Blog de Michel Diard

La Chouette qui hioque

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Les masques tombent

Pourquoi la France n’a-t-elle toujours pas de gouvernement ? Question judicieuse quand on sait que Sébastien Lecornu a été nommé le 9 septembre. Mais question un peu saugrenue quand on sait que le frétillant président de la République est prêt à tout pour tenter de sauver la fin de son mandat.

Le temps des tractations s’éternise avec le Rassemblement national pour éviter une nouvelle motion de censure.

Le temps des magouilles d’Emmanuel Macron avec Marine Le Pen est une honte pour celui qui voulait marginaliser l’extrême droite.

Le locataire de l’Elysée feint de regarder ailleurs et il pérore à Bruxelles, à l’ONU, au Danemark, en Pologne. Il croit tromper les Français, mais ceux-ci se mobilisent pour la troisième fois en quinze jours et leur colère s’exprime. Ils savent que les magouilles avec la famille Le Pen se feront sur leur dos, c’est-à-dire sur leurs salaires, sur leurs retraites, sur leurs libertés, sur leurs emplois.

Combien va coûter à chaque citoyen la pantomime qui s’est déroulée au sein du Palais-Bourbon, où Macron a dû abandonner deux vice-présidences et deux postes de secrétaires au tandem Le Pen-Bardella ?

Pitoyable spectacle que ce jeu de rôles, qui tourne le dos à la gauche, seule adversaire de Macron !

Les masques tombent. En fait, non, ils sont tombés depuis plusieurs années et, aujourd’hui, les masques sont piétinés.

Les errances de Valérie Pécresse

Les maisons départementales des personnes handicapées ont été créées par une loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Elles fonctionnent comme guichet unique pour prendre en charge les démarches liées aux différentes situations.

L’initiative répondait à un véritable besoin. Or, voici que la présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse vient de prendre le 19 septembre la décision scandaleuse de supprimer les aides aux huit Maisons départementales, mises en place en 2014 par les élus de gauche. Soit 2 millions d’euros.

Dix jours plus tard, la même Valérie Pécresse annonçait la baisse de 15 % des places financées par la Région dans les centres d’orientation et de formation des personnes handicapées.

Les deux décisions en disent long sur le caractère discriminatoire de la droite francilienne vis-à-vis du handicap, mais aussi sur tout ce qui concerne la politique sociale.

De l’argent, en revanche, Valérie Pécresse sait en trouver pour répondre aux appétits de ses amis boursicoteurs, financiers, personnages dits libéraux.

Ce 1er octobre, elle vient de livrer les 600 hectares de l’Île des loisirs de Saint-Quentin-en Yvelines à un consortium très majoritairement privé (UCPA, Dalia SAS, Bluegreen European Holding et la SEM Île-de-France Loisirs, qui voit grand et, surtout, au seul bénéfice de la bonne bourgeoisie qui viendra s’adonner au golf, aux activités ludiques aux tarifs prohibitifs, etc.). Les loisirs des riches sont prioritaires aux yeux de l’innommable présidente de Région

Pour que le consortium puisse mener à bien son projet, Valérie Pécresse a sorti le fric des caisses de la Région : 16,9 millions d’euros pour réaliser ses investissements et 15,52 millions pour compenser les obligations de service public.

L’argent public coule à flot. La trentaine de millions représente 15 ans d’aides aux Maisons départementales des personnes handicapées.

On mesure ici la réalité de la politique de Valérie Pécresse, enfant des grandes écoles privées de Versailles. 

Les handicapés de la Région et les familles aux revenus modestes qui fréquentaient l’Île-des-loisirs de Saint-Quentin-des-Yvelines savent ainsi avec quel bulletin de vote ils devront s’armer pour revenir à une politique sociale.

Pécresse, sa clique et notamment le président de l’agglomération, Jean-Michel Fourgous, ça suffit.

Culot monstre

Nicolas Sarkozy a un culot monstre ; il n’a jamais hésité à prendre (beaucoup) de distances avec la vérité. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais apprécié ce petit bonhomme et je crois qu’à partir d’aujourd’hui je vais encore moins l’apprécier, si c’est possible.

A la sortie du tribunal qui venait de rendre une sentence le conduisant à la case prison, il a eu des paroles honteuses mettant en cause l’honnêteté des magistrats de façon grossière et outrageuse, devant son épouse arborant un sourire narquois mais lourd d’inquiétude.

Nicolas Sarkozy se prétend innocent. Dont acte. Pourquoi n’avoir pas réussi à la prouver devant le tribunal ?

Le jugement, lourd de 400 pages, est particulièrement étayé et recoupe tous les éléments à charge. Les magistrats ont pesé leurs mots avant d’écrire : « Ces éléments rendent le prononcé d’une peine d’emprisonnement sans sursis, toute autre sanction étant inadéquate. »

Que l’ex-président de la République (quand même) ose mettre en doute le fonctionnement de la justice à son encontre, peut être lourd de conséquences, il ne l’ignore pas. Il aurait pu se défendre en utilisant des expressions adéquates plutôt que de proférer des mots blessant pour des magistrats qui ont eu la lourde tâche de juger une affaire de relations scandaleuses avec un dictateur sanglant en recherchant les indices les plus enfouis pour semer le doute.

Oui, mais voilà, Nicolas Sarkozy a tous les culots et, pour ce monstre d’audace, seule sa personne était visée, alors qu’il y a d’autres condamnés pour lesquels il n’a eu aucun mot.

Décidément, Nicolas Sarkozy a un culot monstre. Et peu d’envergure. Pauvre France.

L’Etat de Palestine enfin reconnu

Dans les pas de Benyamin Netanyahu, il y a encore des contempteurs de la reconnaissance de l’Etat de Palestine.

