La Chouette qui hioque

Auteur/autrice : Michel (Page 14 of 83)

Le masque du Gascon

Le patronat peut dormir sur ses deux oreilles, le gouvernement ne reviendra pas sur la réforme des retraites. Le premier ministre d’aujourd’hui (mais pour combien de temps encore ?) avait promis au Parti socialiste d’en rediscuter « sans aucun totem, ni tabou ». Or, quelques jours plus tard, François Bayrou jugeait « pas possible » d’abroger la loi. Promesses de Gascon.

François Bayrou, présenté comme l’homme de la situation, n’est pas à un mensonge près. Les agressions sexuelles et les violences à Notre-Dame de Betharram ? Pas au courant. Les promesses faites aux socialistes ? Plus d’actualité ! Port du voile dans le sport ? Retailleau et Darmanin ont raison ; la ministre des sports, Marie Barsacq, et sa collègue de l’éducation, Elisabeth Borne, sont désavouées et sans doute visées quand le premier ministre lance « on ne peut pas rester dans un gouvernement qui cède sur ces questions-là », sous-entendu dans le cas inverse aussi.

L’émérite François Bayrou prend des risques. Ne risque-t-il de déclencher une tourmente en s’alignant sur une politique antisociale dictée par l’extrême droite et le patronat le plus réactionnaire, celui des grands groupes du CAC 40 ?

Quelle est donc la raison de cet alignement systématique du centriste Bayrou sur l’idéologie intangible des gardiens du dogme capitaliste ? Pourquoi rabâche-t-il les paroles des ministres dont il était éloigné hier ?

Est-ce par calcul politicien issu de ses conversations avec Emmanuel Macron, le président ‘’vertical’’, ou est-ce du n’importe quoi ?  

 Deux grandes centrales syndicales, CGT et FO, ont compris que Bayrou maniait le mensonge et se sont retirées du ‘’conclave’’. Elles ont démasqué un premier ministre rusé (mais si peu), honteusement menteur (au nom de la défense d’un régime discrédité), ami des groupes financiers les plus voraces (par idéologie) 

Nous aurions dû nous en douter ; L’Humanité nous avait prévenu en écrivant en 2012 : « Saint François Bayrou, daltonien politique, cherche toujours le centre à droite. Il se centre, se décentre, se recentre, se concentre, mais finit immanquablement par tomber à droite. Saint François Bayrou a toujours voulu être le centre ; le centre, c’est lui, même si le centre est le trou, le vide, l’égale distance entre le rien et le néant. Le centre introverti pète ; extraverti, il fuge. Bayrou serait-il donc un transfuge ? Toujours le temps d’une élection, pour tromper Bernadette (Soubirous). Cet OGM politique, en période électorale, a toujours le postérieur entre plusieurs tabourets… Comme tout Modem qui se respecte, il interconnecte tous azimuts, avant de tomber le masque. »

Rassurons-nous, François Bayrou est un simple épisode.

La vie parfaite

Oublions Donald Trump, l’abruti définitif, qui vient de prendre un nouveau décret réduisant les crédits du programme fédéral d’aides aux bibliothèques. Oublions ce fasciste pour lire un splendide roman de Silvia Avallone, La vie parfaite.

Fidèle à elle-même, la jeune romancière nous parle de la vraie vie, celle que vivent les Italiens, celle que vivent aussi les Français et bien d’autres.

Silvia Avallone croise donc le quotidien de deux femmes, l’une encore adolescente et lycéenne, Adèle, l’autre trentenaire et enseignante, Dora. La première est enceinte mais va abandonner son bébé, l’autre, stérile, se résigne à adopter pour sauver son couple.

On suit, au rythme de la vie et des chapitres qui se croisent, les interrogations des deux femmes et de la famille autour d’elles ; du départ pour la maternité, seule, aux rendez-vous avec les fonctionnaires des services de l’adoption, Silvia Avallone décrit le quotidien de deux jeunes femmes et de leurs familles dans l’Italie d’aujourd’hui avec une profondeur d’analyse émouvante, sans mièvreries, mais avec gravité. L’autrice aborde de multiples questions auxquelles les gens de cette génération d’aujourd’hui sont confrontés ; ces jeunes femmes qui rêvent à une vie parfaite se heurtent à une vie imparfaite, dure pour les gens de peu. Qui rêvent à une maternité heureuse et découvrent une vie semée d’embûches.

Silvia Avallone, donc, est fidèle à une littérature sociale, parlant des citoyens de tous les jours, de milieux populaires, d’une écriture vraie, sincère, émouvante parce qu’inspirée de la vie de tous les jours. Elle évite les clichés et parle des questions de la parentalité comme symbole, complexe, des difficultés du quotidien, où on passe de la joie à la tristesse, à la souffrance et à la misère, où les hommes n’ont pas toujours le beau rôle.

Un nouveau grand roman de Silvia Avallone, toujours plus attachante depuis son premier roman, D’acier. A lire absolument.

Macron le petit

A en croire Le Monde, « la situation internationale a remis Emmanuel Macron au centre du jeu politique en France ».

Le président de la République qui a été désavoué dans les urnes après la dissolution de l’Assemblée nationale, serait en train de rebondir si on en juge par le nombre de ses interventions dans les médias. Emmanuel Macron utiliserait son domaine réservé pour rompre le jeûne auquel il s’était astreint faute de pouvoir intervenir dans les affaires franco-françaises qu’elles soient gérées par Barnier ou Bayrou.

Libre au Monde de voir cet épisode politique comme le symbole de la résurrection d’un président démonétisé ; mais les arguments sont un peu courts.

C’est un président qui se sert d’une situation internationale pour le moins anxiogène pour parler de menaces, de réarmement, d’envoi de troupes en Ukraine. C’est un président va-t-en-guerre qui tente de sauver une situation personnelle délicate et qui tente de détourner l’attention des Français d’une situation intérieure, économique et sociale, catastrophique.

L’analyse de l’attitude de Macron est sans doute très différente de celle qui est exposée par le quotidien du soir. Que le président de la République, hautain et méprisant, ait saisi une sale occasion (un climat de guerre) pour occuper le terrain, n’est pas contestable. Mais que ce même président tente d’aider Bayrou et son gouvernement à aller au bout de sa mission, à savoir augmenter les impôts, éviter de revenir sur la réforme des retraites, réduire tous les budgets des ministères régaliens, diminuer le nombre de fonctionnaires, abandonner les mesures environnementales, etc., éclate au grand jour.

Au fond, Macron n’innove en rien. La droite au service du capital a toujours eu recours à des procédés belliqueux pour répondre aux crises sociales et politiques ; agiter le bruit des bottes et des armes est un jeu trop dangereux et Macron serait mieux inspiré de multiplier les efforts en faveur de la paix en Ukraine et au Moyen Orient.

