déclarer fièrement, aujourd’hui, « général, nous voilà ! ». Quels parents accepteront d’enterrer leurs chers enfants, fiers du devoir accompli ?

Alors que la pauvreté gagne chaque jour du terrain, qui pourra accepter de nouveaux sacrifices pour la gloire d’une prétendue « armée de référence ».

Aux ‘’va-t-en-guerre’’ adressons leur les paroles du Déserteur de Boris Vian et le poème Barbara de Jacques Prévert.

Osons reprendre avec tous les pacifistes du monde, Quelle connerie la guerre !

Où est le service public ?

Les richesses des ultra-riches sont dans l’actualité, alors on en parle. Oui, mais comment ?

Léger retour en arrière : on est le mercredi 19 novembre sur franceinfo et Sonia Chironi anime une tranche d’actualité baptisée ‘’Tout est politique’’. Effectivement, tout est politique et on va en avoir la preuve. Au programme : ‘’Taxe : les ultra-riches toujours plus riches’’.

C’est alléchant. Mais pas pour longtemps ; car les débatteurs réunis pour l’occasion sont tous, euh, de droite : Denis Masseglia, député macroniste, Sylvie Pierre-Brossolette, éditorialiste du Point (appartenant à Pinault), Antoine Oberdorff, journaliste à L’Opinion (dans son actionnariat on retrouve Bernard Arnault et la famille Bettencourt), et Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste patentée du libéralisme et chien de garde du service public.

De débat entre ces complices il n’y en eut pas ; tous, à l’unisson, défendant le statut des ultra-riches. Il fallut l’irruption d’un professeur de Sciences Po, Lucas Chancel, pour donner un peu de piment à une conversation polie entre copains ; mais l’intrus fut vite submergé par le quatuor des défenseurs des ultra-riches.

Ce prétendu débat fut une honte pour le service public. D’un service public qu’il faut néanmoins défendre avec véhémence pour s’opposer à sa privatisation, à Dati, à Le Pen et Macron.

On n’attendra rien, non plus de l’émission L’Evénement, animée par Caroline Roux sur France 2 si on en juge par le contenu du communiqué diffusé par la chaîne : « Avec la suspension de la réforme des retraites, plus que jamais la question du financement de l’Etat providence se pose. » Face à la droite et l’extrême droite (tous des hommes) rassemblées autour de Gabriel Attal (EPR), Laurent Wauquiez (LR) et Jean-Philippe Tanguy (RN), les représentants de la gauche, Sandrine Rousseau (Ecologistes) et Clémence Guetté (LFI), auront du mal à faire entendre leurs arguments en défense du modèle social français.

Le service public a joint sa voix à celles des chaînes privées pour démontrer, avec le grand patronat, que, décidément, notre modèle social est une entrave à notre économie ; il est désuet comme le serine le Medef depuis plus de vingt ans.

Avec un tel service public, les ultra-riches peuvent dormir profondément ; quant à Gabriel Zucman ou Lucie Castets, leurs interventions sont de plus en plus rares.

Alors, oui, où est le service public ?

Lire Gabriel Zucman

C’est un petit ouvrage, d’un peu plus de 40 pages ; le format de la collection Libelle du Seuil est également petit (il tient dans une poche). Mais son contenu est explosif et d’une rare clarté.

Il est l’œuvre de Gabriel Zucman, ce grand économiste, dont les idées sur la création d’un impôt plancher pour les ultrariches sont apparues iconoclastes aux députés de droite et même à ceux du Parti socialiste. Son titre résume les raisons pour lesquelles tous les tenants du libéralisme s’y opposent : « Les milliardaires ne paient pas d’impôt sur le revenu et nous allons y mettre fin ».

Gabriel Zucman est le diable pour une poignée d’ultrariches ; il ose écrire : que « l’impôt plancher constituerait bien sûr une petite innovation dans l’organisation de la solidarité nationale, et on peut comprendre que les personnes concernées s’y opposent avec toutes les armes à leur disposition ». A commencer avec les médias qu’ils contrôlent.

Car, Zucman a fait des recherches longues et semées d’embûches pour arriver à la conclusion que « Il est temps de parachever la création de l’impôt sur le revenu, immense progrès démocratique du début du XXe siècle, en y faisant entrer les milliardaires qui n’y ont, en réalité, jamais été assujettis. Conclure cette révolution est nécessaire pour mettre en application nos principes fondamentaux d’égalité devant l’impôt, inscrits dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ».

La démonstration de Gabriel Zucman est limpide et facile d’accès. Il faut donc lire son Libelle, de toute urgence et en faire une arme de conquête pour l’égalité devant l’impôt et refuser les mesures austéritaires du budget et de la loi de finance de la Sécurité sociale.

Une urgence au lendemain de la publication par l’INSEE de son étude annuelle, ‘’Portrait social de la France,’’ dans lequel on peut lire que l’écart se creuse entre les Français : le revenu moyen des foyers à très hauts revenus a plus que doublé (+ 119 %), une hausse 2,6 fois plus forte que pour le reste des foyers fiscaux (+ 46 %) entre 2003 et 2022. 

Les deux mondes

Emmanuel Macron a la folie des grandeurs et il ne manque aucune occasion pour s’entourer du ‘’gratin’’ mondial. C’est dans ce contexte qu’il avait imaginé ‘’Choose France’’ pour réunir les plus grands groupes planétaires, au château de Versailles, à la veille du Forum de Davos. En toute modestie.