Mais de cet événement, ce sont les Palestiniens qui en parlent le mieux. Notamment Elias Sanbar, ce grand intellectuel, ancien ambassadeur de la Palestine à l’UNESCO, ex-négociateur des accords d’Oslo, poète, écrivain, et traducteur de Mahmoud Darwich.

Elias Sanbar, donc, a vécu la reconnaissance de son pays « comme une rupture qui me comble de joie », parce que les Palestiniens ont été trop longtemps relégués, invisibilisés. A France Inter, il a relevé dans le discours d’Emmanuel Macron que « Il y est fait très clairement acte que cela concerne deux peuples (…) dont l’un a toujours été considéré comme n’ayant jamais existé », ajoutant que la France « part du fait que l’un des acteurs concernés a le droit à l’autodétermination ».

Confiant en l’avenir d’un peuple à la vitalité surprenante et malgré les difficultés, il a balayé d’une phrase les déclarations des opposants : « D’ailleurs si c’est inutile, si c’est symbolique, si c’est au détriment des Palestiniens, comment expliquer la violence de la réaction israélienne ? »

Le football comme opium du peuple

Les médias et les politiques semblent découvrir la multipropriété des clubs de football par des groupes financiers étrangers. Un projet de loi, porté par Eric Coquerel, a été déposé à l’Assemblée nationale. 

Il s’agit aujourd’hui d’une évolution d’un phénomène qui n’a rien de nouveau, l’intrusion de groupes financiers et leur prise de pouvoir dans les ‘’affaires’’ du ballon rond ; on assiste depuis une vingtaine d’années à la financiarisation du sport de haut niveau et notamment du plus populaire, le football.

En 1947, Theodor Adorno, philosophe allemand, employait pour la première fois le terme ‘’d’industrie culturelle’’ où l’art devient un produit et le citoyen un consommateur. Aujourd’hui, le football à son tour est devenu un produit et le spectateur un consommateur. Les rencontres et compétitions de football sont donc des produits susceptibles de dégager des revenus et des plus-value grâce à leurs retransmissions télévisées par abonnement et à la commercialisation d’innombrables produits dérivés, comme les maillots des joueurs.

Le consommateur de football est baptisé supporter, vouant un véritable culte à son équipe et son joueur préférés ; il est souvent addictif et capable d’actions violentes ou répréhensibles comme on en relève chaque semaine dans les stades, notamment des phénomènes de racisme collectif.

Les groupes financiers sont sans frontière ; Eagle Football Group, par exemple, dont le patron, John Textor, a fait fortune dans le numérique, a pris le contrôle de clubs aux Etats-Unis, au Brésil, en France (Olympique lyonnais), en Angleterre et en Belgique ; Ineos, un groupe chimiste, a racheté l’OGC Nice, Lausanne Sport ; etc.

Ils multiplient les risques d’ententes entre clubs, les transferts douteux de joueurs et le leadership de l’un des clubs au détriment des autres en y concentrant les meilleurs jeunes éléments. Les auteurs du projet de loi redoutent « que les ressources des clubs ‘’filiales’’ soient mises au service de plus gros compétiteurs » selon les intérêts financiers des fonds propriétaires. C’est, hélas, déjà le cas.

Adorno dénonçait dans l’émergence de l’industrie culturelle un « tromperie des masses, c’est-à-dire en moyen de garrotter la conscience ».  A observer l’évolution des comportements des supporters dans les stades, le mouvement est largement entamé dans le football.

Dominique Seux est bloqué

En ce jour de grèves, Dominique Seux, plumitif de Bernard Arnault aux Echos, éructe et c’est bon signe. Mais quel dédain pour ceux qui osent demander une meilleure égalité fiscale, de meilleurs salaires, de meilleures conditions de vie tout simplement, quand il est prouvé que les riches comme son milliardaire de patron ne savent plus où placer l’argent dont ils sont gavés.

Dans les Echos du jour Seux écrit donc : « La journée de grèves et de manifestations de ce jeudi 18 septembre s’annonce suivie. Le problème est qu’elle va encourager les plus radicaux alors que c’est d’un esprit de compromis raisonnable dont nous avons besoin. Cette fois, l’opération « Bloquons tout » va réussir. Autant les blocages promis pour le 10 septembre ont fait pschitt, autant il est d’ores et déjà acquis que, ce jeudi, des écoles et des crèches seront fermées, des trains arrêtés et des métros fermés. Car la mobilisation, selon le mot consacré, s’inscrit dans le rituel archi-balisé des rentrées sociales en France. La seule différence apparente est qu’elle arrive tôt dans la saison.C’est pourtant loin d’être la seule. La première curiosité est que les manifestants battront le pavé contre l’austérité d’un gouvernement qui est tombé. Personne ne sait ce que veut faire Sébastien Lecornu, à la tête d’une équipe condamnée aux affaires courantes. La seconde étrangeté est que les syndicats font une incursion rare dans le cœur du terrain politique, l’élaboration du budget. On est loin des salaires et des retraites. »

A ce stade de mépris pour ceux qui luttent et à ce stade d’ignorance du syndicalisme, Dominique Seux est totalement discrédité. Celui qui est éditorialiste économique sur le service public (France Inter) devrait être privé d’antenne comme ceux que Mme Sybile Veil a sanctionné récemment.

En outre, faire croire que Sébastien Lecornu, issu du parti LR et désormais ami très proche de Macron, prépare l’annonce d’une politique sociale, c’est soit le signe d’une ignorance crasse, soit d’une marque de mépris supplémentaire envers les syndicats.

Dominique Seux appelle à un ‘’compromis raisonnable’’, mais c’est lui qui déraisonne. Hélas, en toute lucidité, bloqué par son dogme ultra-libéral.