Les Ukrainiens et les Gazaouis paient le prix fort des politiques expansionnistes de Poutine et Netanyahu ; mais les sommes mises en jeu par Macron vont coûter très cher aux Français. Les crédits de la recherche, de l’enseignement, de la culture, de la construction ou de la rénovation sont déjà réduits drastiquement, dramatiquement, au seul profit de la défense et d’une économie de guerre, imposant une austérité accrue aux salariés et la remise en cause des libertés.

Macron jour un drôle de jeu, lamentable et risqué. Macron est un politicien aux ordres des grands groupes et penche de plus en plus clairement vers la droite extrême, porteuse de racisme et de xénophobie. 

Quel Victor Hugo contemporain osera écrire le pamphlet, Macron le petit !

Le détail qui tue

C’est peut-être un détail pour beaucoup de citoyens, mais il s’agit d’une décision grave du gouvernement, car elle est sans doute le prélude à d’autres renoncements écologiques. Le ministère de la transition écologique (sic) a déposé un projet de décret pour revenir sur l’interdiction des couverts et de la vaisselle en plastique dans les cantines scolaires.

Evidemment, le dépôt du projet de décret a été entouré d’une infinie discrétion.

S’il est publié, le décret reviendra sur une disposition de la loi Egalim de novembre 2018, au grand désespoir des scientifiques pour qui « la réintroduction du plastique dans les cantines scolaires pose un grave problème sanitaire ».

Pour Tania Pacheff, biochimiste et porte-parole de l’association Cantine sans plastique, « C’est un scandale. Rien ne justifie ce retour en arrière alors que des alternatives existent et sont utilisées, à commencer par le verre trempé, la céramique, l’inox ou même la porcelaine qui est utilisée dans des crèches, comme à Limoges. »

On dénoncera une nouvelle fois le lobbying effréné du patronat et des grands groupes, ici Plastalliance, syndicat des professionnels de la plasturgie.

Mais on dénoncera aussi un stupéfiant rapprochement de la politique du gouvernement Bayrou avec celle de Trump, qui a signé, lui, un décret le 10 février autorisant le retour des pailles en plastique.

La similitude des décisions n’est guère glorieuse pour le gouvernement de la France, qui abdique de plus en plus de gouvernance aux géants du pétrole, derrière tous ses dérivés, notamment le plastique.

Le feuilleton Trump

Les faits et méfaits de Donald Trump sont quotidiens et je me demande si ce blog ne va pas bientôt se transformer et un plaidoyer anti-Trump permanent, au risque de la nausée et de l’aveuglement.

Car si Trump s’attaque à tout, le monde ne s’arrête pas pour autant. Poutine se sent pousser des ailes et Macron joue les va-t-en-guerre, pendant que Netanyahu continue à raser la bande de Gaza et ses colons la Cisjordanie.

Trump, donc, s’en prend à toutes les formes de l’intelligence pour plonger les Etats-Unis dans la plus sombre ignorance et dans les ténèbres.

Au motif d’actes antisémites sur son campus, il a décidé de la suppression immédiate des aides fédérales de l’université Columbia de 400 millions de dollars.

Au nom de sa politique anti-fonctionnaires, il a licencié plus de 800 scientifiques de l’agence publique de recherche sur la météo et l’océan, la NOOA.

Au nom de la lutte anti-woke, il a écarté plusieurs membres du conseil d’administration du prestigieux Kennedy Center à Washington pour y nommer des proches, comme l’épouse du vice-président Vance, Usha, ou sa cheffe de cabinet, Susie Wiles, et se fait élire président de l’un des plus prestigieux centres culturels du pays.

Enseignement et recherche, sciences, culture, Trump s’attaque à tous les savoirs. Et ce ne sont que quelques exemples des faits et méfaits de ce monstre de l’obscurantisme et de la pensée réactionnaire, à l’image d’un Hitler faisant brûler les livres par lui interdits.

De nombreux Américains sont atterrés et organisent la nécessaire résistance à la démolition de la démocratie.  Les aider est tout autant nécessaire pour eux que pour nous ; si on veut encore éviter de se trouver dans la même situation dans quelques mois.

Nous ne pouvons pas dire que nous nous n’étions pas prévenus des dangers de l’extrême droite et de la droite, déjà à l’œuvre. Trump nous démontre chaque jour les buts visés d’asservissement des opinions publiques par les mâles blancs suprémacistes.

La condamnation

Etait-il vraiment nécessaire que la Cour des comptes publie un document de plus de 80 pages pour condamner le magazine ‘’60 millions de consommateurs’’ ? Il l’était déjà par le gouvernement Barnier et celui son successeur, François Bayrou, n’a pas jugé bon de modifier la sentence.

C’est sous la présidence de Pierre Moscovici, biberonné par les trotskistes de la LCR, puis émancipé par la gauche caviar, que la Cour des comptes a eu le culot d’écrire dans son rapport que « le maintien d’une activité de presse subventionnée par l’État dans un marché concurrentiel et en déclin ne se justifie plus, notamment compte tenu de l’existence d’un second magazine spécialisé sur la consommation ».

Au nom de quel principe Pierre Moscovici peut-il préconiser la privatisation d’un magazine qui dénonce toutes les turpitudes des entreprises privées liées à la consommation des citoyens ? L’information des consommateurs n’a jamais autant utile qu’aujourd’hui !

60 millions de consommateurs a dévoilé des scandales ; est-ce cela que l’ex-député prétendument socialiste, l’ex-ministre, l’ex-commissaire européen, l’ex-conseiller général veut faire taire.

Aujourd’hui, les salariés de l’Institut national de la consommation s’interrogent sur leur avenir ; les seuls à se frotter les mains sont les lobbyistes de Paris et de Bruxelles, qui ont eu la peau d’un journal qui dénonçait et rendait publiques les infractions aux règles et aux lois du commerce.

Si le gouvernement a besoin d’un rapport pour justifier la réforme de l’audiovisuel public (subventionné par l’Etat dans un marché concurrentiel, compte tenu de l’existence de nombreuses chaînes privées !) ou de l’AFP, il peut demander à Pierre Moscovici. Le président de la Cour des comptes ne le trahira pas.

Je suis tenté d’emprunter quelques lignes à Laurent Joffrin (un grand spécialiste de la ‘’Famille Caviar’’) : « une fausse gauche qui dit ce qu’il faut faire et ne fait pas ce qu’elle dit, une tribu tartuffe et désinvolte, qui aime le peuple et qui se garde bien de partager son sort. »

Le sort d’un magazine d’intérêt public est bien le dernier souci de celui qui vient de prononcer sa condamnation.