Les investissements espérés n’ont pas été honorés et la France s’enlise dans une phase de désindustrialisation sans précédent.

Alors la grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf a revu ses ambitions ; il vient donc d’organiser ‘’Choose France’’ pour les groupes français seulement. Les ambitions sont nettement revues à la baisse ; Emmanuel Macron joue désormais ‘petit bras’’.

L’édition Choose France s’est donnée pour ambition de valoriser les entreprises françaises qui produisent, investissent et achètent en France. La réunion a quitté Versailles pour la Maison de la Chimie. Les annonces tonitruantes ont fait place à de modestes communiqués de 9,2 milliards d’euros. Une goutte d’eau.

Cela n’a pas empêché Macron de plastronner et les médias aux ordres de faire une large place à ce modeste événement en forçant le trait. Un seul investissement, de l’entreprise Opcore, filiale du groupe Iliad, dirigé par Xavier Niel, représente en effet près de la moitié de toutes les annonces : 4 milliards seront mobilisés pour ériger un data center sur le site de l’ancienne centrale thermique de Montereau, sans se soucier des dégâts environnementaux occasionnés (consommation d’énergie et d‘eau, émissions de gaz à effet de serre).

L’annonce de la création de ce data center a presque éclipsé la catastrophe du groupe Novasco, dont un seul site a été sauvé par le tribunal de commerce, celui de Dunkerque. Le data center de Montereau ne consolera pas les 549 salariés de Novasco qui sont donc aujourd’hui sans travail.

Macron a pu agiter son hochet ; le patronat, lui, a pu lui rappeler tout le mal qu’il pense du décalage de l’application de la réforme des retraites et le premier ministre a pu rassure le gratin des entrepreneurs en leur promettant que certaines taxes votées par les députés n’auront jamais d’application.

Bref, c’est la chienlit, mais pour les salariés. Les riches et Macron, eux, font ripaille

Géométrie variable

Alix Bouilhaguet, ex-rédactrice en chef de L’Emission politique sur France 2, avait osé affirmer à Manuel Bompard, député de la France insoumise, que Zohran Mamdani, le nouveau maire de New York n’avait pas condamné les crimes du Hamas le 7 octobre.

La journaliste, toujours agressive avec la gauche et plutôt conciliante avec la droite, a été démentie par le député et par sa hiérarchie.

Une telle faute de la part d’une journaliste chevronnée et enseignante à l’institut français de presse, est insupportable ; sans doute pas innocente.

Toutefois, elle était à nouveau à l’antenne de franceinfo et France Inter le dimanche 16 décembre dans Questions politiques pour interroger Jean-Noël Barrot, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères. Où elle fut égale à elle-même : complaisante avec la droite.

En septembre, Patrick Cohen et Thomas Legrand, avaient été enregistrés à leur insu dans un restaurant et accusés après la divulgation d’un grossier montage par un groupuscule d’extrême droite. Aussitôt, Adèle Van Reeth, directrice de France Inter, avait retiré Thomas Legrand des ondes.

Quelle conclusion tirer de ces deux événements ?

Recul social et écologique

Une coalition d’organisations non gouvernementales, ‘’Kick Big Polluters Out’’ (KPBO, qui signifie ‘’Mettez les gros pollueurs à la porte’’) vient de secouer la COP 30 au Brésil.

Les ONG en question ont fait part de leur irritation : la COP est envahie par les lobbyistes, notamment ceux qui représentent les groupes des énergies fossiles.

Ces lobbyistes interfèrent dans les débats et les négociations et, souvent, ne sont pas déclarés comme tels ; KPBO dénonce leurs agissements et Greenpeace France appelle à mettre un terme dans ce conflit d’intérêts, en exigeant que « les entreprises ne puissent pas participer aux délégations des États et qu’elles n’aient que le statut d’observateur. »

Le poids des lobbies se mesure aussi à Bruxelles et à Strasbourg. Le Parlement européen vient de voter une directive dite Omnibus, regroupant différentes mesures visant à ‘’simplifier’’ les exigences du Pacte vert européen, adopté en 2024.

Cette directive est le résultat du rapport Draghi, qui prétendait que la perte de compétitivité des entreprises européennes était accentuée par trop de réglementations sociales et environnementales. Argument aussitôt repris par Ursula von der Leyen.

Là encore, les lobbies ont trouvé des oreilles attentives et peuvent se féliciter du vote des députés européens. 

La revue Esprit peut écrire : « Ce recul majeur montre que l’idée selon laquelle il faudrait choisir entre la compétitivité d’une part, la protection des travailleurs et de l’environnement d’autre part, a encore de beaux jours devant elle. Les outrances d’un Donald Trump sur ‘’’arnaque’’ du changement climatique sont l’arbre qui cache la forêt d’un déni beaucoup plus large, y compris en Europe, et alors même qu’a lieu la COP 30. »

Honte à Emmanuel Macron qui avait donné son accord à la simplification du Pacte vert européen. Honte à l’alliance droite et extrême droite qui a entériné ce recul social et écologique

La planète est en danger ; elle prend feu partout, mais les grands groupes continuent à imposer la loi du fric et des profits. Ils peuvent féliciter leurs lobbyistes.

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