L’échec est total

Le cabinet Xerfi, institut d’études privé, spécialisé dans l’analyse économique sectorielle et stratégique, n’est jamais cité par les grands médias. Curieux. Ses économistes ne sont pourtant de méchants révolutionnaires. Leur défaut ? Ils n’hésitent pas à donner des avis de purs économistes pour lesquels le néolibéralisme ambiant n’est pas le meilleur régime.

Alexandre Mirlicourtois, l’un de ses directeurs, vient de publier une note bienvenue à la veille d’une journée de mobilisation syndicale et en plein remaniement gouvernemental. Son titre : ‘’Smicardisation et déclassement social : l’échec français’’.

Je la reproduis entièrement :

« Déclassement et smicardisation sont les deux faces d’une même pièce qui nourrissent la colère sociale. En prenant le ratio entre le salaire minimum et le salaire brut médian, indicateur de la compression des salaires vers le bas lorsqu’il est élevé, le constat est sans appel : la France est l’un des pays les plus smicardisés d’Europe, aux côtés du Portugal et de la Slovénie. Le SMIC a de fait rattrapé des millions de travailleurs, si bien que plus d’un tiers des salariés perçoivent entre 1 SMIC et 1,4 SMIC et que les deux tiers se situent entre 1 et 2 SMIC.

Cette smicardisation massive du salariat français, qui s’est fortement accélérée depuis 2014, résulte d’une politique publique suivie avec constance depuis 1993 par les gouvernements de droite comme de gauche : exonérer toujours davantage de cotisations sociales patronales les salaires proches du SMIC. Une solution conçue à l’origine pour abaisser le coût du travail et améliorer la compétitivité ; favoriser les créations d’emplois ; et réduire le chômage des personnes peu qualifiées. Et cela ne s’est pas fait à moitié : les cotisations sociales (salariales et patronales) prélevées sur un salaire au SMIC sont aujourd’hui deux fois moindres que celles appliquées à un salaire au plafond de la Sécurité sociale (un peu plus de deux fois le SMIC).

Pour quels résultats ? Le coût du travail a effectivement été abaissé, les créations d’emplois nombreuses, le chômage réduit. Mais, comme pour un médicament, il faut mettre en balance l’effet thérapeutique et les effets secondaires indésirables. Ces derniers sont essentiellement de trois ordres : le couplage entre seuils d’exonération des charges patronales et aides publiques a empêché les bas salaires de progresser. C’est la question de la « trappe à bas salaire ». Les taux de cotisations sociales explosent quand le niveau de salaire franchit certains seuils. C’est très dissuasif pour un employeur. Résultat : les salariés restent durablement bloqués aux alentours du SMIC. Promouvoir un salarié devient également trop coûteux, entre le prix de sa formation et l’alourdissement des charges qui accompagne son évolution. C’est une seconde trappe : la trappe à promotion.

Autre effet pervers : le déclassement salarial des qualifications. La nouvelle dynamique de l’emploi a profondément modifié la donne. Les dispositifs publics ont surtout bénéficié aux très petites entreprises et aux services à forte proportion d’emplois non qualifiés. Or, le niveau de formation des jeunes ne cesse de s’élever. Résultat : des diplômés acceptent des postes en deçà de leurs compétences, occupant des places qui se ferment aux moins qualifiés. Le déclassement n’est plus une crainte : c’est une réalité. Et avec lui, la frustration gagne du terrain.

Enfin, la baisse des charges sur les bas salaires sape progressivement la productivité générale en décourageant la formation et, par une mauvaise allocation sectorielle, favorise les services à faible valeur ajoutée, faiblement rémunérés et peu qualifiés, au détriment des services à plus forte valeur ajoutée et des secteurs industriels où les salaires des ouvriers spécialisés dépassent le SMIC. En creux, les talents, eux, sont surtaxés. 
Ce n’est évidemment pas ainsi qu’une économie peut monter en gamme. En remettant en cause la neutralité de la fiscalité de l’emploi, les différents gouvernements ont non seulement ouvert une véritable boîte de Pandore, mais ils ont aussi vidé les caisses de l’État. L’échec est total.
 »

Rien à ajouter. En effet, l’échec est total. 

Les syndicats le disent et le répètent depuis longtemps. Aujourd’hui, ils veulent être entendus.

Les différences de François Hollande

Que le quotidien de Bernard Arnault, Les Echos, consacrent aujourd’hui un long article à François Hollande, est intriguant. Mais plus inquiétant quand il lui ouvre ses colonnes, c’est pour lui permettre de « faire entendre ses différences ».

Et si Hollande a des différences à faire entendre, c’est bien avec les positions du Parti socialiste, dont il ose se réclamer encore en siégeant au Palais-Bourbon sur les mêmes bancs que ceux d’Olivier Faure.

François Hollande est favorable à un compromis avec le premier ministre (de droite, ex-LR), Lecornu : « Il faut que l’on trouve un accord pour que le pays soit tenu et dirigé », déclare-t-il. Tenu et dirigé ? On croirait entendre Bruno Retailleau.

L’ex-président empêché de se représenter en 2017 et qui avait fait d’Emmanuel Macron un de ses conseillers, veut trouver un chemin entre les 44 milliards d’économies de Bayrou et les 22 préconisés par le PS, « il faut avoir une trajectoire, sans doute entre les deux, ose-t-il avancer, avant de s’égarer : « L’important pour la Commission européenne et les investisseurs, c’est de savoir s’il existe un consensus en France pour réduire les déficits ». Les socialistes espagnols n’ont pas pris le même chemin et ils s’en portent plutôt mieux. 

Pours que ses différences soient claires, il ne retient pas la taxe Zucman d’imposition des patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros : « Si on veut intégrer les actifs professionnels (dans l’assiette de la taxe), il faut que le taux soit très très bas ». Et donc pas 2 %. Le patronat est aux anges ! Hollande assume sa position sans regret : « Il vaut mieux un rendement qui soit étalé dans le temps plutôt qu’une prise en une fois et ensuite le risque d’un exil ». Et il milite pour des exceptions.