L’affabulateur est dangereux

Donald Trump est un dangereux affabulateur. Il est capable de mentir avec un aplomb déconcertant.

Au cours de son discours devant le Congrès, il a osé affirmer que « le canal de Panama a été construit par les Américains, pour les Américains, pas pour les autres, même s’ils peuvent l’utiliser ». L’argument se voulait irréfutable pour justifier sa volonté de « récupérer » ce canal.

Or, le canal de Panama, s’il a été terminé par les Américains, a été un long chantier, commencé par des industriels français (dont Gustave Eiffel) avec des financements très internationaux. Les navires du monde entier y ont accès ; n’en déplaise au président des Etats-Unis, qui lorgne sur un ouvrage stratégique et, aussi, sur les droits de passage.

Autre exemple des provocations de Trump, le Groenland, autre lieu stratégique pour contrôler les mouvements maritimes, mais aussi île très riche en ressources minérales.

Il a feint d’amadouer le Danemark en déclarant : « Nous soutenons fortement votre droit à déterminer votre propre avenir, et si vous le voulez, nous vous accueillons dans les Etats-Unis d’Amérique ». Il s’agissait d’un grossier dérapage d’un président fatigué par la frénésie de son début de mandat. Il s’est vite repris pour affirmer de façon péremptoire : « Je pense qu’on l’aura [le Groenland] d’une façon ou d’une autre ».

Avec Donald Trump, il est difficile de savoir quelle est la part de vantardise, de provocation ou de détermination. C’est pourquoi il est un président dangereux.

D’autres dictateurs que lui ont trébuché en voulant réaliser leurs rêves les plus fous et en se fracassant sur la volonté des peuples, pas si fous qu’eux. Hélas, ce sont toujours les peuples qui ont payé le prix fort.

Emergence d’un fascisme américain

Philippe Bernard, éditorialiste au Monde, publie aujourd’hui une brillante analyse de la situation aux Etats-Unis. Il rapporte que les Américains commencent à dessiller les yeux et à nommer l’idéologie de Trump par son nom, fascisme.

Il s’appuie pour cela sur des déclarations de Robert Paxton, historien du nazisme qui en octobre 2024 et de John Kelly, ancien chef de cabinet à la Maison Blanche, qui, le 5 novembre, « prévoyaient un exercice ‘’dictatorial’’ du pouvoir en cas de victoire » de Trump.

Certes, Paxton et Kelly ne représentent pas l’Amérique profonde ; mais quand même, il y a des paroles qui incitent à relativiser les inquiétudes.

Philippe Bernard, donc, appuie son propos sur l’ouvrage d’Olivier Mannoni, le traducteur français de Mein Kampf, ‘’Coulée brune. Comment le fascisme inonde notre langue’’, lequel écrit :

« Une langue dont on massacre la syntaxe, la grammaire et l’orthographe ne peut plus être un outil de réflexion rationnelle. Le langage chaotique d’Hitler dans Mein Kampf, celui de Trump (…) ne sont pas, ou pas seulement, le fruit de [leur] incapacité (…) à formuler une pensée. Ce travail de démolition souterrain ronge le dialogue démocratique (…) et nous prive de nos moyens d’expression et le fait en prétendant nous rendre notre “liberté”. »

Le traducteur dit avoir retrouvé dans Mein Kampf « les racines de maux qui (…) [bouleversent] notre vie politique : l’usage de l’incohérence en guise de rhétorique, de la simplification extrême en guise de raisonnement, des accumulations de mensonges en guise de démonstration, d’un vocabulaire réduit, déformé, manipulé, en guise de langue ».

L’éditorialiste ajoute que le traducteur voyait « dans les propos de Trump promettant « d’éradiquer » la « vermine » (les opposants politiques) et de protéger le « sang américain » contre la « contamination » par celui des migrants un discours exterminateur et purificateur tout droit sorti du registre hitlérien. »

Il serait temps que tous les dirigeants politiques et les éditorialistes s’inspirent de ces lignes pour oser enfin nommer par son nom l’idéologie de Donald Trump.

La défense de la démocratie l’exige pour participer à la prise de conscience des citoyens soumis en permanence aux discours largement empruntés à l’idéologie de Trump. Les grands médias sont entre les mains des milliardaires mais les journalistes doivent revendiquer la liberté d’expression pour informer et prémunir des dangers.

L’émergence d’un fascisme américain ne s’arrêtera pas aux Etats-Unis ; la maladie est contagieuse. Bolloré et d’autres sont déjà atteints.

Du meilleur au pire

La nature humaine est-elle bonne ou mauvaise ? Doit-on suivre Jean-Jacques Rousseau quand il écrit : « L’homme est bon par nature, c’est la société qui corrompt ». Une chose est sûre, elle est paradoxale.

La consécration d’Abou Sangare aux Césars du cinéma pour son interprétation d’un livreur de pizzas dans Paris alors qu’il était sans papier et sous le coup d’une éventuelle expulsion du territoire dans le film de Boris Lojkine, L’Histoire de Souleymane, est assurément très politique. Sa brillante et émouvante intervention sur la scène de l’Olympia, fief de Bolloré, toute en pudeur est un pied de nez à tous les racistes qui ne veulent plus voir ces étrangers dont ils prétendent qu’ils sont tous des délinquants.

Avec Abou, on a envie de croire que l’homme est bon par nature. Cet homme a réussi à pardonner à ceux qui l’ont plongé dans la misère ; il a relativisé sa situation et il n’oubliera jamais ni qui il a été, ni qui il est devenu, un merveilleux acteur.

Quelle grandeur d’âme !

En revanche, en voyant et revoyant le triste spectacle des fous de Washington, Trump et Vance, insultant Zelensky sous le regard de toutes les télévisions du monde, on veut bien croire que la société corrompt.

Se sont-ils crus intelligents en insultant un président, peu sympathique, mais victime d’une agression brutale et sanglante de Poutine ?

Le peuple américain a voté massivement pour des fascistes, méprisant envers tous les peuples qui ne sont pas américains et qui ne sont pas blancs de peau. Comment est-ce possible ? Je veux encore croire que le peuple américain ne mérite pas d’avoir une telle clique à sa tête.

Comme si la situation outre-Atlantique n’était pas suffisante pour nous faire douter, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir imiter Trump, Vance, Musk et consorts, partout, y compris dans le pays des droits de l’homme.

La nature humaine est capable de tout, du meilleur comme du pire.

Après C8, W9

L’arrêt de la chaîne C8 n’est qu’une demi-victoire. Pour la liberté d’expression. Sur Bolloré et son idéologie funeste. 