Sur la réforme des retraites, François Hollande ne se prononce pas sur l’abrogation de la loi et encore moins sur le retour à 62 ans : « Je propose de suspendre la réforme (là où elle en est) pour l’année 2026, et après il y aura un grand débat pour la présidentielle de 2027 et les Français choisiront. »

Les Echos trouvent François Hollande constructif ; effectivement Bernard Arnault est en communion avec lui.

Les salariés, eux, sont informés ; ils savent qui sont leurs amis et qui sont leurs ennemis. Ce n’est pas avec l’ex-président que les revendications seront entendues, mais c’est avec de tels hommes politiques que le Rassemblement national se renforce chaque jour davantage.

Ce qui attend les journalistes

L’extrême droite ose tout et même plus, intimidations, mensonges, coups tordus, menaces et, parfois, passage à l’acte. Ses méfaits délictueux et crapuleux jalonnent l’histoire ; l’OAS, par exemple, n’hésitait pas à plastiquer les domiciles des journalistes et à s’en prendre physiquement à ceux qui osaient informer sur ses agissements.

Aujourd’hui, c’est le milliardaire Pierre-Edouard Stérin qui se signale et s’en prend à un journaliste, en l’occurrence Thomas Lemahieu, grand reporter à L’Humanité.

Celui-ci a révélé le projet inquiétant de Stérin, le plan Périclès (contraction de « Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes » qui se fixe l’objectif de « sauver la France » en défendant des « valeurs clés » (« liberté individuelle »« enracinement »« famille »,« christianisme », etc.) et en luttant contre ces « tendances » qui sapent la grandeur du pays (socialismewokismeislamismeimmigration). En subventionnant différentes officines pour assurer la victoire de l’extrême droite en 2027. Rien que ça.

Stérin a menacé le journaliste et L’Humanité de poursuites, mais s’est ravisé. Il a sans doute estimé qu’une menace serait plus efficace qu’un jugement qui lui aurait été défavorable. Aujourd’hui l’affaire prend un tour personnel inquiétant.

Le pieux Stérin a donc envoyé un mail qui se veut ironique à Thomas Lemahieu dans lequel il écrit : « Cher Monsieur, j’ai été très sensible à la très grande attention que vous avez bien voulu porter à mes activités sur les dernières années. Je suis certain que vous apprécierez en retour le nom que j’ai donné à ma holding de tête. »  

C’est ainsi que sa holding, domiciliée en Belgique, évidemment, a été baptisée Lemahieu Holding.

L’extrême droite, à l’image de la famille Le Pen, menace souvent les journalistes, les poursuit devant les tribunaux ou leur interdit ses meetings ; Stérin, l’exilé fiscal, utilise les mêmes armes de l’intimidation.

Les journalistes doivent être protégés de ce genre de personnage à l’idéologie sinistre ; un signalement a été effectué auprès de l’Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse (OFALP) et à la plateforme européenne Media Freedom Rapide Response (MFRR). Mais c’est toute la société qui doit se sentir solidaire de Thomas Lemahieu. Avec l’extrême droite ce sont toutes les libertés qui sont menacées.

Charlie Kirk, déjà un mythe

L’excellent magazine de la gauche socialiste américaine, Jacobin, a vivement réagi à l’annonce de l’assassinat de Charlie Kirk, 31 ans, présenté comme un influenceur du monde MAGA. Il dénonce le crime et craint les réactions de Trump, mettant en cause l’extrême gauche et même la gauche.

D’un long article, j’ai extrait ces quelques lignes :

« L’assassinat de Kirk est une tragédie. Moralement, c’est injustifiable. Politiquement, c’est une cause de grave inquiétude. Une spirale plus large vers la violence politique serait une catastrophe pour la gauche (…) Les tentatives d’assassinat de dirigeants politiques sont en augmentation, tout comme les meurtres à motivation politique de personnes moins notables. Bien que ce type de violence provienne de tout le spectre politique, la droite en est responsable d’un bien plus grand nombre que la gauche depuis plusieurs décennies. Au cours des dernières années, les assaillants semblent de plus en plus provenir d’éléments politiquement confus, mentalement perturbés et lourdement armés de la population américaine, dont la paranoïa et la désorientation générales se sont mêlées à une culture politique incohérente mais vicieusement polarisée (…) Avant la fin de la soirée, Donald Trump s’était adressé à la nation en disant : « Pendant des années, ceux de la gauche radicale ont comparé de merveilleux Américains comme Charlie à des nazis et aux pires meurtriers de masse et criminels du monde. Ce genre de rhétorique est directement responsable du terrorisme que nous voyons dans notre pays aujourd’hui, et il doit cesser dès maintenant » (…) L’assaillant n’a pas encore été identifié, et aucun mobile n’a été confirmé, mais cela n’a pas empêché le président de mettre le meurtre de Kirk sur le dos de toute la gauche et de jurer des représailles (…) Le meurtre de Kirk n’est pas susceptible de démoraliser mais d’enhardir la conviction de l’extrême droite, qui fera sans aucun doute de Kirk un martyr de sa cause. En effet, l‘utilisation de ce terme par des personnalités de la presse de droite a déjà commencé. Il est tout à fait éligible pour la création d’un tel mythe, étant donné qu’il n’a jamais mis le doigt sur personne et qu’il a été abattu de sang-froid alors qu’il était en train d’exprimer ses opinions politiques (…) Il n’y a rien à célébrer ici. En effet, il y a beaucoup à craindre. »

Jacobin a raison. Avec Donald Trump, il n’y a pas beaucoup mais tout à craindre.

Indigné !