Demi-victoire donc ; d’une part, la puissance du groupe Bolloré n’est que partiellement atteinte ; d’autre part, on n’en a pas fini avec le bouffon de Bolloré, Cyril Hanouna.

Ce grossier personnage, condamné de multiples fois, sanctionné davantage encore par l’ARCOM (7,6 millions d’euros d’amendes), va rebondir dans le groupe M6, plus précisément sur la chaîne W9 et sur Fun Radio.

Les patrons du groupe n’ont pas hésité un seul instant pour embaucher Hanouna car il est censé faire de l’audience et attirer les annonceurs publicitaires. Pour eux, l’argent n’a ni l’odeur du scandale, ni de l’idéologie réactionnaire !

Rien d’étonnant à cela, le groupe M6 est la filiale de RTL Group, lui-même filiale du groupe Bertelsmann, qui collabora avec le régime nazi de 1933 à 1945. La Fondation Bertelsmann reste l’actionnaire principal de cette pieuvre et à ce titre, elle détient plus de 48 % des parts du groupe M6 (aux côtés de CMA CGM de Rodolphe Saadé, avec plus de 10 %).

Le transfert d’Hanouna vers le groupe M6, s’il est une demi-victoire, n’est qu’une demi-surprise. Aujourd’hui, le patronat des grands groupes a fait un choix idéologique, de l’ultra-libéralisme et de la cohabitation possible avec le RN, comme l’a fait le patronat américain avec Trump. Il ne combattra donc pas les idées fascisantes ; il en assumera la diffusion. Et, dans ce système, Hanouna aura toujours une place.

Liberté d’expression

L’internationale des milliardaires, celle qui a pris le contrôle des grands médias, montre son vrai visage. En France, les Bernard Arnault, François Pinault, Vincent Bolloré, Pierre-André Stérin, Rodolphe Saadé ou encore Daniel Kretinsky multiplient censures, interventions directes ou indirectes pour imposer leur ligne éditoriale dans ‘’leurs’’ médias. Rude tâche quand on examine de près tous les médias dont ils ont pris le contrôle en si peu d’années.

Aux Etats-Unis, Jeff Bezos vient de se distinguer. Il a notifié à la rédaction du Washington Post, dont il est le propriétaire depuis 2013, que les pages d’opinions seraient réservées aux seuls défenseurs des libertés personnelles et de l’économie des marchés libres et interdites à ceux qui contestent leur politique ultra-libérale, et a fortiori libertarienne. 

La décision du fondateur d’Amazon, du Bolloré tout craché !

Encore faut-il remarquer que Bolloré a pris de l’avance sur Bezos !

Tous sont des interventionnistes permanents, en insistant fortement et quotidiennement pour rappeler qu’ils sont les seuls maîtres de la ligne éditoriale ; les journalistes sont tenus en laisse et priés de partir en cas de désaccord. Au nom du fric-roi !

L’internationale des milliardaires ne voit aucune contradiction entre ce qu’ils font dans ‘’leurs’’ rédactions et leurs déclarations publiques. Tout ce beau monde ne parle, curieusement, que de liberté d’expression. Comme Donald Trump (qui choisit les journalistes accrédités à la Maison Blanche), Musk et les autres !

Le groupe Bolloré, par l’intermédiaire de Pascal Praud (de CNews et Europe1) dans le Journal du dimanche (propriété de Bolloré), a dénoncé une « volonté politique, celle de faire taire les opinions discordantes » en faisant référence à la non reconduction de la fréquence de C8 par l’ARCOM. Voilà qui ne manque pas de culot !

La réthorique de Praud tient dans sa phrase fétiche (« On ne peut plus rien dire ») et ressemble étrangement aux discours du vice-président américain Vance.

Les extrêmes ne s’y sont pas trompés quand, par la voix de Jordan Bardella, ils suggèrent fortement que « la France doit prendre exemple sur les USA ».

Il n’y a pas de pire ennemi de la liberté d’expression que les milliardaires des médias, leurs chroniqueurs et leurs bras politiques, de droite et d’extrême droite.

Les jeunes qu’ils haïssent

La droite et l’extrême droite ont beaucoup de points de convergence (et certains comme Bolloré, Ciotti et Stérin s’évertuent à les rapprocher davantage chaque jour). Par exemple, ils haïssent les jeunes ; il s’agit d’un marqueur fort de leur idéologie. 

L’Humanité nous a rappelé qu’il y a 30 ans (le 21 février 1995) un jeune Comorien de 17 ans était assassiné par des colleurs d’affiches du FN. Jean-Marie Le Pen, étalant son racisme et sa xénophobie ordinaires, dénonçait la présence de 500 000 Comoriens à Marseille et faisait mine de s’offusquer : « Que font-ils là ? » Abject !

Ibrahim Ali a allongé la liste macabre des victimes du racisme, de l’idéologie identitaire, de la police, comme Malik Oussekine, Adama Traoré, Zyed Benna ou Bouna Traoré. En France même.

Aujourd’hui, les mots ont changé ; la haine des jeunes, elle, n’a rien perdu de sa virulence. C’est le premier ministre, François Bayrou qui parle de submersion et d’ensauvagement, des mots considérés comme plus policés que le « Que font-Ils là ? » de Le Pen.

Personne ne s’y trompe. La haine des jeunes, immigrés ou nés en France, n’a rien perdu de sa virulence. L’idéologie fasciste et fascisante est tenace. On en veut pour preuve la proposition de loi visant à « restaurer l’autorité de la justice à l’égard des mineurs délinquants et de leurs parents ». Il s’agit de marquer les esprits (on peut parler de nouvelle étape de la lepénisation des esprits et à renforcer le volet répressif de la législation).

Droite et extrême droite haïssent les jeunes, à l’exception des jeunes nazillons, comme ceux qui, par exemple, se sont livrés à une ratonnade dans les locaux d’une association de travailleurs immigrés turcs récemment à Paris. En criant à tue-tête : « Paris est nazi ! ».

Les mots changent mais les méthodes restent. Et gangrènent de nombreux esprits jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.

Seule la gauche parle de s’attaquer à la précarité sociale, à l’échec scolaire et à tous les méfaits du système pour lutter contre la délinquance, avant de renforcer l’arsenal répressif. La gauche ne hait point la jeunesse (et les vieux), à l’inverse de la droite.

C’est toute la différence.

Notre-Dame de Betharram

La Conférence des évêques de France vient enfin de réagir et de condamner les « faits graves » qui se sont produits à Notre-Dame de Betharram. Ouf !