En ce jour de blocage, je bloque mon blog.

Il s’agit d’une obligation morale de manifester sa solidarité avec ceux qui luttent.

Néanmoins, je voudrais partager cette réponse de José Saramago à un journaliste qui lui posait la question de savoir si, comme le soutient Umberto Eco, il était un blogueur enragé :

« Enragé c’est trop dire. Ce que je cherche à exprimer, c’est l’indignation sur l’état du monde, c’est la misère, la détresse où vivent des millions de personnes. Une partie énorme de l’humanité vit dans une apocalypse permanente de la naissance à la mort. C’est ça le progrès ? C’est ça la civilisation ? Enragé, non : indigné. »

Comme je me retrouve dans ces lignes !

Le temps du changement

Emmanuel Macron a beaucoup promis et suscité encore plus d’espoir en 2017. Jeune et sémillant, il haranguait les foules en dressant le portrait d’une France quasiment paradisiaque, faisant taire les sceptiques.

Combien de citoyens, s’accrochant à cet espoir, sont devenus de fervents croyants en un monde merveilleux et harmonieux.

Ni de droite, ni de gauche, il avait aussi promis de transcender les vieux clivages politiques, calmant les impatiences de ceux qui n’ont rien et qui pensaient que le jeune président de la République allait changer leur triste vie et réhabiliter le droit humain à la juste répartition des richesses. Ceux qui couchaient dehors devaient trouver un toit (et même un emploi) et demain ne serait plus aussi pénible qu’aujourd’hui.

Le faiseur de miracles a semé des mirages et endormi les esprits.

Aujourd’hui, le président de la République est nu, entraînant dans sa chute inexorable des premiers ministres qui ont cru pouvoir contenir l’impatience d’un peuple qui appelle à tout bloquer demain et qui va manifester avec ses syndicats une semaine plus tard.

Le peuple gronde et s’impatiente.

Celui qui était présenté comme brillant n’était que d’une intelligence politique médiocre, aveuglé par sa suffisance ; il est devenu au fil des ans et des incidents de parcours un Guignol grotesque, incapable de regarder la réalité. Il a plongé le pays dans une gravissime crise économique et financière et les institutions dans un état de convulsions inédit. 

Aujourd’hui, donc, comment se relever du champ de ruines qu’est la France ? Comment ouvrir de nouvelles voies avec un président qui s’accroche à ses croyances supérieures et à l’empire absolu du marché et se refuse à ouvrir la voie au socialisme, le vrai, en cédant le pouvoir au NFP ?

Les citoyens appellent au secours ; ils ne croient plus en un nouveau capitalisme.

Le temps du changement à l’échelle publique et individuelle est là, devant nous tous, réunis et combatifs.

Fouille-merde

L’extrême droite fouille les poubelles et elle en est fière. Dernières victimes, Thomas Legrand et Patrick Cohen dont les conversations privées avec deux élus socialistes ont été filmées et enregistrées à leur insu dans un restaurant, lieu privé.

Il n’est pas besoin de s’interroger longtemps pour voir qu’il s’agit d’une manœuvre habituelle de ces prétendus médias fascisants. Qui a filmé (la vidéo est d’une très bonne qualité) ? Avec quelle complicité ? Quel respect de la vie privée ? Quelle manipulation et quels principes professionnels pour extraire une seule petite phrase prononcée au cours d’un long repas et en faire un acte d’accusation de la vénalité de deux journalistes ?

Les médias d’extrême droite puent. C’est même leur marque de fabrique.

Que le service public s’empare de cette grossière manipulation pour interdire d’antenne Thomas Legrand est scandaleux. Mais n’est-ce pas la même direction de France Inter qui s’est déjà signalée en punissant des journalistes jugés par elle effrontés ? La publication de la vidéo par Arthur de Watrigant, directeur de L’Incorrect, lui a procuré une belle occasion.

Albert Camus écrivait en 1951 dans la revue Caliban : « Une société qui supporte d’être distraite par une presse déshonorée et par un millier d’amuseurs cyniques (…) court à l’esclavage malgré les protestations de ceux-là mêmes qui contribuent à sa dégradation. »

Quelques 74 ans plus tard, on pourrait paraphraser Camus en disant : « Une société qui accepte d’être informée par une presse de caniveau et par des journalistes qui ne survivent que grâce aux ‘’dons’’ de Pierre-Edouard Stérin, court au fascisme et à l’obscurantisme ».

Les médias d’extrême droite, ceux de Stérin, Bolloré et de quelques autres sont le plus formidable instrument de manipulation ; quand ils n’ont pas d’événements à traiter, ils les créent. Et les journalistes comme ceux de L’Incorrect sont plus méprisables que « la dernière des prostituées qui ne vend que son corps, et y a été contrainte par les injustices sociales ».

Politique honteuse

Si la rentrée en France est morose, il y a un pays où elle est sanglante. L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a publié un rapport dans lequel on peut lire que « chaque jour depuis le début de la guerre à Gaza, une classe entière d’enfants a été tuée en moyenne », soit entre 35 et 45 pauvres victimes. Le commissaire, Philippe Lazzarini, semble impuissant et constate, éploré : « Gaza est en ruines. Son système éducatif aussi ».

Donald Trump est insensible à cette tragédie et, tel Matamore, il continue de soutenir Benyamin Netanyahu dans son œuvre génocidaire.

C’est dans ce contexte qu’il envisage toujours de déplacer les 2 millions d’habitants de la bande de Gaza et que le Washington Post vient de confirmer le plan de ‘’reconversion’’ du territoire palestinien. Trump avait évoqué la création d’une Riviera. Aujourd’hui, on en sait un peu plus d’un plan préparé par son entourage et des Israéliens. 

La bande de Gaza serait placée sous administration américaine pendant 10 ans (de quel droit ?) et une entité baptisée Gaza Reconstitution, Economic, Acceleration and Transformation Trust (ou GREAT Trust) investirait dans un centre touristique et des entreprises technologiques. Chaque Palestinien acceptant de quitter le territoire recevrait 5000 dollars et une aide pour payer quatre ans de loyer et un an de nourriture.

Pur délire de milliardaire fou et cupide pour rayer de la planète toute trace de la civilisation palestinienne. Sans que les Palestiniens n’aient eu à donner leur avis.

Pur délire d’un autocrate entre les mains des financiers et des entreprises de l’intelligence artificielle.

Jean-Pierre Filiu, le chercheur spécialiste de la question du Moyen Orient, a déploré dans une tribune publiée par Le Monde l’énorme responsabilité du Hamas donnant la priorité à la pérennité de l’islamisme et les intérêts de son parti plutôt qu’à l’intégrité du peuple palestinien et fournissant des prétextes à Israël pour anéantir Gaza et la Cisjordanie ; il rappelle fort opportunément que « lorsque les troupes israéliennes assiégeaient l’OLP dans Beyrouth, au cours de l’été 1982, son chef, Yasser Arafat, avait accepté d’être évacué avec des milliers de combattants pour abréger les souffrances des civils ».

Néanmoins, encore faut-il rappeler que le contexte a considérablement changé ; Netanyahu a favorisé la montée de l’influence du Hamas avec des aides généreuses pour affaiblir l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.

Le peuple palestinien, qui compte ses morts, est la seule victime de ces jeux politiques honteux. Jean-Pierre Filiu conclut en écrivant : « Nul doute que le verdict de l’histoire sera sans appel contre les islamistes palestiniens. Pour l’heure, cependant, ce sont les femmes, les hommes et les enfants de Gaza qui meurent. »

Une classe d’enfants est tuée chaque jour à Gaza !

Le livre, choix de société

Rentrée morose aussi dans l’enseignement public. 

Il manque des enseignants et, malgré les déclarations de la ministre, de nombreux élèves n’ont pas de maîtres ou professeurs devant eux. On savait le pari intenable.

Le fossé se creuse entre école publique et école privée. Les enseignants défenseurs du public se mettent en grève pour exprimer leur colère de voir le contrat républicain s’effondrer.

Valérie Pécresse, qui a fait toute sa scolarité dans les meilleurs établissements privés, ajoute des motifs de colère, avec la disparition progressive du manuel scolaire et son remplacement par une plateforme qui, dit un collectif d’enseignants et d’écrivains, « désagrège les contenus en une multitude de fragments éclatés ».

Les signataires dénoncent « une erreur pédagogique, sociale et démocratique ». Pour eux : « il ne s’agit pas d’un simple choix technique, mais d’un choix de société. Il engage la transmission des savoirs, le lien entre l’école et les familles, et la liberté des enseignants. Nous ne sommes ni nostalgiques, ni technophobes. Mais nous affirmons que l’éradication du manuel scolaire comme repère partagé est une erreur pédagogique, sociale et démocratique. L’erreur, d’abord, de croire qu’un empilement de ressources numériques pourrait remplacer un ouvrage structurant, conçu dans sa globalité par des professionnels. Le manuel permet la construction progressive des savoirs, la lisibilité du parcours, le lien entre les notions. C’est un fil rouge cognitif essentiel, une véritable colonne vertébrale de l’école, comme le rappellent les sciences de l’éducation. »

Ils ajoutent que « le manuel est souvent le premier livre qu’on tient entre ses mains, parfois le seul. Il relie l’élève, l’enseignant, les parents. Il permet aux familles de suivre et d’accompagner les devoirs. Il garantit une égalité d’accès, une continuité, une visibilité sur l’année. C’est un socle, pas une relique. L’école ne peut pas se construire sur des miettes de savoir (…) L’édition scolaire garantit des contenus écrits, relus, pensés avec des enseignants-auteurs. Une plateforme régionale unique, elle, expose à des contenus instables ou biaisés, avec un risque majeur pour le niveau des élèves et un creusement des inégalités, entre territoires comme entre établissements publics et privés. »

Les enseignants, éditeurs et écrivains appellent à un moratoire et, surtout, à une évaluation et au débat, « car, au fond, il ne s’agit pas seulement de défendre le livre. Il s’agit aussi de défendre un certain rapport au savoir : exigeant, lisible, démocratique. Et de rappeler qu’en matière d’éducation, le numérique doit servir l’apprentissage, pas le désorganiser. Ce combat n’est pas corporatiste. C’est un combat pour l’école, pour l’égalité et pour nos enfants. »

Oui, c’est bien un combat pour l’école et Valérie Pécresse le mène au pas de charge ; la présidente de la région Île-de-France a depuis longtemps fait le choix du privé, donc d’une certaine politique inégalitaire au profit des multinationales, du profit et de l’obscurantisme.

La rentrée est morose dans les écoles, certes, mais combative.

Rentrée morose

Jour de rentrée sous un ciel gris, comme le monde où les guerres imbéciles mais haineuses font des centaines de morts chaque jour.

Jour de rentrée pour des millions de jeunes, de l’école maternelle à l’université, sans qu’ils soient assurés d’avoir un enseignant devant eux ou même d’avoir un établissement, qu’ils soient handicapés ou étudiants.

Jour de rentrée aussi à la télévision avec un étrange sentiment de malaise depuis que France 2 diffuse une publicité pour présenter sa nouvelle présentatrice du journal de 20 heures, Léa Salamé ; étrange malaise car cette journaliste s’est prêtée à cette mise en scène comme une ‘’rock star’’, répétant à satiété « Madame, Monsieur, bonsoir ». Ridicule.