L’Eglise ne savait pas ce qui se passait dans cet établissement scolaire ; François Bayrou non plus. Donc personne ne savait.

Les « faits graves » commis par l’abbé Pierre ? L’Eglise ne savait pas.

Les innombrables « faits graves » commis dans de nombreux diocèses qui ont fait l’objet d’investigations et révélé l’innommable ? L’Eglise ne savait pas. Car l’Eglise ne sait rien

N’est-ce pas plutôt que l’Eglise n’a pas voulu savoir et, pis encore, a étouffé toute velléité de révélation. Le communiqué qu’elle vient de publier (« Les pratiques éducatives maltraitantes et les violences et agressions sexuelles font honte à l’humanité. Elles abîment tout enseignement, et spécialement l’enseignement catholique, et doivent y être dénoncées avec force, tout comme celles et ceux qui en seraient victimes doivent être entendus, soutenus, protégés et accompagnés. ») sonne faux et vient trop tard.

Il semble que François Bayrou, lui aussi, savait beaucoup de choses. Il le nie, imitant la posture de la hiérarchie catholique, pour qui il ne fallait surtout pas toucher à son école jusqu’à ce que la situation devienne incontrôlable. Sans qu’on sache vraiment s’il n’y pas encore d’autres scandales à révéler.

François Bayrou, vieux roublard, est aujourd’hui premier ministre, après avoir été un jour ministre de l’éducation nationale et même professeur. S’il ne sait pas ce qui s’est passé à Notre-Dame de Betharram, il sait peut-être qu’il manque des professeurs de français dans près de 10 % des collèges et lycées de France ? Un scandale.

Ecole privée et école publique sont en état de crise, pour des raisons certes différentes, mais qui interpellent tous les parents d’élèves, interloqués et soucieux de l’avenir de leurs enfants.

Quand l’enseignement est à ce point de déliquescence, c’est que le pays est très malade. Et les faits graves de Betharram ne sont qu’un des symptômes d’une maladie grave.

Fascisme ordinaire ?

Avec Trump, Orban, Meloni, Milei, Darmanin ou encore Retailleau, le fascisme est à nos portes. Partout.

Les admirateurs de ces agités du bocal ne se cachent plus ; ils agissent en plein jour. Comme récemment à Paris quand une association d’immigrés a voulu projeter le film de Costa Gavras, Z. Un groupe d’une trentaine d’individus a fait irruption dans les locaux et s’est livré à une ratonnade occasionnant des blessures chez les militants.

Les fascistes, à l’image de Trump, s’en prennent aussi à la science et prônent l’obscurantisme. C’est ainsi que les sbires du milliardaire ont censuré les informations sur le climat et l’environnement. Les subventions aux scientifiques travaillant sur ces sujets d’actualité ont été amputées voire supprimées. Les chercheurs américains sont atterrés.

Les fascistes n’ont pas de limites ; ils veulent faire régner leurs lois, celles du fric-roi, par la force et la contrainte. C’est dans cette ambiance lourde de menaces que le fils de Donald Trump vient d’investir plusieurs millions de dollars, avec le milliardaire Peter Thiel, dans une association organisatrice des ‘’Enhanced Games’’ (ou Jeux améliorés), avec lesquels ils veulent concurrencer les Jeux olympiques, tout en autorisant le dopage. Assurément, les performances seront améliorées ; mais à quel prix pour la santé des cobayes des jeux du cirque ?

Les fascistes, comme les cons, osent tout. Ils n’ont aucune limite, mais beaucoup d’argent pour contrôler les médias, former des militants et des groupes de pression pour promouvoir l’ultralibéralisme et s’attaquer aux immigrés. Pierre-Edouard Stérin est l’un de leurs argentiers en France avec son projet Périclès (pour « Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens, souverainistes »).

On ne peut plus ignorer le danger quand il est si proche et si visible ; le fascisme tue, ne l’oublions pas.

Dans ces heures graves, il est temps d’organiser la résistance.

On ne plus détourner son regard et feindre d’oublier les fascistes qui nous entourent. Car il ne s’agit plus de quelques excités et de fascisme ordinaire, mais d’un processus en marche pour s’en prendre à l’appareil d’Etat et aux libertés.

La goûteuse d’Hitler

J’étais passé à côté de ce livre, paru en Italie en 2018. Le Livre de poche m’a permis de me rattraper et de lire un très beau roman.

La critique de l’époque aurait dû attirer mon attention ; elle était virulente, notamment à l’émission Le Masque et la Plume sur France Inter. Arnaud Viviant avait eu des mots inouïs, parlant de « roman à l’urine d’asperge » ou de « nullité incroyable » et autres mots orduriers. Jean-Claude Raspingeas, moins outrancier, avait parlé « de n’importe quoi » ou d’invraisemblance.

Libre à ces beaux esprits, nombrilistes, faiseurs de réputation, de consacrer une émission à un livre aussi détestable, mais je note que leurs semblables de l’autre côté des Alpes avaient un avis opposé au leur, au point de décerner le prestigieux prix Campiello à l’autrice Rosella Postorino pour son roman La goûteuse d’Hitler.

Rosella Postorino a enquêté, sans pouvoir rencontrer son héroïne, Margot Wölk, réquisitionnée avec quelques autres femmes par les nazis pour goûter les plats préparés pour Hitler, redoutant d’être empoisonné.

Rosella Postorino n’a pas voulu faire un roman historique minutieux, mais un roman de fiction inspiré par ces goûteuses et notamment Rosa, jeune mariée à un soldat parti sur le front russe. Rosa, donc, va tomber dans les bras d’un officier SS. 

Il y a dans ce livre des moments forts, très documentés. Des histoires de femmes fortes et d‘autres peureuses et ordinaires, mais qui veulent survivre. Des histoires de relation amoureuse entre Rosa et son officier nazi, faites d’attirances et de rejet. Au fond, il s’agit d’un beau roman, excellement écrit, sur la peur, le désir de survivre et sur la mort.

Alors, n’en déplaise aux critiques germanopratins, ce livre est admirable. D’ailleurs son succès les a désavoués.

Vive la culture !

Les Victoires de la musique ont récompensé Thomas Jolly pour les quatre cérémonies des Jeux olympiques. C’est amplement mérité.

L’homme est non seulement talentueux, mais il a aussi une haute conscience du rôle de la culture dans la société. Il n’a donc pas réellement surpris dans son discours de remerciements. Devant une Rachida Dati muette, mais qui devait maugréer en entendant Thomas Jolly s’en prendre à la politique culturelle de notre pays.

Thomas Jolly a eu les paroles qu’un délégué CGT de la fédération du spectacle n’aurait pas renié. Il a été ovationné et la ministre n’a pas osé répondre, préférant laisser passer l’orage.