C’est la première fois que la chaîne de service public met en scène une journaliste avec autant d’ostentation. C’est mal augurer de la suite et, principalement, de l’information. Doit-on rappeler à Léa Salamé que le journaliste a une mission sociale, à savoir rechercher l’information, en évaluer l’importance, la mettre en forme, l’expliquer et respecter le public en satisfaisant son ‘’droit à l’information’’.

Le respect absolu du droit du public à l’information suppose de s’effacer derrière les faits. Le problème pour un journaliste n’est pas d’apparaître et de prendre toute la lumière pour vendre une information ‘’starisée’’, déclenchant des émotions en déformant et changeant la relative importance des faits.

Un public n’a que faire de superstars au physique et à l’élocution standardisée, mais de serviteurs de l’information.

Qu’est-ce que l’antisémitisme ?

La reconnaissance de l’Etat palestinien annoncée par Emmanuel Macron a déchaîné les passions en Israël et jusqu’aux Etats-Unis. Benyamin Netanyahu accuse la France d’attiser le ‘’feu antisémite’’ à la suite d’une analyse ‘’abjecte et erronée’’ et l’ambassadeur des Etats-Unis en France lui fait grief de ne pas combattre l’antisémitisme avec suffisamment de vigueur.

Télérama est venu éclairer le débat en rappelant fort opportunément qu’il y a deux définitions de l’antisémitisme.

La première a été adoptée le 26 mai 2016 par les 31 Etats membres de l’Alliance Internationale pour la mémoire de l’holocauste (IHRA) et d’experts.

Dans les travaux de l’IHRA, on peut donc lire que « l’antisémitisme est une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte. » Elle a donné ensuite des exemples qui viennent contredire les déclarations des dirigeants israéliens : « L’antisémitisme peut se manifester par des attaques à l’encontre de l’État d’Israël lorsqu’il est perçu comme une collectivité juive. Cependant, critiquer Israël comme on critiquerait tout autre État ne peut pas être considéré comme de l’antisémitisme. » 

Néanmoins, des chercheurs internationaux spécialistes ont souhaité apporter plus de précision à une définition jugée trop floue. En 2021, ils ont adopté une Déclaration de Jérusalem : « L’antisémitisme est une discrimination, un préjugé, une hostilité ou une violence à l’encontre des Juifs en tant que Juifs (ou des institutions juives en tant que juives) ».

Ils ont ensuite listé des exemples qui, à première vue, ne sont pas antisémites (que l’on approuve ou non l’opinion ou l’action). Parmi ceux-ci, on peut lire que « Soutenir la demande palestinienne de justice et d’octroi intégral de leurs droits politiques, nationaux, civils et humains, tels que définis par le droit international » n’est pas antisémite ; de même, « critiquer ou s’opposer au sionisme en tant que forme de nationalisme, ou plaider pour une variété d’arrangements constitutionnels pour les Juifs et les Palestiniens dans la région située entre le Jourdain et la Méditerranée » ne relève pas de l’antisémitismeEnfin, « Il n’est pas antisémite de soutenir des arrangements qui accordent une égalité totale à tous les habitants ‘’entre le fleuve et la mer’’, que ce soit dans deux États, un État binational, un État démocratique unitaire, un État fédéral, ou sous toute autre forme ».

 La déclaration stipule aussi que « une critique d’Israël en tant qu’État, fondée sur des preuves » n’est pas antisémite.

Les auteurs de la Déclaration de Jérusalem en concluent que « même si c’est controversé, il n’est pas antisémite, en soi, de comparer Israël à d’autres cas historiques, y compris le colonialisme de peuplement ou l’apartheid. »

Merci à Télérama de m’avoir permis de rafraîchir ma mémoire alors que le gouvernement de Netanyahu tente de détourner les critiques de plus en plus partagées dans le monde.

Enfin

Le graffiti writing (ou graff), devenu street art, va enfin sortir de l’underground et de la répression pour être reconnu. C’est néanmoins dans la confidentialité qu’un Centre national des archives numériques de l’art urbain a été inauguré en juillet dernier dans l’Institut national d’histoire de l’art.

Ses artistes qui ont débuté sur les surfaces extérieures qui s’offraient gratuitement à eux, murs ou palissades, ont été difficilement acceptés comme de vrais créateurs, avec leurs pochoirs et leurs aérosols. Certains ont pu entrer dans les galeries, d’autres ont fait l’objet d’expositions, mais ce n’est pas le cas de la majorité d’entre eux. Et pourtant, quelle pratique artistique ! Et, souvent, quel talent.

Un premier pas est franchi, enfin, pour garder dans la mémoire de l’humanité les traces d’authentiques œuvres artistiques, liées à une époque, une idéologie aussi, qui semble déranger de nombreux élus plus prompts à effacer les fresques qu’à interdire ces immondes panneaux publicitaires qui enlaidissent leurs villes.

Les graffeurs, donc, se sont réunis dans une Fédération de l’art urbain pour fonder un centre baptisé Arcanes, « destiné à la sauvegarde et à la valorisation des archives de l’art urbain » et une plateforme ouverte au public. Aujourd’hui, leurs efforts commencent à les sortir de la répression pour aller vers la reconnaissance pleine et entière.

L’art urbain, moyen d’expression d’une époque a ses stars, comme Banksy, Jef Aérosol et d’autres. Mais il s’agit d’un courant très développé chez les jeunes artistes, qui, eux aussi, ont droit à la reconnaissance. Sans trahir ni leurs origines underground, ni leur contre-culture.

Les menteurs de Netanyahu

Benyamin Netanyahu est un menteur invétéré ; quoi qu’il dise ou qu’il fasse, la vérité finit par éclater : il est à l’origine d’un horrible génocide.

Jean-Pierre Filiu, ce professeur de Sciences Po qui a séjourné à Gaza, témoigne une nouvelle fois dans une tribune du Monde : « Durant le mois que j’ai passé, l’hiver dernier, dans la bande de Gaza, j’ai été témoin des bombardements infligés régulièrement à Rafah pour mieux la rayer de la carte. » Et il ajoute : « Désormais enfermé entre deux ‘’corridors’’ militarisés, le champ de décombres de Rafah n’est pas seulement le site de distribution d’aide ‘’inhumanitaire’’ qui vire souvent au carnage. Il est d’ores et déjà programmé pour regrouper six cent mille Palestiniens voués à être ensuite expulsés. La pire des fins pour une ville à l’histoire plurimillénaire. »

Netanyahu osera-t-il traiter Jean-Pierre Filiu de menteur ?

Pierre Barbancey, grand reporter à L’Humanité, a séjourné dans le sud du Liban proche de la bande de Gaza. La région n’a pas été épargnée par l’armée israélienne. Il en rapporte un témoignage effroyable d’un agriculteur, Nehmen Younes, du village de Qsaybeh : « Les Israéliens ont bombardé avec du phosphore blanc. Tous nos champs ont été touchés. De très vieilles oliveraies ont pris feu (…) Trente-cinq ans de peine, de fatigue, de travail pour produire des olives, des figues, voilà le résultat »

Puis, il a recueilli le témoignage d’un habitant de Zawtar, Hussein Smail, à propos de l’utilisation du phosphore blanc sur son oliveraie : « Les fruits et les branches étaient maculés. Même en les lavant on se demandait si on pouvait les presser. On a dû tout laisser. D’habitude on produit 240 kg d’huile (…)  J’ai peur que les citernes de récupération des eaux pluviales soient contaminées. »

Le phosphore blanc est particulièrement nocif pour l’être humain, provoquant brûlures et perforations de la cornée ; il rend les sols qui y ont été exposés improductifs pendant plusieurs années. L’ONU en a interdit l’utilisation en 1983 et elle classe cette utilisation en crime de guerre.

Netanyahu osera-t-il traiter Pierre Barbancey de menteur ?

Benyamin Netanyahu ose tout ; ses ministres aussi. Itamar Ben Gvir s’est rendu à la prison de Ganot, s’est introduit dans la cellule du leader palestinien du Fatah, Marwan Barghouti, emprisonné depuis 23 ans, en le menaçant et en faisant filmer la scène : « Vous ne nous vaincrez pas. Quiconque fait du mal au peuple d’Israël, quiconque tue des enfants, quiconque tue des femmes (…) nous l’effacerons ».

Netanyahu osera-t-il dénoncer un ministre qui viole les conventions internationales et humanitaires ?

La condamnation d’Israël gagne du terrain chaque jour et, pourtant, la férocité de l’armée, Tashal, ne faiblit pas. Preuve que la mobilisation doit encore gagner en intensité pour imposer la paix.

Fête des mères

Je suis éberlué. Qu’arrive-t-il au Monde des livres ?

En feuilletant les pages (sur ordinateur), j’ai relevé ces huit titres d’articles relatifs à la critique des nouveautés de la rentrée :

« Emmanuel Carrère, fils de sa mère », « Amélie Nothomb retrace la légende maternelle », « La sonate pour une mère défunte de Raphaël Enthoven », « Celle de qui Régis Jauffret tient le goût de la fiction » (son ouvrage a pour titre « Maman »), « Le deuil longtemps différé de Catherine Millet » accompagné d’un entretien titré : « Pour me confronter au suicide de ma mère, je devais être sûre de mes moyens en tant qu’écrivain », « Donner les sentiments d’une fille pour sa mère », titre d’un article pour deux ouvrages de Jakuta Alikavazovic et Justine Lévy.

Les pères n’ont pas été oubliés puisqu’en dernière page, la rencontre avec Catherine Girard est titrée : « La fille de l’assassin ». Mais un seul ouvrage consacré au père contre six consacrés à la mère, en dit long sur le rôle de la femme dans l’univers littéraire.

Quoi ? Faudrait-il étaler sa vie privée (et celle de ses parents et géniteurs) pour faire la rentrée littéraire, celle des prix ? Les auteurs n’ont-ils plus d’imagination pour leurs romans ? A moins que les épanchements soient devenus une mode. Passagère comme toutes les modes.

Bref, je suis éberlué, interloqué, interpellé.

Par quel ouvrage familial dois-je commencer pour pouvoir paraître informé des choses littéraires de la rentrée ? Dois-je m’en tenir à ces confessions ou rechercher de vrais romans d’imagination ?

Si j’en crois Le Monde, ces ouvrages sont brillantissimes ; le quotidien vespéral parle d’un ‘’grand Carrère’’, d’une ‘’démonstration d’érudition’’, d’un ‘’magnifique portrait’’. Je n’en doute pas un seul instant, même si je préfère me faire une opinion par moi-même.

La littérature française regorge de relations familiales ; des colloques y ont été consacrés ; l’un d’eux organisé à Amsterdam en 2006 avait été consacré aux ‘’Relations familiales dans les littératures française et francophone des XXe et XXIe siècles’’. Sartre, Camus, Duras, Albert Cohen, Gide, Green, Le Clézio, Ernaux, entre autres y avaient fait l’objet de communications. Des ouvrages y ont été également consacrés.

Bref, je me suis peut-être fait surprendre par cette surabondance de titres répétitifs. Sans doute mes interrogations sont-elles superfétatoires.

Il reste néanmoins que je ne sais pas si je me laisserai tenter par tel ou tel auteur ; Carrère ou Catherine Millet ? Ou si je reviendrai à mes auteurs préférés, Silvia Avallone, Eri de Luca, Pierre Lemaître, Danièle Sallenave et quelques autres que Le Monde n’a pas évoqué pour cette rentrée.

Il y a tellement de bons livres à découvrir…

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