Voici l’extrait de son discours, prononcé après les inévitables remerciements :

« Dans cette victoire, il y en a d’autres, elle en contient plusieurs, et c’est la victoire de l’unité sur la division, de la joie sur l’effroi, de l’accueil sur le repli.

La victoire de notre aspiration à bien vivre ensemble, à se respecter, à se considérer.

La victoire de l’altérité comme force, de notre diversité comme richesse.

La victoire d’un récit commun, les uns tout contre les autres et pas les uns contre les autres.

Ces cérémonies sont quatre démonstrations du pouvoir fédérateur et émancipateur du spectacle vivant, pour le singulier et le commun, pour l’individuel et le collectif.

Un outil pour faire société et célébrer notre humanité partagée.

Alors comme on dit, les jeux sont faits et rien ne va plus, si le spectacle vivant porte en lui cette puissance émancipatrice, il ne peut rien sans un pouvoir qui le considère et le soutient.

Aussi je m’étonne, dans cette période de tourments multiples, de voir ici ou là les moyens pour la culture affaiblis ou tout bonnement retirés.

La culture coûte, mais elle rapporte aussi, économiquement bien sûr. Ce qu’elle rapporte immatériellement est inestimable, elle est au service de l’intérêt général.

C’est ce que je crois être la vocation de la politique. Alors, on a beaucoup dit et beaucoup entendu que ces jeux étaient une parenthèse.

Cela induit que forcément à un moment donné elle doit se refermer.

Moi je vois ça plutôt comme une brèche, une brèche lumineuse dans l’ombre épaisse et grandissante qui plane sur nous, que cette victoire qui contient toutes les autres victoires, collectives et partagées, nous servent de lanterne. Merci. »

Cher Thomas Jolly, ne remerciez pas ; ce sont les artistes, tous les artistes et tous les acteurs du monde de la culture, ainsi que les citoyens privés de culture, qui doivent vous être reconnaissant d’avoir osé dire tout le mal que vous pensez de la politique culturelle du gouvernement et de Rachida Dati.

Allons, tout n’est pas perdu ; le monde de la culture est encore bien vivant.

Le talon d’Achille de Trump et Musk

Thomas Piketty analyse dans sa chronique du Monde, la fragilité de la politique de Donald Trump (qui aime étaler sa force, cachant mal ses faiblesses).

Son analyse rejoint celle d’un article publié par la revue de la gauche radicale des Etats-Unis, Jacobin, dans lequel Eric Blanc, professeur à l’université Rutgers du New Jersey, démontre que la politique de suppression de milliers de postes de fonctionnaires d’Elon Musk est sous la pression de l’opinion publique. Il m’a semblé que ce long article ne pouvait pas être résumé ; je le publie dans sa totalité.

« Elon Musk voudrait vous faire croire qu’il est invincible en ce moment. Mais l’homme le plus riche du monde est en réalité extrêmement vulnérable à la pression publique en ce moment – ​​une pression publique dont les fonctionnaires fédéraux et leurs syndicats peuvent tirer profit.

Qui peut arrêter Elon Musk ? Même s’il est illégal pour lui de prendre le contrôle des finances des agences fédérales pour réduire les effectifs, il est peu probable qu’un Congrès républicain fasse valoir ses prérogatives légalement mandatées. Aucune opposition sérieuse n’a non plus émergé du côté du Parti démocrate. Et même si les tribunaux ont mis en pause une partie de cette prise de pouvoir, rien ne garantit que notre Cour suprême hyper-conservatrice s’y opposera sérieusement. De plus, l’équipe de démolition de Musk peut imposer un nombre considérable de coupes budgétaires pendant que les procédures judiciaires se poursuivent devant les tribunaux.

Mais tout n’est pas perdu : Musk est en fait très vulnérable à la réaction populaire. Comme le souligne Jonathan Martin de Politico, Donald Trump va probablement jeter le projet d’Elon Musk aux loups une fois qu’il commencera à susciter trop de mauvaise presse. Si les travailleurs parviennent à renverser la tendance de l’opinion publique contre le « Département de l’efficacité gouvernementale » (DOGE) de Musk, il est probable qu’il subira le même sort que le gel impopulaire du financement de l’administration.

La sortie de cette crise dépendra avant tout de l’action des fonctionnaires fédéraux. Quels que soient les laquais que Trump et Musk placent à la tête de ces agences, elles dépendent toujours en fin de compte du travail de leurs employés. La résistance des travailleurs a mis un frein aux opérations. Refusant de céder à l’intimidation, leurs syndicats ont intenté un procès pour arrêter Musk. Et avec cet encouragement, la plupart des fonctionnaires fédéraux ont rejeté le prétendu plan de rachat du DOGE par lequel ils démissionneraient « volontairement ».

Ce sont des premières étapes importantes. Mais il faudra beaucoup plus d’organisation et de pression de la part de ces travailleurs pour gagner.

Changer le discours

Des actions collectives à grande échelle et accrocheuses peuvent faire comprendre au public la vérité sur les fonctionnaires fédéraux et le danger des coupes budgétaires de Musk. Beaucoup trop de gens ignorent des faits cruciaux sur les fonctionnaires fédéraux et les services qu’ils fournissent :

— En raison du chaos budgétaire de Trump, des cliniques de santé à travers les États-Unis ont déjà été obligées de fermer.

— L’opération imprudente de Musk menace un nombre énorme d’Américains. Sans fonctionnaires fédéraux dans des agences suffisamment financées, personne aux États-Unis ne pourrait bénéficier d’avantages tels que la sécurité sociale, Medicare, Medicaid ou des protections de sécurité au travail, entre autres nombreux services essentiels. Les écoles et les hôpitaux locaux à travers le pays dépendent également du financement fédéral.

— Contrairement aux affirmations de la droite sur une bureaucratie fédérale massivement étendue, le pourcentage de la main-d’œuvre américaine travaillant pour le gouvernement fédéral a considérablement diminué au cours des vingt-cinq dernières années.

— Ce sont les milliardaires, et non les fonctionnaires fédéraux, qui accumulent les richesses américaines : le salaire annuel total des 2,3 millions de fonctionnaires fédéraux civils (271 milliards de dollars) est nettement inférieur à la fortune personnelle de Musk, qui s’élève à 412 milliards de dollars.

— La plupart des fonctionnaires fédéraux ne sont pas de riches bureaucrates : 43 % des fonctionnaires fédéraux gagnent moins de 90 000 dollars par an et 58,8 % moins de 110 000 dollars par an.

— Environ 60 % du budget destiné à la rémunération des fonctionnaires fédéraux est destiné au ministère de la Défense, au ministère des Anciens Combattants et au ministère de la Sécurité intérieure.

— Cela a un impact sur l’ensemble du pays : plus de 80 % des fonctionnaires fédéraux travaillent dans des régions autres que Washington D.C.

Les leçons de la révolte des États républicains

Comment les fonctionnaires fédéraux peuvent-ils gagner l’opinion publique et contrer ces attaques contre leurs emplois et les services essentiels ? Leur meilleure chance est de reproduire les tactiques qui ont rendu possible le succès des grèves des enseignants de 2018 en Virginie-Occidentale, dans l’Oklahoma, en Arizona et au-delà.

Par ces actions, les travailleurs du secteur public ont repoussé les attaques de la droite contre leur profession et ont obtenu des salaires importants et des financements étudiants qui ont touché des millions de personnes, même si elles ont eu lieu dans des États contrôlés par les républicains où les syndicats étaient faibles et les grèves du secteur public illégales. Voici les principales leçons de leurs grèves :

1. Surmontez les tactiques de peur en vous exprimant. Craignant des représailles d’en haut, la plupart des enseignants en 2018 ont d’abord eu peur de faire entendre leur voix. Mais quelques collègues audacieux ont brisé le climat d’intimidation en prenant publiquement position dès le début. Personne n’a été licencié ou sanctionné. Leur courage initial a permis à d’innombrables autres de s’exprimer.

2. Intensifiez vos actions. En particulier parce que tant de travailleurs étaient initialement effrayés, les mouvements se sont développés en prenant des mesures faciles qui pouvaient impliquer le plus grand nombre de travailleurs. L’une des tactiques de mobilisation les plus répandues a été les journées Redford au cours desquelles tout le monde – employés et sympathisants de la communauté – portait la même couleur et postait des selfies et des photos de groupe avec des messages sur leur cause. Cela a généré une énorme dynamique et a montré à la communauté le visage humain d’une main-d’œuvre diabolisée et rabaissée.

3. Essayez de devenir viral. Les grèves des États rouges ont été initiées et coordonnées en grande partie via des groupes Facebook viraux. Les militants ouvriers ont attiré l’attention des gens par des actions publiques et du contenu numérique accrocheur, et ils ont immédiatement embarqué leurs collègues dans l’organisation d’actions similaires via des outils numériques. L’organisation en personne et locale était toujours cruciale, mais ces mouvements avaient besoin d’outils numériques et d’une forte présence sur les réseaux sociaux pour gagner (et se coordonner) à grande échelle.

4. Persuader (et impliquer) la communauté. Pour attirer l’attention du public et dissiper les récits sur les « travailleurs privilégiés et paresseux du secteur public », ces mouvements ont compris que la seule façon pour eux de gagner gros était de souligner systématiquement comment leur travail – et leurs revendications – bénéficiaient à la communauté dans son ensemble. Et ils ont constamment cherché à impliquer les membres de la communauté dans leurs journées RedforEd et d’autres actions en cours.

5. N’attendez pas les hauts dirigeants syndicaux. Bien que les syndicats aient fini par jouer un rôle crucial dans ces mouvements, l’étincelle et la motivation sont venues des travailleurs de la base autoorganisés. La plupart des hauts dirigeants syndicaux étaient trop coincés dans des routines légalistes pour prendre l’initiative d’actions risquées. Mais une fois que l’élan a explosé d’en bas, les syndicats ont sauté à bord et ont joué un rôle clé pour aider les travailleurs à gagner.

6. Soyez perturbateur si nécessaire. Personne ne veut faire grève, surtout lorsque cela pourrait avoir un impact négatif sur les membres de la communauté. Mais comme les législateurs républicains ont continué à refuser de reculer, les enseignants ont finalement estimé qu’ils devaient faire grève pour sauver leurs écoles. Et avec un soutien populaire écrasant, ils ont gagné haut la main.

Batailles à venir

De toute évidence, les conditions d’aujourd’hui ne sont pas identiques à celles de 2018. Les enjeux sont désormais plus élevés : la démocratie et l’existence de services essentiels à l’échelle nationale sont en jeu. Le facteur de peur est également plus élevé actuellement, mais cela pourrait changer rapidement une fois que de plus en plus de travailleurs commenceront à s’exprimer – après tout, ce sont les complices de MAGA qui enfreignent la loi, pas les employés fédéraux. Il est possible qu’un tollé public suffisamment large et fort puisse forcer Musk et Trump à reculer.

Mais une similitude essentielle demeure : un grand nombre de travailleurs de base et de membres de la communauté vont devoir commencer à s’exprimer.

Le Federal Unionists Network a appelé à une Journée d’action pour sauver nos services le 19 février afin de rassembler les travailleurs fédéraux et leurs partisans pour dénoncer le coup d’État de Musk. Tout le monde peut y participer. Comme lors des journées RedforEd de 2018, la principale demande du 19 février est simple : portez du rouge, du blanc et/ou du bleu et prenez un selfie avec une pancarte expliquant (si vous êtes un fonctionnaire fédéral) comment votre travail a un impact et profite aux Américains et (si vous êtes un membre de la communauté) comment vous bénéficiez des services fédéraux.

L’équipe de démolition d’Elon Musk avance à grands pas, espérant imposer son plan draconien avant que les fonctionnaires fédéraux et les millions d’Américains qui s’opposent à son programme n’aient le temps de réagir. Mais si un grand nombre de fonctionnaires fédéraux et de leurs alliés commencent à prendre position dans les prochains jours, ils peuvent porter un sérieux coup au trumpisme et protéger les services essentiels dont dépendent tous les Américains. »

La médecine est malade

Un fait divers, dramatique, certes, a alimenté les médias toujours à l’affût de morbide et de sensationnel. Une fillette a été assassinée par un jeune homme de 23 ans. Un fait divers dramatique, donc, inqualifiable. Oui, mais après ?

Ce jeune homme a été présenté comme violent ; ses accès de violence ne sont pas nouveaux, hélas. Sa place est-elle en prison ou en hôpital psychiatrique ? Ce fait divers, dramatique, aurait-il pu être évité si…

Si, quoi ? Si la médecine était encore présente en milieu scolaire et universitaire. Si la psychiatrie n’était pas encore plus en ruine que d’autres spécialités. Si, en France, on faisait plus d’efforts (financiers) en direction de la prévention, sous toutes ses formes et à tous les âges. En bref, la médecine est malade et dans un état de délabrement tel qu’il laisse entrevoir un effondrement total dans quelques années.

La population vieillit ; les maladies chroniques se multiplient et il faudrait envisager au plus vite une coordination des soins, plutôt que de multiplier les recours aux spécialistes sans coordination.

Faute d’une véritable politique médicale, les gouvernements successifs ont cédé aux nombreux lobbys de certains médecins et autres laboratoires pharmaceutiques.

Les malades sont considérés comme des machines à cash, non pas pour les généralistes mais pour les lobbys du secteur privé et des spécialistes qui multiplient honteusement les dépassements d’honoraires.

Christian Prudhomme, porte-parole CGT des médecins urgentistes dénonce la situation : « Afin de soi-disant plafonner les dépassements, il a été demandé à l’assurance-maladie de proposer aux médecins des contrats qui leur permettent, s’ils respectent des objectifs très peu contraignants, de bénéficier d’avantages financiers. » Une pratique scandaleuse (et qui instaure une médecine à deux vitesses)

Les avantages indus accordés aux lobbys manquent cruellement aux autres médecins, notamment aux psychiatres pour prendre en charge les assassins en puissance dont la place n’est pas en prison mais à l’hôpital.

Si la médecine est malade, seule un ‘’révolution’’ et un changement de régime en viendront à bout pour améliorer la santé de tous.

Il faudrait que les médias, notamment audiovisuels, aillent au-delà de l’émotion provoqué par les assassinats et abordent les problèmes dans toute leur ampleur, celui de l’état réel d’une médecine gravement malade de la politique et des lobbys.

La morgue du milliardaire

Donald Trump ? Encore ? Pourquoi parler de celui qui est le président des Etats-Unis. Assurément, le personnage m’indispose et me plonge dans l’exaspération.

Mais ses provocations journalières sont si inquiétantes qu’il n’est pas possible d’ignorer ses menaces irresponsables et ses éructations excessives.

Je n’apprécie pas, on l’a compris, ce monsieur, et chaque jour qui passe me le rend encore plus antipathique (le mot est faible).

Donald Trump veut donc déplacer les habitants de la bande de Gaza dans d’autres pays, en Jordanie, en Egypte ou ailleurs. Sans préciser lesquels, mais, surtout, sans l’assentiment de leurs dirigeants.

Il annonce vouloir prendre le contrôle du territoire palestinien, raser les bâtiments détruits et les rares édifices restés debout avant de construire la fameuse Riviera du Moyen-Orient. Il a encore précisé qu’il envisageait d’être propriétaire de cette terre pour une longue durée. Qu’en pense Netanahyu qui espère annexer Gaza et la Cisjordanie pour voir émerger le ‘’grand Israël’’ ?

A des journalistes qui lui demandaient si les Palestiniens seraient autorisés à revenir, Trump a eu une réponse suffocante : « Pourquoi voudraient-ils revenir ? Cet endroit a été un enfer » ; et de promettre de faire de leur nouveau cadre de vie, hors de Palestine et dans quatre, cinq ou six zones, « quelque chose de vraiment bien, de vraiment bien, d’où ils ne voudraient pas revenir. »

Donald Trump est-il vraiment conscient qu’il propose une violation des droits de l’homme ? Qu’il préjuge de l’accord des Palestiniens et des pays hôtes ?

On peut en douter, mais ce ‘’cinglé’’ a la morgue des milliardaires à qui rien, ni personne, ne peut, ni ne doit résister.  Qui, avec ses dollars, peut se permettre de tout acheter, y compris la conscience des citoyens.

Depuis sa réélection, son cerveau a disjoncté ; il a osé déclarer : « Tous ceux à qui j’ai parlé aiment l’idée que les États-Unis possèdent ce morceau de terre, développent et créent des milliers d’emplois avec quelque chose qui sera magnifique ».

Mais à qui parle-t-il ? A son entourage qui est au moins aussi dangereux que lui. Aux néo-fascistes réunis à Madrid récemment ? Aux fous de dieu de l’Eglise évangélique ? A son ami Bernard Arnault ?

La morgue du milliardaire dans toute sa splendeur ; la morgue qui est capable de tout et qui fait peur !

Un effet Trump inquiétant

Les partis d’extrême droite européens sont tombés en extase devant Donald Trump. Et tous s’étaient donné rendez-vous à Madrid pour clamer leur admiration et voir en lui un messie et un messager faisant entrevoir leurs victoires futures dans leurs pays respectifs. Marine Le Pen, elle, y croit quand elle déclare : « A un moment, il faut voir ce qui se passe dans le monde aujourd’hui : Milei, Trump, Orban, Meloni, notre parti allié autrichien est en tête, nous sommes en tête, nos amis flamands sont en tête. Il faut analyser cela et je crois que c’est une forme de renaissance à laquelle on assiste ». Elle a appelé à un « bouleversement mondial » en ajoutant : « Ce défi de puissance est une exhortation à une existence dans le monde qui vient, dans l’histoire qui s’écrit. » Nous sommes donc prévenus.

Comme ils n’ont guère d’imagination, les néo-fascistes ont ‘’européanisé’’ le trop célèbre slogan du candidat Trump, Make America Great Again’’, en ‘’Make Europe Great Again’’. Au moins, nous savons ce qui nous attend s’ils arrivent au pouvoir.

Le dictateur hongrois Viktor Orban avait donné le ton des interventions en déclarant : « La tornade Trump a changé le monde en deux semaines. Hier, nous étions les hérétiques ; aujourd’hui, nous sommes mainstream. Les gens pensaient que nous représentions le passé, aujourd’hui, tous voient que nous sommes le futur ».

Dans son pays la tornade avait déjà fait des dégâts considérables et il s’en est félicité en se vantant d’avoir fait de « l’immigration illégale un délit », d’avoir fait inscrire dans la Constitution « qu’un père est un homme et une mère une femme », ou encore que « tous les pouvoirs de l’Etat doivent défendre la culture chrétienne ». 

Les autres intervenants ont cru bon de faire dans la surenchère, à l’image de Matteo Salvini, l’Italien, de Santiago Abascal, l’Espagnol, de Geert Wilders, le Hollandais, ou de André Ventura, le Portugais. Mais ils n’ont qu’un seul maître, Donald Trump.

Comme Trump, ces excités ont rebâché leur haine des immigrés, la Cour pénale internationale, le wokisme, les homosexuels, et, pour faire court, tout ce qui est démocratique.

Une fois encore, nous sommes donc prévenus du danger que constitue le programme de Marine Le Pen et de ses ‘’cousins’’ européens.

Nos libertés sont en danger. Le temps des querelles de chapelle à gauche est passé ; aujourd’hui, le temps de l’union est vital pour nos libertés et la démocratie, quand la droite qui n’était pas encore extrême multiplie les œillades (et les déclarations) en direction de Marine Le Pen.

L’effet Trump est inquiétant.

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